vendredi, 20 janvier 2012

L’évidence : ce qui est nuisible doit être interdit ou encadrer strictement, et non simplement être taxé.

Billet d'Olivier Berruyer "0406 Contre la Taxe Tobin (mais pour la TBF…)"

  • “J e suis contre une taxe sur les fuites dans les centrales nucléaires.
  • Je suis contre une taxe sur les prothèses mammaires défectueuses.
  • Je suis contre une taxe sur les bavures policières.
  • Je suis contre une taxe sur le Médiator.
  • Je suis contre une taxe sur les faillites bancaires.
  • Je suis contre une taxe sur la pollution de l’eau du robinet.
  • Je suis contre une taxe sur les transactions financières.

Si c’est nuisible, il faut l’interdire ou l’encadrer strictement. Pas simplement le taxer !”

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jeudi, 19 janvier 2012

ATLANTICO et CFE/CGC UNSA : le capitalisme franchouillard à la française

Billets d'anthologie l’un sur ATLANTICO, l’autre sur CFE/CGC-UNSA que je m'empresse de mettre au chaud sur ce blog, qui résume une conviction que j’ai acquise depuis la première "guerre du Golfe" : 
Le capitalisme à la française n'est pas à la hauteur des investissements que nécessitent, l'évolution de nos connaissances et les mutations mondiales engagées. Il pleurniche pour obtenir des aides ou des mesures qui lui permettent d’améliorer sa rentabilité à court-terme. Il finit par les obtenir mais se montre incapable d’imaginer un avenir porteur d’innovations et de création de valeurs nouvelles, et donc recommence à pleurnicher… en égorgeant au passage quelques PME, qui, si on était outre-Rhin, seraient considérées comme le fer de lance de l’industrie nationale !

Toutefois, même si ATLANTICO vante le capitalisme à la FREE, la réalité est moins réjouissante, puisque CFE/CGC-UNSA nous explique comment FREE exploite la règlementation au détriment de ses compétiteurs ! On n’est là peut-être plus tellement sur du comportement franchouillard… En revanche, il semble bien qu’on soit dans un des schémas “croquignolesques” de compétition non faussée imaginée par l’Europe comme joué avec EDF qui doit aussi favoriser ses concurrents !


Free Mobile montre la faillite morale du capitalisme à la française

Nouveau rendez-vous Atlantico. Chaque semaine Pascal-Emmanuel Gobry fait voler en éclat une idée reçue économique. http://www.atlantico.fr/decryptage/free-mobile-faillite-m...

A lire aussi :
Ces autres secteurs de l’économie française qui attendent leur Xavier Niel pour baisser les prix

S'il y a eu un tremblement de terre économique en France cette semaine, c'est bien l'arrivée de Free Mobile, qui a divisé les prix par 2, 3 ou même 5. Ce séisme met bien en lumière les maladies de l'économie française, et ce capitalisme “à la française” si particulier, qui semble parfois réunir le pire du capitalisme et le pire du socialisme.
La plupart des nouveaux clients de Free Mobile achèteront le forfait illimité à 19.90 euros,mais le plus frappant était le forfait à deux euros, qui répond au forfait “RSA” créé par les opérateurs à la demande de l'Etat, à dix euros. En annonçant ce forfait, le fondateur de Free, Xavier Niel, avait la voix qui tremblait : plus vous êtes pauvres, plus on vous arnaque. Il a déclaré que Free n'avait pas prévu de faire un forfait premier prix, mais que son équipe avait été tellement choquée par un forfait RSA à dix euros qu'ils avaient décidé de le faire. Un proche de Niel me confirme la réalité de cette version publique. Dans une interview le lendemain sur BFM Business, Xavier Niel a dit que la marge de Free sur ce forfait serait de l'ordre de 50%, montrant à quel point le forfait “RSA” est un forfait “Racket Super Arnaque” comme Niel l'a surnommé.
Voilà comment le capitalisme à la française fonctionne : capitalisme de privilégiés et de castes. Les grandes entreprises gagnent de l'argent pour leurs actionnaires, non pas en jouant le jeu de la concurrence et de l'innovation, mais en obtenant des monopoles et des avantages de l'Etat. Et ce sont les plus pauvres qui en payent le plus souvent le coût.
Nous sommes restés à la société de privilèges de l'Ancien régime : chacun a sa niche qui lui permet d'exploiter une rente économique, accordée par le Souverain et donc nantie du droit divin. La vraie division est là, pas entre les riches et les pauvres, mais entre les privilégiés et les autres. Et comme ces privilèges existent à tous les étages de la société française, le système continue de fonctionner. Un chauffeur de taxi n'est évidemment pas aussi privilégié que Martin Bouygues, mais son privilège fonctionne de la même manière : par un cartel créé par l’État, qui appauvrit la plupart des gens au profit d'une minorité qui en retire une rente économique.
Il n'est pas étonnant, ensuite, que les Français aient une si piètre opinion du capitalisme, puisqu'on ne leur montre pas un capitalisme de marché, mais un capitalisme de mandarins. C'est un capitalisme qui ne profite pas tant que ça aux “super-riches” - l'économie française crée moins de millionaires et de milliardaires en France qu'en Grande-Bretagne et aux États-Unis - mais qui protège la France d'en haut et accable celle d'en bas.
Chaque CDI sur-protégé est un emploi non-qualifié en moins, ou précarisé. Chaque nouvelle niche fiscale immobilière, qui protège le patrimoine des propriétaires fonciers en maintenant les prix sur-élevés, est une famille qui ne peut pas se loger convenablement. Chaque protection des pharmaciens est des médicaments plus chers pour les Français. Chaque protection du “petit commerce” est des biens plus chers, et donc du pouvoir d'achat en moins.
Sur un marché au moins, Free Mobile a mis en évidence la faillite morale de ce système politico-économique. Espérons que beaucoup d'entrepreneurs, sur beaucoup de marchés, pourront faire de même dans les années à venir. Cette semaine nous a montré qu'il y a plus à attendre d'eux que des politiques.

Mots clés

Capitalisme | Free | Free mobile | morale | socialisme | Xavier Niel

Economie | Finance | High-tech | France


CFE/CGC UNSA - FREE Mobile : Xavier Niel prend-il tous les Français pour des c… ?

http://www.cfecgc-unsa-ft-orange.org/images/stories/docum...

Selon une étude du cabinet GFK, et sur la base de l’offre décrite par Xavier Niel devant les médias, 8 Français sur 10 ont l’intention, à court ou moyen terme, de souscrire à l’offre de téléphonie mobile de Free. 

Mais comment s’y prend Free pour monter son offre illimitée à 19,99 € / mois (15,99 € pour les abonnés ADSL Free) et son forfait 60 minutes / 60 SMS pour 2 € / mois (0 pour les abonnés ADSL Free) ?

Quelles seront les incidences cette nouvelle offre sur le marché des télécommunications en France ? Et que se passera-t-il si les Français interrogés confirment par des actes leurs intentions de basculer chez Free mobile ? 

Free mobile est financé par ses concurrents via la terminaison d’appel

Free mobile compte d’abord sur le prix de la terminaison d’appel dont il va bénéficier pendant sa période de lancement. Qu’est-ce que la terminaison d’appel ? Lorsque l’abonné d’un opérateur A appelle un abonné chez un opérateur B, l’opérateur B facture à l’opérateur A des frais d’interconnexion, ou terminaison d’appel. Or, jusqu’au 31 décembre 2013, Free mobile pourra facturer la terminaison d’appel plus cher que ses concurrents, selon une décision de l’Arcep mise en consultation jusqu’au 27 janvier.

Pendant les 6 premiers mois, Free mobile pourra facturer 2,4 centimes d’euro par minute pour la terminaison d’appel, soit 0,9 centimes de plus que ses concurrents (Free comptait sur un tarif plus généreux en sa faveur, de 3,4 centimes d’euros / mn).

Pour une 1 heure de conversation mobile par jour, répartie à 50/50 entre les appels entrants (provenant d’un autre opérateur que Free mobile) et les appels sortants, un abonné Free mobile permettra ainsi à son opérateur de gagner 4,32 € HT par mois (8 heures, soit 480 minutes x 0,9 centimes d’euros), financés par les autres opérateurs, sur décision du régulateur.

La prétendue « concurrence libre et non faussée » impose en effet aux opérateurs en place de financer l’installation de leurs concurrents. Cette faveur n’est cependant pas définitive, et la terminaison d’appel progressivement ramenée au tarif commun pourra obliger Free mobile à revoir ses tarifs dans le futur. Mais si tous les clients passent à Free mobile, le système ne marche plus, et c’est bien pourquoi l’offre Free mobile est limitée à 3 millions de clients. Officiellement Free mobile couvre à ce jour 27 % de la population avec son propre réseau, le reste de son trafic étant assuré par le réseau d’Orange, avec lequel il a signé un accord d’itinérance. Ses investissements dans le réseau sont donc moindres que ceux des autres opérateurs.

Le réseau Free mobile est-il réellement activé ?

La polémique gronde depuis deux jours, et les équipes techniques d’Orange s’interrogent : le réseau de Free mobile, supposé écouler 27 % des communications, ne serait pas activé, au moins pas dans son intégralité.

L’essentiel du trafic est donc écoulé par le réseau d’Orange, mais pas dans des proportions conformes à celles prévues par l’Arcep lors de l’attribution de la licence 3G. Free a-t-il abusé l’Arcep lors des tests de couverture ? Il est vrai qu’il existe des techniques pour ouvrir un réseau en couverture, mais sans avoir la capacité à écouler le trafic…

Et quelle est alors la justification du différentiel de terminaison d’appel en faveur de Free mobile ? Le nouvel entrant pourrait facturer à ses concurrents, y compris Orange, 0,9 centimes par minute de plus au titre de la terminaison d’appel… rendue par le réseau d’Orange ?

La décision mise en consultation par l’Arcep, qui offre le même avantage à deux « full MVNO », Lycamobile (sur le réseau Bouygues Télécom) et Oméa Télécom (sur le réseau de SFR), semble faire fi des investissements dans le réseau pour accorder des avantages tarifaires. Pourtant, les investissements nécessaires sont conséquents.

Le profit moyen net après impôts des 3 opérateurs mobiles en place est de 8% du chiffre d’affaires. Sur une facture moyenne mensuelle mobile de 24 € 1 , il reste donc à l’opérateur 1,92 € par mois et par abonné pour financer les investissements futurs et rémunérer les actionnaires.

En parallèle, le niveau de CAPEX (investissements corporels, hors licences ) pour le développement et le renouvèlement des réseaux mobiles en France s’élève, pour France Télécom Orange, à 11% du chiffre d’affaires en 2010. C’est ce que Xavier Niel appelle « presser le citron » ! Mais en l’occurrence, on peut se demander qui le presse ?

Le texte étant assez long, nous passons, ci-dessous, directement à la conclusion (aller sur le lien donné ci-dessus pour prendre connaissance des autres points).
Free mobile, la stratégie du coucou ?

C’est la conclusion que l’analyse impose, quand on regarde de plus près comment l’offre a été mise en place. C’est donc doublement inacceptable d’insulter tout le marché comme il l’a fait lorsqu’on utilise, à plein régime, tout ce que les autres ont déjà construit, pour s’installer dans la place. En ce sens, Free mobile constitue une parfaite illustration de l’exploitation maximale du dogme néolibéral de la concurrence exacerbée.

Surtout beaucoup de valeur(s) détruite(s) !

Malheureusement, l’expérience montre qu’un tel système conduit surtout à une destruction de valeur préjudiciable à l’ensemble de la société. Comme nous l’avons vu, les opérateurs mobiles, contraints de baisser leurs tarifs s’ils ne veulent pas voir tous leurs clients claquer la porte, seront également contraints de s’aligner sur les autres paramètres : moins de service aux clients, plus de vente directe sur le web, délocalisation des emplois d’assistance par téléphone.

Rappelons qu’en dépit des promesses faites lors de l’ouverture du marché des télécommunications, ce secteur en forte croissance a perdu 32 000 emplois en 12 ans. De nouveaux plans de suppression sont d’ores et déjà dans les cartons, simplement, ils ne sortiront qu’après les élections présidentielles.

Alors, oui, les tarifs de la téléphonie mobile baisseront plus rapidement que les seuls gains de productivité technologiques ne l’auraient offert. Mais à quel prix ?

Le consommateur y gagne aujourd’hui.
Les salariés ont perdu. Demain les citoyens paieront
.

Car ce n’est pas Xavier Niel qui financera les allocations chômage, ses nouveaux salariés seront au Maroc. Sans parler des insultes qui ont volé bas, dans les médias et dans les boutiques, créant de la tension entre les personnels de vente et les clients.

Est-ce le modèle de société que veulent les Français ?
Nous ne le croyons pas.

Références utilisées pour nos calculs

Selon le dernier Observatoire des communications électroniques diffusé par l’Arcep, à la fin du 3 ème trimestre 2011 :

 Il y a 67 millions de clients à un service mobile en France (67,047 millions exactement)

 Le prix moyen mensuel payé par un client mobile (prix payé sur le marché de détail, à l’exclusion des recettes d’interconnexion) est de 24 €, pour environ 2 h de communication sortante (127mn) et 177 SMS

Tarifs des terminaisons d’appel régulées par l’Arcep, en centimes d’euros par minute :

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dimanche, 15 janvier 2012

Une des arnaques de la TVA dite “Sociale”

Dans ce débat, il conviendrait de se rappeler, que ce qu’on appelle les “charges patronales” ou “part patronale du salaire” fait partie du salaire global que gagne le salarié.

Ces charges servent à financer, son assurance maladie, son assurance chômage, sa retraite.

Si ces services étaient privatisés, au lieu d’être centralisés sur des organisme semi-publics, il faudrait pour que le salarié puisse choisir l’organisme d’assurance ou de retraite de son choix, que ces “charges patronales” soient versées directement au salarié et rentrent dans son salaire net après déduction de la CSG.

Exonérer les employeurs de charges sociales sans les réintégrer dans le salaire net du salarié déduction faite de la CSG, c’est donc purement et simplement diminuer les salaires réels des salariés.

Leur restituer, des services d’assurance maladie ou chômage, et de retraites via l’impôt, en contrepartie de cette part de salaire perdue, c’est transformer pour partie les salariés en fonctionnaires.

On a déjà beaucoup de fonctionnaires. On a aussi beaucoup “fonctionnarisé” l’agriculture et la pêche à coup de subventions et de directives européennes.

Avec la TVA “sociale”, les ultralibéraux vont parachever, au nom du libéralisme, cette œuvre de fonctionnarisation, gag ! Et avoir un bon outil, pour déplacer facilement le curseur de l’austérité, vers le haut. Un simple vote au parlement godillot du moment, suffira !

21:04 Publié dans Société et Justice | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

samedi, 07 janvier 2012

Territoires européens

Le mille-feuilles des régions, états, unions… pour, à défaut de savoir où on va, se souvenir d’où on vient !

http://geoconfluences.ens-lyon.fr/doc/etpays/Europe/EurDo...

13:32 Publié dans Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mardi, 20 décembre 2011

Guerre financière

Technorati Mots clés :

- La CIA a enfin compris que les CDS étaient des armes contre les états et le Pentagone se lance dans des jeux de guerre financière...
- Francfort devrait remplacer à terme Londres, c'est du moins ce qu'on pense être la stratégie de Mme MERKEL côté Max KEISER.
- L'Europe continentale devrait gagner la guerre des devises contre la Livre et le Dollar, car le stock d'or de l'Europe est de 11.000 tonnes contre 3.000 tonnes l'Angleterre, et 8.000 tonnes les États-Unis

http://presstv.com/detail/214833.html 

Attention : ceci explique peut-être cela : Press TV est une chaîne TV indépendante en langue anglaise iranienne, qui ouvre ses colonnes à Max Keiser (émission “On the Edge”) mais aussi Tariq Ramadam…
http://en.wikipedia.org/wiki/Press_TV

Distribution des dettes au sein du G10

Attention : l’évaluation des dettes financières (en vert) étant complexe, leur représentation ici peut être plus ou moins entachés d’inexactitudes. En particulier, on ne distingue pas les dettes entre elles, selon qu’elles sont plus ou moins toxiques, ou selon la notation (certes pas très réaliste) de leurs émetteurs.

Max Keiser émission "KEISER Report sur RT network" (Russia Today):

"Si vous pensez que les banques britanniques ne sont pas exposées à un risque dette de 4 fois le PIB Britannique, avec des dettes complètement toxiques (sans contrepartie solvable… ah ! ah! ah! ah! … alors vous avez un gros tas de résidus de lavement qui foncent vers vous".

Ses prédictions selon Wikipédia en anglais : :

  • In the September 2004 issue of The Ecologist magazine, Keiser correctly predicted the 2008 collapse of Fannie Mae and Freddie Mac when he wrote, "My guess is that the two stocks that look the likeliest to implode at the hands of derivative-wielding Wall Street financial types (and other fundamentalists) preying on a US economy made weak by cheap money are Fannie Mae and Freddie Mac."[24]
  • In 2006 he correctly predicted that sub-prime mortgage-backed securities would be the cause of recession by 2008.[18][dead link][citation needed]
  • In 2007 he correctly predicted the break-down of Iceland's economy in 2008.[25]
  • In October 2011, during the Keiser Report, Keiser re-stated his previous prediction that Germany would return to the Deutsche Mark. In episode 192 (E192), he stated that he assisted in substantiating that prediction for posting on this page.
  • On December 10, 2011 he predicted that 2012 a sovereign Nation will offer a gold-backed currency.[26]

Max Keiser - La dette de l’Angleterre atteint... par ti-guy1100

14:05 Publié dans Crédit, Finance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

dimanche, 11 décembre 2011

Risque systémique du système financier

http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/12/10/dans-le...

LEMONDE | 10.12.11 | 15h04   •  Mis à jour le 10.12.11 | 15h51

 

Dans les entrailles des cygnes noirs,
par Cédric Villani

[…] La France peut se féliciter d'avoir accueilli le jeune Rama Cont : vingt-cinq ans plus tard, c'est notamment grâce à lui qu'elle est à la pointe de la recherche en finance. Cont se passionne pour le risque systémique : le risque d'une catastrophe touchant tout le système financier. Il en va en finance comme dans la société : ce qui est bon pour l'individu n'est pas forcément bon pour le groupe.

"EPIDÉMIES FINANCIÈRES"

Ainsi la diversification systématique des portefeuilles, minimisant les risques individuels, accroît en revanche le risque systémique en créant de nouvelles interdépendances entre différents marchés.
Même les mécanismes de régulation, censés garantir les individus contre les investissements trop risqués, peuvent devenir de redoutables facteurs de déstabilisation collective, entraînant parfois dans une spirale infernale toutes les banques, qui, contaminées les unes après les autres, sont forcées de refuser le crédit aux individus ou aux Etats qui en ont le plus besoin.

Pour prévenir ces "épidémies financières", l'équipe de Cont  fait le pari d'analyser mathématiquement leurs mécanismes de contagion.
Dans la finance moderne s'affrontent des ordinateurs qui chaque seconde, selon des algorithmes secrets, échangent des milliers d'ordres d'achat et de vente aussitôt annulés, dans un gigantesque jeu collectif que seuls quelques-uns maîtrisent et que les régulateurs publics, faute de moyens, sont incapables de surveiller.
Un monde qui paraîtrait aux financiers de 1950 aussi étrange que la physique quantique a pu l'être aux physiciens de 1900 !

Lors du mystérieux "krach éclair" du 6 mai 2010, l'indice Dow Jones avait plongé de près de 10 % en quelques minutes, avant de revenir à la normale. Cette mini-catastrophe, aussi fascinante qu'effrayante, est l'un des phénomènes que Cont et ses élèves dissèquent pour concevoir des mécanismes afin de stabiliser le système.

Une taxe sur les échanges financiers ? L'idée, soutenue par de nombreux universitaires, est rejetée par beaucoup pour des raisons idéologiques. Mais que vaut l'idéologie face à une réflexion scientifique rationnelle ?


Mathématicien, professeur à l'université de Lyon-I, directeur de l'Institut Henri-Poincaré (CNRS/UPMC)

Médaille Fields 2010

Cédric Villani

samedi, 19 novembre 2011

Un vrai endettement génère une fausse croissance

Quand on cherche une solution à un problème complexe, il faut toujours partir des idées les plus simples pour en faire des outils de construction de cette solution.

C'est ce que propose cet article de Frédéric Dubessy sur ECONOSTRUM faisant suite à des déclaration de Patric ARTUS (Directeur Recherche et Etudes de NATIXIS) à Marseille

http://www.econostrum.info/Patrick-Artus-prone-un-meilleur-partage-des-gains-des-productivite_a7748.htm

Patrick Artus prône un meilleur partage des gains des productivité

lPatrick Artus demande plus de partage dans les entreprises (photo F.Dubessy)
Patrick Artus demande plus de partage dans les entreprises (photo F.Dubessy)

[…] Le directeur de la recherche et des études de Natixis balaie l'idée d'un gouvernement qui viendrait au secours de l'économie française.

« L’État ne contribuera pas à la reprise avant au moins les cinq prochaines années. C'est le temps qu'il faudra pour ramener le déficit public à des niveaux raisonnables. Le prochain président aura un quinquennat sans marge de manœuvre au niveau des dépenses publiques. On pourra dépenser mieux mais pas dépenser moins.»

[…]

Patrick Artus va même beaucoup plus loin et voit la solution d'une sortie de crise dans un meilleur partage des gains de productivité dans les entreprises.

« Les salaires devraient augmenter comme la productivité, mais ils augmentent moins. Comme le pouvoir de négociation des entreprises est plus élevé que celui des salariés, ceci se traduit par peu d'augmentation. Les profits des entreprises ne bénéficient pas aux salariés. Elles sont des usines à fabriquer des profits qui ne servent pas à investir, ne vont pas aux salariés mais sont mis en réserve de cash. »

S'il vise particulièrement les grandes entreprises, il insiste sur le fait que

« les entreprises doivent distribuer leurs gains de productivité aux salariés.
Ce serait économiquement plus efficace.
» 

[…] "Aujourd'hui, les ménages arrêtent de s'endetter et continueront à se désendetter encore deux ou trois ans. Et c'est la vraie cause de la crise ! »

Le directeur de la recherche et des études de Natixis prône le fédéralisme en Europe.

« Il faut un budget européen unique voté par un parlement unique ! La zone euro dispose d'une situation globale meilleure que les USA et la Grande-Bretagne. Et malgré cela nous avons une crise qu'ils n'ont pas !

Cette anomalie vient du fait que nous avons dix-sept opérateurs dans la zone euro et donc une multiplicité d'emprunteurs qui en plus ne se financent pas entre eux. Quand on présente dix-sept émetteurs, les investisseurs font leur choix.
»

01:26 Publié dans Capital et Travail, Finance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

samedi, 05 novembre 2011

Revue de Presse du G20

Res Publica : Le G20, l'illusion française et les ambitions nationales

Euro. La poursuite du statu quo signifierait pour la France : accélération de la désindustrialisation, déficit public accru, politique commerciale agressive de la Chine sous couvert de"soutien" financier.

Pékin fait la sourde oreille aux demandes de réévaluation du yuan, qui pose un problème de compétitivité insurmontable aux Etats-Unis et à l'Europe. Plus de 20% des exportations chinoises sont absorbées par l'Europe. Une occasion pour celle-ci de demander un rééquilibrage des "termes de l'échange" ?

  • En vérité, la Chine, entrée sans contrepartie à l'OMC en 2001, peut contempler le chemin parcouru avec satisfaction. En octobre 2011, elle a mis un pied dans la "forteresse" euro qui devait protéger les Européens et faire de l'Europe un acteur géostratégique de premier plan. La Chine a les cartes en main et ne se préoccupe guère des règles que les Occidentaux font semblant de lui demander de respecter. Elle peut s'appuyer pour cela sur une alliance objective avec l'Allemagne, dont la politique mercantiliste conduit à des déséquilibres continentaux majeurs. Se rappelle-t-on du temps où les Chinois étaient regardés avec condescendance ("A nous les industries de l'intelligence, à eux les industries à faible valeur ajoutée") ? C'était il y a à peine dix ans…
  • Les déséquilibres commerciaux, à l'origine de la crise. Les excédents commerciaux démesurés de la Chine et de l'Allemagne sont la traduction de leur compétitivité industrielle, mais aussi de la pression qu'ils exercent sur leur demande intérieure et de leur stratégie préparant le choc à venir du vieillissement de leur population.
  • Le rééquilibrage du monde passe par une relance de la consommation intérieure de ces deux pays. Y sont-ils prêts ?
  • Sinon, la sortie de l'euro et des politiques de protections commerciales contre la Chine seront les seules politiques raisonnables pour rééquilibrer les "termes de l'échange".
  • Aucun pays ne peut assister impuissant à la destruction de son appareil productif. Du moins si ses "élites" sont davantage attachées aux intérêts de sa population qu'à ceux des multinationales et de la nouvelle oligarchie mondiale.

Finance. Tout se passe comme s'il était impensable de neutraliser la prédation du système financier sur l'économie.

  • Le président Obama a déçu ses partisans les plus sincères aux Etats-Unis par ses concessions aux lobbies financiers.
  • Les institutions financières mènent le bal et tiennent la plume, pour l'essentiel, des plans de sauvetage bancaires déjà réalisés et de ceux à venir.
  • Elles ont non seulement échappé au coût de la crise, mais elles ont aussi pris l'ascendant sur les Etats grâce à la crise des dettes publiques, qui trouve pourtant son origine dans celle des dettes privées.
  • Rien ne sera possible tant qu'un démantèlement du "complexe financier" ne sera pas engagé. Gageons qu'un gouvernement qui trouverait les ressources morales de s'opposer à la finance retrouverait non seulement sa dignité mais aussi l'estime des peuples.

Voir le texte sur le site du Monde, ainsi que les réponses des autres fondations.

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04 novembre 2011

Georges Ugeux : Cannes : la blessure de l’Euro est-elle mortelle ?

Une union monétaire, fut-elle imparfaite, n’est pas réversible et les signataires du traité de Maastricht l’avaient bien compris.

En aucun cas, le non-respect des critères de Maastricht ne permet la sortie de l’Euro. D’autres sanctions sont prévues.

En forçant Papandreou de soumettre la question de l’Euro dans son referendum, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont remis en question un des éléments constitutifs de l’Euro, sa pérennité, en ouvrant une porte de sortie.

Que faire pour éviter  cette issue fatale?

  • Confirmer de manière solennelle qu’en aucune circonstance les dispositions des traites ne seront amendées pour permettre une sortie. Changer de devise est une décision irréversible.
  • Définir les grandes lignes des mesures qui accompagneront la gouvernance de l’Euro : que ce soit la transformation du FESF en un vrai Fonds Monétaire Européen doté des moyens de gérer et surtout d’anticiper les crises, ou par d’autres moyens, il devient urgent de doter l’Eurozone d’une vraie gouvernance et d’une capacité d’intervention. Ceci implique une règlementation robuste et applicable du secteur financier et des marches de capitaux
  • Dégager progressivement la Banque Centrale Européenne des risques qu’elle a accumules ces deux dernières années pour la repositionner dans son rôle de banque centrale
  • Doter la Banque Centrale Européenne ou l’Autorité Bancaire Européenne de vrais pouvoirs règlementaires sur le secteur bancaire afin d’assurer le traitement cohérent des risques bancaires a travers l’Eurozone, en collaboration avec l’International Financial Reporting Standard Foundation

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mardi, 01 novembre 2011

La loi qui a déchaîné la haine de Wall Street envers Obama

La loi de réforme Dodd-Frank sur la règlementation financière, qui restreint les négociations pour compte propre, l’effet de levier et autres outils utilisés par les banques pour augmenter leurs profit.

lundi, 31 octobre 2011

G20 - Un Sarkozy au premier rang d’une Europe en débandade et en haillons…

Il serait temps que les Français se demandent comment leurs dirigeants ont pu les faire tomber si bas

3 Commentaires – Les suivants sur :
http://www.thierry-desjardins.fr/2011/10/le-g20-a-cannes-...

Ce billet satirique amène des contributions intéressantes dans les 3 commentaires enregistrés

Thierry DESJARDINS - Le G20 de Cannes, le festival de la catastrophe

[…]

Jusqu’à présent les scénarios présentés lors des réunions de ce club étaient à l’eau de rose. Les « Grands », les « puissants » de notre vaste monde se congratulaient, faisaient mine de palabrer, énonçaient un grand nombre de lieux communs, puis, ravis du tas d’or sur lequel ils étaient assis confortablement, se faisaient prendre en photo, sagement alignés comme les élèves d’une petite classe.

Que deux ou trois milliards d’êtres humains de la planète crèvent de faim et n’aient pas accès à l’eau courante, que les pôles se mettent à fondre, que les déserts avancent sur certains continents, que des maladies qu’on croyait éradiquées à tout jamais réapparaissent, les laissait parfaitement indifférents.
Ils parlaient business, cours des changes, prix des matières premières.
Les plus anciens, protecteurs et un brin narquois, donnaient des conseils aux nouveaux venus, les « nouveaux riches », qu’ils avaient bien voulu accueillir parmi eux.

[…]

On ne va plus se congratuler entre amis du même monde. On ne sera plus « entre riches ». Il y aura, d’un côté, les fondateurs du club, « les nouveaux pauvres » et, de l’autre côté, ceux qu’on avait bien voulu coopter par gentillesse et qui sont devenus les véritables patrons, les seuls, triomphants, arrogants, sans pitié, maîtres du monde.

[…].

On imagine déjà le Chinois qui n’a plus sa natte dans le dos regardant l’Américain qui ne pourra plus jouer au cow-boy, l’Indien qui n’a plus rien d’un fakir famélique dévisageant le Français à la baguette de pain rassie, le Brésilien qui ne danse plus la samba face à l’Anglais qui a perdu son chapeau-melon.

[…].

Pour une fois, les riches ont besoin des pauvres. Pour pouvoir continuer à s’enrichir. Tous les commerçants le savent, il faut parfois faire crédit à ses clients pour qu’ils continuent à acheter. Sinon, il n’y a plus qu’à fermer boutique. Mais ils savent aussi qu’à force de faire crédit, on fait faillite. Alors ils prennent des garanties, des hypothèques, voire ils envoient les huissiers saisir l’argenterie et ce qui reste de meubles.

Sarkozy s’imaginait qu’en présidant ce G20 cannois il apparaitrait aux yeux des électeurs de la prochaine présidentielle comme le maître du monde et de l’univers. Au premier rang d’une Europe en débandade et en haillons, avec un pays qui a 1.700 milliards de dettes, 4 millions de chômeurs et une croissance à moins de 1%, il va faire figure devant le Chinois, l’Indien, le Brésilien, le Russe, le Sud-Africain d’un mendigot qui fait la manche, au cours de ce sommet qui symbolisera ce que les historiens appelleront sans doute un jour la fin programmée, après quelques siècles de triomphe, de la suprématie de l’Occident.

Sarkozy n’y est, bien sûr, pas pour grand-chose mais ce n’est pas lui qui remportera la Palme d’or.

3 commentaires
  • 31 oct 2011 10:58 1. Patrick-Louis Vincent

Là, je ne suis pas d’accord avec vous, M. Desjardins. Votre analyse est trop caricaturale. Certes, les occidentaux entrent dans une récession à long terme qui va les appauvrir. Mais ce serait une erreur de croire que notre appauvrissement va profiter aux pays émergents. C’est tout le contraire, parce que les peuples d’occident sont les clients des pays émergents, et que, sans client, les entreprises périclitent. C’est ça la mondialisation ou globalisation.

Nous sommes tous dans la même mouise. Et ne croyez pas que la Chine et l’Inde se portent si bien. J’ai déjà dit, sur ce blog, que la Chine connait une bulle immobilière qui n’a rien a envier à celle qui a éclaté aux EU en 2008. Elle éclatera, elle aussi, ou, si elle n’éclate pas, c’est que les dirigeants chinois auront remonté les taux d’intérêts, ce qui raréfiera le crédit et donc ralentira encore plus l’économie. L’Inde est en plus mauvais état encore. Elle connaît une inflation galopante qui annule complètement leur taux de croissance.

  • En Chine la croissance est de 9%, mais l’inflation est de 6%. Cela fait une croissance réelle de 3%. C’est mieux que chez nous, certes, mais trois fois moins qu’en 2008.
  • En Inde, c’est pire. La croissance sera de 8,5% en 2011 mais l’inflation sera de 9%. Il n’y a donc pas de croissance réelle en Inde. De plus, la croissance de l’agriculture ne sera que de 2%, alors que 2/3 de la population vit encore en milieu rural, et que la population a augmenté de 2% entre 2010 et 2011.
  • Au Brésil, c’est pareil. La croissance sera de 4% en 2011, mais l’inflation de 6%.
  • En Russie, idem. La croissance sera de 5% et l’inflation de 9%.

Il est donc tout à fait faux de dire qu’il y a des nouveaux pauvres, les occidentaux, et de nouveaux riches, les BRICS. Même en valeur absolue, l’addition des économies des BRICS ne représente que les 2/3 de la seule économie américaine.

Dans les pays que vous voyez en nouveaux riches, la Chine et l’Inde, il y a, dans chacun de ses pays, une centaine de millions de gens ayant un niveau de vie voisin du nôtre, avec ses milliardaires qu’ils n’avaient pas autrefois. Mais, le reste de la population vit souvent dans une extrême pauvreté, bien plus grande que nos pauvres, car sans aucun soutien financier.

Ceci étant dit, pour simplement rétablir les équilibres, tout n’est pas rose pour l’occident.

Les EU et l’Europe sont confronté à la plus grave crise monétaire et financière de leur histoire. C’est pourquoi, au G20, l’on va surtout parler de monnaie et de finance. Les BRICS n’ont aucun intérêt à ce que l’euro et le dollar s’écroulent. D’abord parce qu’ils en ont plein leurs tiroirs, ensuite parce qu’une crise systémique aura des conséquences catastrophiques sur leur propre économie.

C’est pourquoi les BRICS ne joueront pas les gros bras, mais chercheront, dans les années qui viennent, à trouver, par delà les divergences d’intérêts économiques, une solution commune, sur le plan monétaire et financier, avec les occidentaux et, ne l’oublions pas, les pays du Golfe.

    • 31 oct 2011 12:11 2. sandrine
  • Au delà des chiffres, je pense que le message que Mr Desjardins veut nous faire passer, c’est la honte que nous devrions avoir de nous faire aider par des pays soit-disant en voie de développement.

    Sur ce constat, rien à dire, l’argumentaire de Mr Desjardins est juste et accablant pour nous Français, qui prétendons faire la leçon au monde entier. Il serait temps que les Français se demandent comment leurs dirigeants ont pu les faire tomber si bas

  • 31 oct 2011 14:01 3. drazig

    Bien d’accord avec vous M. Desjardins. Le pire à mon avis est la parfaite dé-considération voire le mépris de tous ses « nouveaux » pays vis à vis de la classe dirigeante de l’Europe. En plus les dirigeants européens entre eux n’ont pas plus de considération; Berlusconi-Sarkozy et vice versa par exemple. Quant à l’Allemagne, j’ai tendance à la considérer comme un pays émergeant qui a réussi: n’a-t-elle intégré l’Allemagne de l’Est misérable pays communiste(pléonasme)? Cet exemple montre-t-il qu’il faut repartir à zéro pour s »en sortir? Je le crois. En tous cas, ça sera dur dur.

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vendredi, 28 octobre 2011

Sarkozy : Bon dans le ton – Quelques vérités énoncées encore plus d’omises – Des contre-vérités soulignées ci-dessous

Sarkozy n'a pas tenu le discours de vérité que les français aurait pu entendre. Dans la forme, il a été pédagogue; sur le fond il a présenté un panorama volontairement incomplet de la situation, il va en résulter un sentiment général bien clair : il a bien pris de décisions, mais il a bien brouillé les cartes et nous a beaucoup enfumé pour rien ! Enfin si ! des motivations purement électoralistes malsaines, !

Le premier billet pointe les faits erronés cités pendant la conférence. Le deuxième conteste les attaques faites contre l’opposition ou les arguments utilisés pour plaider plus d’austérité.

Pendant ce temps, la véritable gestation de ce qui se prépare ? Aucune illusion à avoir !

  • Enfin, le déficit des comptes sociaux ne sera bientôt plus financé par l’emprunt mais par nos poches via la TVA (et pour faire semblant d’être “juste” et ne pas toucher que les revenus du travail, un peu par la CSG j’imagine !).
  • Hélas, ça se fait sans aucun aucune volonté stratégique et il est bien dommage que ça se fasse, envers et contre tout, sans la croissance que Sarkozy devait allait chercher avec les dents.

Sur cette gestation :  http://www.avocatfiscaliste-paris.fr/archive/2011/10/28/d...

Blog Démystifier la finance – Éthiques et Marchés : Les contre-vérités présidentielles sont-elles volontaires?

http://finance.blog.lemonde.fr/2011/10/27/les-contre-veri...

Il y avait dans la conférence de presse du Président Sarkozy plus de substance que d'habitude. L'admission de la nécessite d'une vraie austérité et d'un surendettement de la France n'était pas facile d'autant plus qu'il refusait d'admettre qu'il est responsable d'une hausse de l'endettement d'environ 500 milliards d'euros soit près de 50%. S'il a admis avec sobriété la gravité de la situation il n'a pas accepté les conséquences de ce diagnostic et s'est dérobé aux questions des journaliste qui ont-en vain- essayé d'extraire des décisions concrètes et un calendrier.

Cet aspect positif ne permet cependant pas de prendre des libertés avec la vérité. J'ai relevé une douzaine de contre-vérités:

  1. La dette de la Grèce n’est pas passée de 240 à 120 milliards, mais de 340 milliards à 330 milliards d’euros. L'amélioration de 100 milliards de la dette grecque est une fiction.
  2. Il n’y a pas d’effacement de la dette grecque, mais un effort des banques correspondant à 16 milliards d’euros, soit 50 % de leurs encours
  3. Les banques n’ont jamais eu  200 milliards d’obligations grecques mais 32 et, si l'on ajoute les 49 milliards des banques grecques qui seront nationalisées, un total de 81. Les banques grecques ne participent pas a l'effort commun: ce serait provoquer leur faillite.
  4. L’Euro ne risquait pas d’exploser mercredi soir, la Grèce risquait le défaut de paiement. Il ne faut pas confonfre la devise et l'endettement.
  5. Cela n’a pas coûté 100 milliards aux banques, mais 16 milliards, non pas par un abandon de créances, mais par un étalement de la dette sur une période de 30 ans
  6. Il n’y a aucune connexion entre cette crise de l’endettement public et celle de la finance en 2008. Ici, les responsables sont politiques. On se demande pourquoi les sacrifices des banques ne sont pas étendus au secteur public qui detient, lui, environ 160 millirds de la dette grecque
  7. Les banques françaises ne sont pas les plus fortes d’Europe : leur notation a baissé récemment et leur fragilité est préoccupante
  8. La France n’est pas le seul pays au monde qui ait eu des revenus de ses avances lors de la crise: c'est le cas de la plupart des pays preteurs, et principalement des Etats-Unis
  9. Toutes les interventions de la France n’ont pas encore été restituées : elle a investi dans la BNP Paribas à hauteur de 10% de son capital et est toujours actionnaires
  10. Le système de sécurité sociale en France ne peut garantir les payements des avantages sociaux à la population: il a besoin de contributions budgétaires chaque année
  11. La hausse du montant du FESF ne se fait pas sans une contribtion des Etats Membres puisqu'ils garantissent les emprunts. Dans ce cntexte, le quota de la France atteint 200 milliards qui alourdiront l'endettement de la France.
  12. Le Président chinois Hu Jin Tao n'a pas appelé Nicolas Sarkozy pour exprimer son désir de participer au FESF. C'est le Président Sarkozy qui a sollicité l'intervention de la Chine

Ce genre de contre-vérités est à l'origine de l'engouement des bourses sur le secteur bancaire. Une fois l'euphorie passée, le soufflé va retomber. Reste la substance des problemes auxquels il est urgent de s'atteler. La prime de risque (CDS) sur les obligations grecques à 5 ans est de 35 %. Le sommet n'a pas passe le test de la crédibilité. C'est dommage.

Blog Déchiffrages :  Sarkozy, plus c’est gros plus ça passe

http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/2011/10/28/sarkozy-pl...

Nicolas Sarkozy, intervenant à la télévision ce 27 octobre, s’est hissé à la hauteur de lui même. « Plus c’est gros, plus ça passe » : le Président n’a pas dérogé à sa ligne de conduite.

Voici un florilège de ses perles les plus belles, glanées au fil de ses obsessions.

1 – La faute aux 35 heures

C’est devenu une figure imposée du discours présidentiel : si tout va mal dans notre pays, c’est parce que les 35 heures l’on ruiné. Et qu’importe les statistiques !

« Quand en 2001, expliqua-t-il,on a fait cette chose étrange, les seuls au monde, les 35 heures qui ont ruiné la compétitivité du pays, dans le même temps M. Schroeder, pourtant socialiste allemand, faisait l’inverse… »

Les conseillers de Nicolas Sarkozy devraient lire avec plus d’attention les statistiques de l’OCDE, par exemple, avant de transmettre l’argumentaire au président. La vérité est que les Français occupés travaillent annuellement plus longtemps que les Allemands. Cela dure depuis que l’OCDE tient la comparaison à jours, c’est à dire depuis 1993 au moins. Enfin le surcroît de travail annuel des Français, qui atteignait 121 heures en 2001, était encore de 114 heures en 2008, en dépit de la « chose étrange » qui a « mis la pagaïe » dans les usines françaises…

Comment prétendre ré-industrialiser la France, si le diagnostic du déclin industriel est à ce point erroné ?

2 – La faute aux impôts


Nicolas Sarkozy, multipliant les niches fiscales et sociales, a laminé les recettes publiques. Comment justifier cette politique, quand les déficits publics sont montrés du doigt ? Il suffit de dénoncer un excès d’impôts.

« La France, a prétendu le président, est le pays qui a les impôts les plus élevés d’Europe ».

C’est inexact. Quatre pays ont des recettes publiques en proportion du PIB supérieures aux recettes publiques françaises ; ils ont cependant beaucoup moins de chômeurs que la France, en proportion de leur population active.

Quant à l’impôt progressif sur le revenu, il est en France un des plus légers de l’OCDE.

3 – Ma règle d’or

Nicolas Sarkozy cherche depuis des semaines à imposer à l’opposition sa règle d’or : inscrire l’équilibre budgétaire dans la Constitution. Malheureusement pour lui, la perte du Sénat lui interdit une telle révision constitutionnelle.

Qu’à cela ne tienne, il s’est mis d’accord, dit-il, avec ses partenaires européens. La règle d’or ? « Elle est obligatoire en 2012,  depuis hier soir ».

S’il est une « chose étrange », c’est bien cela. Depuis quand un accord nuitamment passé à Bruxelles s’impose-t-il le lendemain matin au Parlement français, sans que nul ne lui demande son avis ?

Nicolas Sarkozy devrait relire la Constitution avant d’intervenir à la télévision.

4 – Ma Banque de France

La fatigue due à cet interminable « sommet » européen explique probablement cet ultime dérapage présidentiel, témoin lui aussi de sa prétention à décider de tout, même de ce qui lui échappe :

« J’ai demandé au gouverneur de la Banque de France de recevoir dans les jours qui viennent la totalité des banquiers français pour les interroger sur le plan de recapitalisation qu’ils mettront en œuvre (…). Nous demanderons aux banques françaises que la quasi totalité de leurs dividendes serve à l’augmentation de leurs fonds propres plutôt qu’à la rémunération de leurs actionnaires (…). Le gouverneur veillera à ce que la pratique des bonus et celle des rémunérations rentre enfin dans une pratique normale… »

Le problème est que le statut de la Banque de France, réformé en 1994 lorsque Nicolas Sarkozy était ministre du Budget et porte-parole du gouvernement, stipule expressément ceci :

« Dans l'exercice des missions qu'elle accomplit à raison de sa participation au Système européen de banques centrales, la Banque de France, en la personne de son gouverneur ou de ses sous-gouverneurs, ne peut ni solliciter ni accepter d'instructions du Gouvernement ou de toute personne. »

Au lieu de solliciter indûment le gouverneur, et faire semblant d’agir à travers lui, Nicolas Sarkozy aurait peut-être pu envisager les mesures législatives qui s’imposeraient aux banques – car cela, il le peut.

samedi, 22 octobre 2011

Jean-Pierre PETIT – Origine de l’insolvabilité des locataires

Lors des dernières élections, un commentateur qui s'étonnait du succès du FN et du refus de voir d'avantage d'étrangers s'établir sur notre sol, terminait son raisonnement par cette remarque :

"je n'arrive pas à me loger à cause du lobby immobilier; si je fais un prêt ma banque m'exploite pendant 20 ans; mon assurance me rembourse une poignée de cacahuètes quand j'ai un accident; je paye un loyer exorbitant et mon proprio refuse de changer mon installation électrique dangereuse; mon président m'envoie des policiers armés de radars pour me racketter sur le chemin du travail; on réduit les coûts et surtout la qualité de mes services publics, sans diminuer les impôts que je paye; on me prend pour un con à propos de la sécurité des centrales nucléaires à côté de chez moi...tout ça je m'en fous, je me focalise sur les étrangers !"

La valeur des patrimoines immobiliers croît plus vite que les revenus depuis 14 ans, et les loyers futurs eux même sont trop élevés par rapport aux moyens des locataires, voilà la source de tous les maux de l'immobilier.

Aujourd'hui à la veille du salon de l'immobilier, un sondage révèle que 47% des locataires interrogés déclarent qu'ils ne pourront jamais devenir propriétaire.

Jean-Pierre PETIT, économiste président des cahiers verts de l'économie analyse cette situation et nous livres des jugements en rupture avec le Crédo traditionnel.

Les coups de pouce fiscaux poussent les prix des biens patrimoniaux et les loyers futurs à la hausse. Les revenus ne suivent pas ou baissent. On arrive à cette situation absurde où à certains endroits, quasiment tout le monde aurait droit à un logement social. C'est le résultat de cette économie de bulle et d'incitations fiscales qui grippe la machine quand l'insolvabilité se répand.

jeudi, 20 octobre 2011

Libé TCHAT avec Jean QUATRE MER “Pour comprendre la crise de la dette”

Pour comprendre la crise de la dette

La dégradation inédite de la note américaine alimente la crainte d'un krach sur les places boursières.

TCHATS Hier à 11h54 (Mis à jour à 12:03)

«Il faut pour les marchés que l'appartenance à l'euro soit irréversible»

TCHAT: Les Européens réussiront-ils à juguler la crise économique qui secoue la zone euro avant le rendez-vous du G20?
Jean Quatremer, notre correspondant à Bruxelles, a répondu à vos questions.

10 commentaires

Le logo de la monnaie unique européenne devant le siège de la BCE à Francfort (AFP/Daniel Roland)

Petit papa Noël: Sait-on combien de milliards d'euros on devra mettre sur la table pour sauver, non seulement la Grèce, mais aussi les autres pays qui ont vu leurs notes diminuées par les agences de notations?

Jean Quatremer. Il n'y a pas de lien direct entre la crise de la zone euro, et les notes des Etats.

La dégradation est plutôt une conséquence de la crise. Pour l'instant, pour aider les Etats qui n'arrivent plus à se financer dans des conditions soutenables sur les marchés, c'est-à-dire avec des taux d'intérêts proches de ceux de l'Allemagne, l'Union européenne a déjà dépensé: 110 milliards d'euros pour la Grèce, sous forme de prêts bilatéraux; Elle a créé un Fonds européen de stabilité financière (FESF) doté d'une capacité d'emprunts de 440 milliards d'euros. Mais, là, il n'y a pas d'argent frais qui est mis dans le fonds, il s'agit de garanties que les Etats accordent aux emprunts qu'effectuera le fonds FESF.

Un bémol cependant. Eurostat, l'organisme européen de statistiques, a décidé que les garanties accordées par chaque Etat, au prorata de sa participation au capital de la Banque centrale européenne (BCE) devront être inscrites dans la dette publique nationale. D'une certaine façon, chaque Etat paye sa garantie par un alourdissement de sa dette publique, avec pour risque la dégradation supplémentaire de sa dette souveraine. Pour l'instant, le Fonds n'est venu en aide qu'à I'Irlande, et le Portugal.

La Commission européenne a aussi obtenu le droit de lever 60 milliards d'euros sur les marchés pour venir en aide aux pays menacés. Ces 60 milliards seront intégrés au futur Mécanisme Européen de Stabilité (MES) qui remplacera le FESF en 2013, et plus probablement dès 2012. Ce MES aura une capacité d'emprunt de 500 milliards d'euros. La Banque centrale européenne a racheté sur le marché une partie de la dette des pays attaqués pour un montant de 160 milliards de dollars. Pour l'instant, le sauvetage des pays en difficulté ne nous a pas coûté directement de l'argent, mais cela ira différemment si ces pays ne sont pas capables de rembourser les emprunts que l'UE leur accorde.

Seberg: Selon Jacques Delors, un pays doit pouvoir être exclu de l'euro. Mais, si la zone euro se réduit peu à peu à un noyau dur autour de l'Allemagne, la monnaie ne risque-t-elle pas d'être encore plus chère? Et de nuire encore plus à l'industrie française et à nos exportations?

J'ai été très surpris que Jacques Delors défende cette idée d'expulser un pays membre de la zone euro qui ne respecterait pas ses obligations budgétaires, car elle est défendue par les plus euro-sceptiques des Allemands, les libéraux du FDP et les chrétiens sociaux bavarois.

Pourquoi le Traité de Maastricht n'a-t il pas prévu une clause d'exclusion de la zone euro? Pour une raison simple qui s'appelle: la confiance. Il faut que pour les marchés, l'appartenance à l'euro soit irréversible afin qu'ils puissent investir en toute confiance dans l'ensemble de la zone euro.

Un investisseur qui place son argent au Nebraska, aux Etats-Unis, ne craint évidemment pas que cet Etat puisse un jour quitter le dollar. Il pourra traverser des difficultés économiques, mais il sera toujours membre de l'Union monétaire américaine. Si on ouvrait une telle possibilité au sein de la zone euro, cela pousserait les marchés à distinguer entre chaque Etat membre. On en reviendrait à la situation qui prévalait avant la situation de l'euro, où les marchés exigeaient des primes de risques conséquentes des Etats jugés fragiles. Un investisseur de Hong Kong, par exemple, si une telle clause était introduite, ne placerait plus ses billes dans les pays du Sud de la zone euro, par simple précaution. On introduirait du risque et de l'incertitude. On enverrait le signal que l'intégration européenne n'est pas irréversible. Or, si la crise actuelle a éclatée c'est justement parce que les marchés ont douté de la volonté allemande de sauver la Grèce et la zone euro.

Thierry_b: Barrosso appelle à une action vigoureuse à la crise de la dette. Quelle pourrait être cette réponse, selon vous?

La crise de la dette appelle une réponse à court terme et une réponse à long terme.

A court terme, les choses paraissent à peu près claires. Il faut accroître les moyens du FESF, en lui donnant un effet de levier, et pousser les banques les plus fragiles à se récapitaliser. Sur ces deux points, il y a un accord au sein de la zone euro. Le problème c'est que les Allemands veulent rajouter une «participation du secteur privé» supérieure au 21% qui avaient été convenus lors du Conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro, du 21 juillet. En clair, les Allemands veulent faire prendre une tôle sévère aux investisseurs privés qui pourrait atteindre 50% de la dette. Or, à chaque fois que les Etats ont menacé d'impliquer le secteur privé dans une restructuration de la dette grecque cela a été une catastrophe.

En octobre 2010, l'Union européenne avait annoncé que les investisseurs privés participeraient aux restructurations des dettes contractées après juin 2013. Cette simple perspective a suffi a déclencher une panique générale, et a entraîné la chute de l'Irlande, puis du Portugal, désormais sous assistance financière du FESF.

En juillet dernier, alors qu'on avait expliqué aux marchés qu'ils ne seraient jamais impliqués dans la restructuration de la dette grecque, on leur a annoncé qu'ils perdraient 21% de leur mise. Aussitôt l'Espagne, l'Italie, et même la France, ont été attaqués par les marchés, non pas parce qu'ils sont méchants, mais parce qu'un investisseur avisé retire ses billes d'un marché qui devient risqué.

Si dimanche, lors du prochain sommet, on annonce une augmentation de la cote part des investisseurs privés, à 40 ou 50%, je crains le pire, et je ne suis pas le seul. L'Allemagne me donne souvent l'impression de courir avec une torche, les yeux bandés, dans un magasin de poudre.

Aujourd'hui, qui possède les 350 milliards de la dette grecque? 141 milliards sont détenus par les investisseurs grecs eux-mêmes (banques, assurances, caisses de retraites ...), 120 milliards sont entre les mains de la banque de la BCE, du FMI et l'UE, et 89 milliards entre les mains des investisseurs des banques et assurances non grecques.

Que révèlent ces chiffres? Que ce sont les Grecs qui supporteront l'essentiel d'une décote supérieur à 20%. On risque d'assister à un effondrement du système financier grec, qui n'a pas les moyens d'être sauvé par l'Etat grec, qui est ruiné, et un effondrement des caisses de retraites. (Je précise qu'il s'agit bien d'un système par répartition et non pas par capitalisation.

L'argent des caisses, y compris en France, est placé sur les marchés. Les retraités grecs, qui ont déjà perdu leur 13e, voire 14e mois de retraite, risquent de perdre bien plus dans cette affaire.

Sur le long terme, et c'est là que les 17 Etats de la zone euro sont attendus: il faut annoncer aux opinions publiques, et aux marchés, dans quelle direction on va, au-delà des mesures de sauvetage que l'on accumule depuis deux ans.

Aujourd'hui, il est clair que l'euro, monnaie unique, ne peut pas survivre avec 17 politiques économiques et budgétaires indépendantes et souveraines, mais est-on prêt à créer une fédération avec un gouvernement européen légitime?

Ce que réclament les marchés depuis le début de la crise, c'est en fait la création des Etats Unis d'Europe, au moins dans le domaine économique afin d'être certain qu'on ne laissera plus une nouvelle Grèce advenir. Est-on prêt dès dimanche? J'ai un sérieux doute.


Étoffe des euros: La baisse de l'euro sur le marché des changes pourrait-elle favoriser la croissance en Europe (en dopant les exportations)? Comment l'obtenir?

L'euro faible est une marotte française. Une sorte de baguette magique qui va régler nos problèmes. Il ne faut pas perdre de vue que l'Union européenne fait les quatre cinquièmes de son commerce entre pays membres.

En outre, l'expérience allemande montre que c'est la qualité des produits qui prime sur la valeurs de la monnaie. On préfère toujours payer un peu plus chère une BMW qu'une Subaru. Une baisse de l'euro serait la bienvenue, mais, à mon avis, ce n'est pas la martingale que certains y voit.

Je vous rappelle que l'euro a été introduit le 1er janvier 99 à 1,17 dollars. Il est, douze ans plus tard, à 1,36 dollars, et on juge la parité «normale» à environ 1,20 dollars. On ne peut pas dire que l'euro soit aussi massivement surévalué que certains le prétendre.

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mercredi, 12 octobre 2011

CSOJ Frédéric LORDON – Révision du système bancaire

Mots clés Technorati :

mardi, 04 octobre 2011

Pas de problème pour les banques françaises, sauf DEXIA !

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-march...

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-march...

Rappel :

http://quefaire.hautetfort.com/archive/2011/09/21/en-fini...

20:52 Publié dans Finance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

samedi, 24 septembre 2011

MEDIAPART explique le jusqu’à présent, inexpliqué

Comment nos libéraux innovent et ce que sont les prises de risque qui payent…

Hélas, pas pour toutes les parties prenantes !


Explication affaire Karachi par odjag

http://www.mediapart.fr/journal/france/240911/gaubert-sa-...

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Econostrum - Les collectivités locales françaises vont créer une banque

http://www.econostrum.info/Les-collectivites-locales-fran...

Les plus grandes collectivités avanceraient le capital permettant le financement des plus petites (photo MN)

Jacques Pélissard, le président de l’Association des Maires de France (36 000 communes) avait évoqué le 9 septembre 2011 « un risque de tensions » sur les finances des collectivités locales.

La raison immédiate en était les nouvelles mesures anti crise financière dites « Bâle 3 ». Les banques, avec de nouveaux critères de sécurité, ne pourraient prêter que 16 mds€ environ en 2011 aux collectivités françaises. Or le besoin est estimé par l'AMF à 23 mds€.

Avec ces mesures qui concernent surtout les financements à remboursements longs, les banques ne prêteraient plus aux collectivités locales souffrant de peu de dépôts bancaires de garantie.

La réponse des collectivités vient sous la forme d’une agence de financement fonctionnant sur le mode d’une mutuelle, avec un coût minimal et seulement 70 personnes employées.

L’Agence de Financement des Collectivités locales (AFCL) pourrait même faire partie de la prochaine loi de Finances, dont un article favoriserait sa création effective dès 2012.

Son accès serait réservé aux collectivités adhérentes et le niveau des prêts serait fonction de la solidité des comptes des collectivités demanderesses.

Les plus grandes collectivités feront une avance en capital, permettant l’accès au crédit des plus petites.

L’AFCL pourrait lever environ un quart des besoins de liquidités des collectivités locales en France.

Sur le plan pratique, l’AFCL serait l’unique actionnaire d’un établissement financier à créer, et agirait selon les orientations stratégiques d’un Établissement Public Local gouverné par des élus.

Sommaire du dossier de Presse de l’association d’étude pour l’AFCL

  • Communiqué de presse
  • Relevé de décisions de l’Assemblée générale du 20 septembre 2011
  • Création de l’Agence de financement des collectivités locales : pourquoi et comment ?
  • Quelques informations utiles
  • L’Agence de financement : futur partenaire du financement de l’investissement public local
  • Annexes
    1 Synthèse des résultats des enquêtes communes de l’AMF, de l’AMGVF et l’ACUF sur les difficultés d’emprunt des collectivités locales
    2 Extrait du rapport de la Cour des comptes saluant la création d’une agence de financement (13 juillet 2011)

Dossier au format pdf ici : http://www.amf.asso.fr/document/fichier.asp?FTP=AMF_10653...

Rappel des objectifs posée en 2009

eFinancialCareers.fr Une « banque » des collectivités territoriales verra le jour cette année

17 août 2009 http://actu.efinancialcareers.fr/News_ITEM/newsItemId-20135

Chargée de la gestion de la dette et de la trésorerie de l’État, l’Agence France Trésor (AFT) va aider les collectivités locales à créer leur propre agence de financement pour lancer des emprunts sur le marché obligataire.

« Elle complétera le marché bancaire traditionnel sans s’y substituer », précisent l’Association des communautés urbaines de France (Acuf) et l’Association des maires de France (AMF) dans un communiqué commun. «

Nous aimerions que cette nouvelle agence voie le jour avant la fin de l’année, confirme Olivier Landel, délégué général de l’Acuf (Le Monde.fr). Nous la voyons comme un outil de régulation, qui permettra d’assurer le financement des collectivités y compris en temps de crise. »

Cap sur les marchés obligataires

Pas question cependant de répéter les erreurs du passé.

« Les collectivités doivent garantir elles-mêmes, sur leurs fonds propres, le passif de la future agence, explique Jacques Pélissard, président de l’Association des maires de France (L’Expansion). Il n’est pas question de revenir à un système comme la CAECL, qui était gérée par la Caisse des Dépôts et qui a été supprimée en 1987 pour donner naissance au Crédit local de France. »

Objectif avoué par les initiateurs de ce projet :

  • lever 5 milliards d’euros
  • et réaliser au passage des économies de l’ordre de 500 millions par an.

Pour ce faire, il faudra aller chercher de l’argent sur les marchés obligataires pour le compte des collectivités territoriales.

« Il faudra aussi mettre en place un dispositif de notation financière des collectivités co-emprunteuses. Et surveiller notamment le ratio endettement / recettes », poursuit Jacques Pélissard.

Si à ce jour, la forme juridique n’a pas encore été définie, nul ne doute qu’elle aura rapidement besoin de faire appel à des professionnels de la banque.

A lire aussi
Commentaire(s) (1)
  • L' information brute peut paraître intéressante. Mais avec un peu d'analyse, on se demande quel est le métier premier d'une collectivité territoriale ?

  • Quelles sont les compétences requises pour évoluer au CNFPT (Centre National de la Fonction Publique Territoriale) ?

    Si à un seul instant, il vous vient comme réponse des compétences en gestion de produits obligataires et en gestion des instruments financiers, alors vous n'avez pas d'inquiétude à avoir pour la suite de l'aventure.

    Par contre s'il vous vient à l'esprit que la collectivité et la bourse vivent en constante opposition de nature, alors je vous conseille de laisser aux banquiers leurs métiers.

    De même qu'on laisse au médecin, à l'architecte ou au comptable son métier, car il a acquis au fil du temps une capitalisation et des moyens de survie qui lui octroie sa crédibilité.

    Enfin, ceci n'est qu'un commentaire d'un citoyen et non d'un décideur étatique.

    Jehu Fleuriot Mbeumo 19 Aug 2009 (Trader)

Précisions apportées par le FIGARO

Les collectivités locales auront leur banque

http://plus.lefigaro.fr/article/les-collectivites-locales...

Mots clés : Collectivités Locales, Banques, DEXIA

Par Bertille Bayart Publié le 23/09/2011 à 22:26 Réactions (7)

La nouvelle entité reprendrait le flambeau longtemps tenu par le Crédit local de France (CLF), ancêtre de Dexia, auprès des mairies, conseils généraux et autres régions françaises. (Ici, la mairie d'Issoire, dans le Puy-de-Dôme.)
La nouvelle entité reprendrait le flambeau longtemps tenu par le Crédit local de France (CLF), ancêtre de Dexia, auprès des mairies, conseils généraux et autres régions françaises. (Ici, la mairie d'Issoire, dans le Puy-de-Dôme.) Crédits photo : THIERRY ZOCCOLAN/AFP

INFO LE FIGARO - Grandes manœuvres autour de Dexia. La banque franco-belge négocie avec La Banque postale et la Caisse des dépôts la création d'une nouvelle entité destinée au financement des collectivités locales.

D'une pierre deux coups ? Des négociations intenses sont en tout cas en cours pour apporter une solution, au moins partielle, à deux problèmes simultanés : la panne de crédits que subissent les collectivités locales françaises, et la fragilité du bilan surdimensionné de la banque franco-belge Dexia.

De sources concordantes, en effet, Dexia, la Caisse des dépôts et La Banque postale travaillent, sous l'œil attentif de l'État, à la création d'une nouvelle banque, publique, des collectivités locales. Vendredi, aucune des parties concernées ne souhaitait faire de commentaires.

La nouvelle entité reprendrait le flambeau longtemps tenu par le Crédit local de France (CLF), ancêtre de Dexia, auprès des mairies, conseils généraux et autres régions françaises. Sa création serait l'occasion d'apaiser les esprits des élus, échauffés par l'explosion des intérêts sur certains emprunts «toxiques», notamment souscrits auprès de Dexia avant 2008. La nouvelle banque publique pourrait mettre en avant une politique beaucoup plus sage.

Surtout, son arrivée sur le marché permettrait de rouvrir le robinet du crédit aux collectivités locales. En pleine crise financière, Dexia et ses concurrents, comme les Caisses d'épargne, la Société générale et les banques étrangères ont largement déserté ces derniers mois ce créneau.

La Banque postale et la Caisse des dépôts détiendraient ensemble la société, Dexia pouvant en demeurer un actionnaire. Elles devraient aussi prendre le contrôle de tout ou partie du portefeuille de crédits existants de Dexia auprès des collectivités françaises (70 milliards d'euros euros environ), ainsi que de Dexia Municipal Agency : cette dernière entité assure, au moyen d'obligations foncières, le refinancement des engagements concernés chez Dexia. Un nouvel actionnariat lui apporterait d'ailleurs la solidité financière nécessaire au maintien de sa note «AAA».

Pirouette de l'histoire

Pour Dexia, l'opération pourrait être l'occasion d'alléger significativement son bilan qui totalise aujourd'hui plus de 500 milliards d'euros. Celui-ci a déjà été réduit de 15 % sur un an, grâce aux cessions d'actifs importantes réalisées au premier semestre. Mais, malgré cette cure récente, le groupe reste fragile, surtout dans le contexte actuel de défiance des marchés à l'égard des groupes financiers européens.

«L'idée est sur la table. Ses modalités sont loin d'être arrêtées», explique une source proche du dossier. Le rôle de Dexia, le volume des actifs transférés, leur qualité - s'agissant notamment des crédits qui font l'objet de litiges avec les collectivités qui y ont souscrit - sont autant d'éléments encore sur la table des négociations. Autant de critères dont dépendront ensuite les modalités financières de l'opération.

Le schéma réactive des pistes de travail explorées dès 2008-2009. À l'époque déjà, l'idée de mettre les dépôts de La Banque postale face aux crédits de Dexia (les avoirs des collectivités locales françaises sont placés au Trésor) était envisagée. L'arrivée de la CDC au capital de La Banque postale a facilité le projet. Le projet a d'ailleurs la saveur d'une sacrée pirouette de l'histoire pour la Caisse : le Crédit local de France est né d'une direction de la Caisse des dépôts, qui retrouverait donc vingt ans après une activité historique.

Mais, pour la CDC, l'enjeu est complexe : elle détient (avec la CNP) 20 % de Dexia, qu'elle a recapitalisé avec les actionnaires belges en 2008 pour voir l'action de nouveau laminée ces derniers mois. Réaliser une opération qui réduit enfin le bilan de cette banque et ses besoins de liquidité constituerait donc une avancée appréciable. C'est ce que ses promoteurs feront valoir auprès du conseil d'administration, et notamment ses représentants belges, peut-être dès mardi prochain.

Par Bertille Bayart

michele o.

Les taux d’emprunts du financement des collectivités territoriales sont de la responsabilité des élus (ils disposent de professionnels de la finance pour mener à bien de telles opérations, arrêtons de prendre les français pour des idiots) et s'ils sont incapables de faire mieux que cela, ils faut qu'ils démissionnent et rendent des comptes à la population et qu‘ils soient jugés.
Cette opération est une arnaque de plus du gouvernement sur l'épargne des français.
Autant allez placer notre épargne dans des banques coopératives (crédit coopératif notamment), !

Le 24/09/2011 à 11:47

Manuela FIGUERAS

Bravo! à présent les petits épargnants ,les petits titulaires de comptes à la Banque postale vont payer les frais de tous nos oligarques incompétents et plus encore.

Et pas un seul de nos citoyens exigera d'obtenir le droit à mettre le nez dans les comptes de toute ces collectivités locales qui nous rançonnent depuis des décennies,sans que quiconque lève le petit doigt et par dessus tout sans contrôle de la part des chambres régionales des comptes,tous nos élus se sont accaparés tous les pouvoirs et l'argent qui va avec.

Notre démocratie a vécu,les pilleurs sont dans la place et à présent ils s'attaquent aux plus pauvres ,car c'est de cela dont il s'agit,allez donc voir qui détient un compte d'épargne,qui détient un compte courant à la Banque postale,vous n'y verrez pas L.Bettencourt et encore moins l'Oréal avec les entreprises du CAC40,non,non!! on y voit les petits retraités,les petits salariés,les petits fonctionnaires,les RSA,les petits minima sociaux,les interdits bancaire pour avoir émis deux chèques sans provision dans une banque,mème les comptes de tous les organismes sociaux ont désertés la Banque postale depuis longtemps.Alors à présent les vautours vont finir les restes et ils auront tôt fait à nous mettre sur la paille une bonne fois pour toute.La situation est plus grave que ce que l'on croit.

Le 24/09/2011 à 10:25

tracy c.

Ce cynisme va achever de convaincre les français de fuir les dernieres banques françaises saines et de placer leur épargne à létranger comme les grecs

Le 24/09/2011 à 10:15

Avatarefbe

Rappels:
La dette des collectivités locales représentent 8% de la dette totale de la France.
Environ la moitié des collectivités locales est de droite. Cf. grands électeurs (élus locaux) -> Sénat de droite.
Déficit France 2010: 148 milliards.
Dette France: ~1700 milliards.
Depuis 2002, la dette a doublé.
Depuis 1974, les 3/4 de la dette sont dus aux gouvernements de droite.
http://ecointerview.files.wordpress.com/2011/09/detteloca...

Le 24/09/2011 à 10:14

Manuela FIGUERAS

Vous devez plaisanter ,je vous invite à venir faire un tour dans le grand sud ouest et si vous trouvez un élu de droite je vous paierai le champagne, sinon je vous propose de me payer mes impôts foncier et locaux qui s'élèvent à 2500 euros ,pour aucun service rendu ,ce qui s'appelle aucun: le médecin a fui et pour cause le maire PS lui assénait une taxe "professionnelle" de 10 000 euros,en plus de tous les autres impôts,tous les commerçants ont fermé boutique,les artisans idem .Notre commune de 700 habitants est endettée à hauteur de 1,8 million d'euros ,où est passé le fric? mais les affaires du maire continuent à prospérer et la Chambre des comptes ne met jamais le nez dans la gestion de cette commune ,ni d'ailleurs des autres.

Le 24/09/2011 à 12:22

lafayette

Ce qui ressort de ces tractations c'est l'endettement catastrophique des Collectivités locales qui atteint déjà 180 milliards € -en plus de la Dette de l'Etat,car elles ne sont pas confondues...!

Le principe obligatoire de l'équilibre des comptes de ces Collectivités est purement artificiel puisque cet équilibre est réalisé par l'emprunt..! On reste à la fois effrayé-et scandalisé par les dépenses dites "de fonctionnement" de ces Collectivités qui recrutent à tout va- Directeurs,des Chargés de Mission (voir les annonces toutes les semaines dans un grand quotidien du soir),les voyages "d'études" -de préference ds les DOMTOM,les "hotels" somptueux avec salles de réunion dignes de l'Elysée (pour palabrer),les brochures sur papier glaçé vantant leurs mérites,etc..etc...et les impôts locaux ( + 4 à 10% chaque année) et ce malgré une dotation de l'Etat qui atteint 91 milliards cette année et dont on ne parle jamais..!Merci pour nos petits-enfants..!

Le 24/09/2011 à 09:34

camelia 31

enfin une réaction,,,,, !!!!! et ben dit donc, ils ont du trouver autre chose pour spolier les communes!!! parce que vous allez croire que des banques vont accepter de laisser tomber un tel filon? savez vous qu avec ces prets toxiques il y a , en moyenne, presque autant d'interet que d'amortissement;;.... alors qu'il y a 20 ans les prets etaient à 2-3% à taux fixe....les banquiers ont changé les regles du jeu sans prevenir et ils sont les plus forts...... c est une des hontes de l argent des banquiers, et tout le monde laisse faire, c est une honte, n oubliez pas que c est avec nos impots locaux que nous laissons lesbanquiers nous voler nos communes. tout ça parce que nos maires - surtout quand ils débutent- sachant qu'ils font ce qu'ils veulent, n'ecoutent personne de leur entourage, surtout pas le Trésorier, et préfèrent parler avec un banquier,l'ecouter, et se laisser séduire, et voler, par ce banquier....... c est une honte cette quantité d'incapables, d'immatures , à la tete de la nation, de nos communes

Le 24/09/2011 à 09:32

mistophore

S'il y avait quelques procès publics on saurait qui a merdé et qui doit payer, les élus ou Dexia ?

Le 24/09/2011 à 09:31

rebellio

les collectivités locales n'ont que trop de pouvoir, qu'elles exercent en pratiquant un clientélisme forcené qui est la première marche de la corruption.

Leur céder la clé de la finance, sera de transformer les régions en autant de petites Grèces. Le résultat de la décentralisation, c'est de voir un César par canton. Sans Brutus. Nos édiles n'existent que parce qu'ils dépensent toujours plus, n'encourageons pas ce travers ...

Le 24/09/2011 à 09:27

cebo

Cet article est une honte pour le FIGARO: La banque Dexia est née de l'alliance en 1996 entre le Crédit Communal de Belgique (1860) et le Crédit Local de France (1987), société anonyme à caractère commercial issue de la privatisation de CAECL (Caisse d'aide à l'équipement des collectivités locales), un établissement public administratif, dont la vocation première était de répondre aux besoins des collectivités locales........et qui est responsable de tous les crédits toxiques mis en place chez les collectivités locales
Il s'agit d'un reloucage et d'un replâtrage!!!!!
Merci d'être plus sérieux

Le 24/09/2011 à 09:09

gnaaa

Il peut y avoir une énorme différence entre cette "banque locale" et Dexia : la première ne cherchera pas à rouler les municipalités dans la farine, en indexant par exemple les taux d'intérêts sur la parité euro/franc suisse sur un emprunt contracté en Poitou-Charentes, ce qui fait grimper les taux depuis des années (bon, là, ça se calme un peu avec la décision de la BCS de calquer le franc suisse sur l'Euro). Le mieux étant de faire ce qui se faisait avant 1973 : prêter avec un taux d'intérêts à zéro. Déjà comme ça, quand on paye, on rembourse vraiment, alors qu'au niveau de la dette d'Etat, on ne paye que des milliards en intérêts sans rien rembourser du tout.

Le 24/09/2011 à 08:45

simple citoy001

on veut faire payer par la CDC et la banque postale les l'incompétence de dexia et des collectivités locales, c'est simplement scandaleux.
Il faudrait normalement demander aux collectivités locales d'assainir leurs finances, de diminuer leur endettement non pas en augmentant les impôts locaux mais en cessant tout investissement inutile, en interdisant le versement de subventions aux associations, En gérant un peu mieux les OPAC, SEM ou autres organismes auxquels les collectivités versent des subventions de fonctionnement, en diminuant les employés municipaux, en renégociant tous les contrats de sous traitance........
Il faudrait une fois pour toute fixer des règles concernant l'endettement maximum des collectivités et éventuellement supprimer certains niveaux car avoir actuellement les communes, collectivités de communes, les préfectures, sous préfectures, départements, régions, etats, et par dessus tout cela l'europe, cela fait un peu trop de niveaux de responsabilité, est source d'inéfficacité, de dépenses inutiles ou redondantes.

Le 24/09/2011 à 08:40

Manuela FIGUERAS

Pour ce faire il nous faut,nous citoyens exiger d'avoir le droit et le devoir de mettre le nez dans les comptes de toutes les collectivités locales, d'exiger de la part des élus à nous demander notre avis sur les dépenses à engager, d'exiger que les comptes soient contrôlés par des cabinets d'audit extérieurs et après ce constats nous n'aurons plus besoin de ces 570 000 élus qui règnent sans partage,nous serons aptes à nous gérer sans avoir recours à tous ces oligarques incompétents et malhonnêtes.Il y va de la survie économique de notre pays et de notre démocratie.

Le 24/09/2011 à 10:34

quarantined

Seul l'UE a obliger les états et collectivités a emprunter sur les marches, auparavant celles-ci empruntaient directement a la banque de France a un taux avantageux pour le contribuable. Par ailleurs l'Allemagne a impose lors du traite de création de la monnaie unique que les emprunts d’états ce fasse sur les marches mondiaux.

Aujourd'hui vos impôts servent a payer les bonus des traders de wall street !

Le 24/09/2011 à 07:07

Avatarefbe

A l'origine: CAECL (Caisse d'aide à l'équipement des collectivités locales), un établissement public, dont la vocation était de répondre aux besoins des collectivités locales.
1987 (Chirac): CAECL privatisé -> Crédit Local de France.
1996 (Juppé): Crédit Local de France + Crédit Communal de Belgique -> Dexia.
Les années 2000: Dexia multiplie les placements et prêts toxiques.
2008: crise des subprimes. Dexia en difficulté. L'Etat injecte 3 milliards dans Dexia + garantie de l'Etat.
Exemple de prêt structuré de Dexia aux collectivités: le « Dualys optimisé ». Extrait: «Si l'écart entre le cours de change de l'euro en francs suisses et le cours de change de l'euro en dollar est strictement inférieur à 0, le taux d'intérêt est égal à 3,27% plus 25% fois la différence entre le cours de change de l'euro en dollar et le cours de change de l'euro en francs suisses »!...
Conclusion: nous avions une banque publique au service des collectivités et des citoyens. Nous avons maintenant l'Etat, les collectivités et les citoyens au service d'une banque privée.

Le 24/09/2011 à 06:01

Ipi

L'Etat ne devrait-il pas plutot arreter d'emprunter?

Le 24/09/2011 à 00:11

Avatargnaaa

L'emprunt n'a jamais été un problème. Le problème, ce sont les intérêts. Le niveau de la dette représente peu ou prou ce qu'on a raqué en intérêts seuls depuis bientôt 40 ans. Et on ne paie que ça, on ne paie que des intérêts, on ne rembourse rien du tout. Merci Pompidou, merci Giscard, d'avoir voté cette loi scélérate qui nous ruine pour le plus grand bonheur des financiers qui aujourd'hui dictent leur loi : plus aucun politicard ne peut faire quoi que ce soit sans consulter les marchés financiers. On marche sur la tête et personne ne réagit.

Le 24/09/2011 à 08:48

Christelle biarlier

Cela redonnerait de l'oxygène à l'ensemble du secteur des collectivités, ainsi qu'à Dexia totalement massacré injustement.

De plus, la banque Franco-Belge conserverait sa notation "AAA". N'oublions pas que le ratio core T1 de Dexia est l'un des meilleurs des banques européennes.

Dexia serait actionnaire du nouvel ensemble, reste à discuter des modalités...

Le 23/09/2011 à 23:43

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jeudi, 22 septembre 2011

En finir avec les emprunts toxiques “refilés” aux Collectivités locales

Revenant sur la carte de France des emprunts toxiques, http://labs.liberation.fr/maps/carte-emprunts-toxiques/, 2 articles anciens sur le sujet :

  • Mai 2011 : Le financement des collectivités locales , une histoire exemplaire de la privatisation rampante d’un service public et de sa nocivité
  • Février 2011 : En finir avec les emprunts toxiques de l’association “Acteurs Publics”

Et pour mémoire ces documents, l’un de Sciences Po, Lyon, sur l'innovation que présentait la “Gestion active de la dette des Collectivités locales” : http://doc.sciencespo-lyon.fr/Ressources/Documents/Etudia..., l’autre sur la Charte de bonne conduite proposée par le Rapport Bartolone http://quefaire.hautetfort.com/archive/2011/09/21/laquo-c..., qui montrent toute la complexité de cette science financière dont la magie transforme les dettes en actifs ou donne l’illusion d’investir alors qu’avec certains produits financiers on ne fait que jouer, non pas au Loto où il n’y a qu’un seul truand, mais au Poker où seuls les acteurs qui  savent tricher, ont l’air de s’en tirer (jusqu’à présent !).

Le financement des collectivités locales , une histoire exemplaire de la privatisation rampante d’un service public et de sa nocivité :

Extrait du blog “Les Lynx” http://leslynxs.canalblog.com/tag/Dexia

Au delà des recettes fiscales et jusqu’au début des années 1980, deux  prêteurs finançaient le développement local :

  • la Caisse des dépôts lui affectait une partie des épargnes qui lui étaient confiées, provenant de la centralisation des livrets défiscalisés et dits « fonds d’épargne » ;
  • la Caisse d’aide à l’équipement des collectivités locales (CAECL), établissement public doté du rating AAA , géré par la Caisse des dépôts (établissement public), empruntait aux meilleurs conditions sur les marchés obligataires, au bénéfice de toutes les collectivités françaises, et sans autre marge que celle visant à entretenir l’outil;

Mais la contre réforme libérale  est passé par là. Ce financement a été « banalisé », c'est-à-dire ouvert aux banques – et que la meilleure gagne !!

- D’abord, au milieu des années 1980, la Caisse des dépôts a été invitée à se retirer du financement local et à concentrer l’emploi des fonds d’épargne, en dépit de leur surabondance, au seul logement social (ce qui n'est plus le cas aujourd'hui ou l'on recommence le même scénario).

- Le gouvernement issu des élections de 1986 a« hold-upé » la CAECL, ponctionnant 2 milliards de Francs sur sa trésorerie, au motif qu’il s’agissait d’un établissement public propriété d’Etat.

Ceci fait, la CAECL a été transformée en Institution Financière Spécialisée (IFS), au statut de SA publique sous le nom de Crédit Local de France (CLF).

En octobre 1987, la loi a autorisé l’ouverture de son capital au privé  au coté de la Caisse des dépôts majoritaire.

Grâce à  la directive européenne sur la libéralisation du marché bancaire européen (1993) le CLF, sous la direction de Pierre Richard a fusionné avec Crédit communal de Belgique  banque de dépôt disposant de liquidités et d’une Banque Internationale (Luxembourg) spécialisée, quant à elle, dans la gestion d'actifs.

Le tout a pris le nom de Dexia,  société cotée en bourse , saisie par l’obsession de la « création de valeur » au travers  d’ acquisitions  à tout va.

«  Des financements d'intérêt général sont devenus subordonnés à la rentabilité des fonds propres de DEXIA » (Attac). La notation s’est dégradée quatre ou cinq ans plus tard.

Par ailleurs Dexia  a contraint des collectivités à avaler des produits « structurés » complexes, opaques, aléatoires et périodiquement révisables, transformant la gestion de la dette des régions, des départements et des villes de France en un jeu spéculatif.

La même politique a été appliquée par la Caisse nationale des caisses d’épargne et la plupart des caisses régionales .Avec la crise financière actuelle et l’évolution des taux, la « toxicité » des produits structurés et des prêts révisables apparaît venimeuse, et pour les collectivités, et pour quelques dizaines d’organismes d’HLM.

En septembre 2008, Dexia a du  être sauvée par l'Etat.

Les gouvernements belge, français et luxembourgeois ont convenu d'investir un total de 6,4 milliards d'euros, sous forme d'une augmentation de capital

A la suite de cette opération, le capital de Dexia se répartit désormais entre, côté belge, le groupe de services financiers Arcofin (13%), les communes belges (14%), la mutuelle Ethias (5%), l'Etat belge (5,7%), les régions belges (5,7%); et côté français, l'assureur CNP (1,3%) et la Caisse des dépôts et consignations (plus de 25%).

En réunissant les participations des autorités belges (Etat fédéral, régions et communes) et celles des autorités françaises, via la Caisse des dépôts et consignation, les pouvoirs publics détiennent un peu plus de 50% du capital de la banque franco-belge.

Et la boucle est bouclé. L'état capitaliste, droit dans ses bottes, après avoir pillé la CAECL, privatisé la banque des collectivités, poussé l'institution financière à entrer sur des marchés douteux avec l'argent des mêmes collectivités, elles - même, lancées dans une décentralisation (sans les transferts de charges), recapitalise la banque en faillite avec les impôts des citoyens. Ces même états libéraux, qui détiennent la majorité des action de la banque, refusent de renégocier les prêts toxiques qu'il ont eux même engendrés.

Depuis, les banques se refont, grâce à la crise et à l'Union Européenne, en empruntant à la BCE à tout petit taux et en prêtant aux états à fort taux ( L'Union Européenne interdisant tout financement direct par le Banque Centrale Europenne). 

Bref, les banques, recapitalisé, portées par le système capitaliste et ultralibéral,  prêtent l'argent des citoyens de l'Union Européenne, grâce à la Banque centrale Européenne, à des taux exorbitants aux pays qu'elles ont précipités dans la crise.

[…]

Objectif du ministère : Économie

publiée dans le JO Sénat du 10/05/1988 - page 655


-En transformant en société anonyme la caisse d'aide à l'équipement des collectivités locales (C.A.E.C.L.) et en ouvrant une partie du capital de cette société à des investisseurs, le Gouvernement a voulu conférer au crédit local de France une souplesse et une autonomie de gestion lui permettant de faire face aux exigences d'un marché de plus en plus concurrentiel. Une simple transformation de l'établissement public administratif en établissement public industriel et commercial n'aurait pas permis d'atteindre cet objectif.

Par ailleurs, la spécificité de cette institution financière spécialisée, dotée d'une mission permanente d'intérêt public, n'en a pas moins été préservée. Le secteur public demeure majoritaire dans le capital du crédit local de France et de réelles garanties ont été apportées aux collectivités locales. La présidence du conseil de surveillance est assurée par un élu local. Les élus locaux disposent, au sein de ce conseil, de quatre sièges d'administrateurs et de quatre sièges de censeurs. Les décisions les plus importantes doivent enfin être prises à la majorité qualifiée.
Les mesures, récemment mises en œuvre par le crédit local de France en matière de crédit aux petites communes, constituent l'illustration, s'il en est besoin, du caractère positif d'une
réforme visant, par la modernisation du statut de la C.A.E.C.L., à améliorer les services offerts aux emprunteurs locaux.

[…]

 

En finir avec les emprunts toxiques

http://www.acteurspublics.com/article/09-02-11/en-finir-a...

09/02/2011 Seine-Saint-Denis

Plombé par des emprunts structurés qui représentent près de 30 millions d’euros à rembourser par an, le conseil général de Seine-Saint-Denis a décidé d’attaquer trois banques avec lesquelles avaient été souscrits des contrats pour les faire annuler.

Le conseil général de Seine-Saint-Denis a décidé d’assigner en justice, le 9 février, trois banques avec lesquelles des emprunts dits toxiques ont été contractés, a annoncé son président, le socialiste Claude Bartolone, qui veut faire annuler les contrats. “Il y a le temps de la diplomatie – là, j’ai tout essayé – et celui de la guerre”, a-t-il déclaré.

Il a pour objectif de faire annuler cinq contrats passés avec les banques Depfa, Calyon et Dexia entre 1997 et 2008, quand le département était présidé par des communistes.

Au 1er janvier, la dette de la Seine-Saint-Denis s’élevait à 952,7 millions d’euros, dont 72 % d’emprunts structurés, ou "toxiques". Un pourcentage en baisse, puisqu’il s’élevait à 93 % en 2008.

La Seine-Saint-Denis a souscrit 63 emprunts toxiques, qui représentent un surcoût de 23 à 28 millions d’euros par an en moyenne jusqu’en 2036.

Les banques n’ont pas satisfait à l’obligation de mise en garde à laquelle elles sont tenues dans le domaine des opérations spéculatives”, estime Claude Bartolone. “J’ai un emprunt de 10 millions d’euros avec la banque irlando-allemande Depfa, pour lequel le taux d’intérêts est calculé en fonction de la parité euro-franc suisse, poursuit l’élu. Le taux initial, pendant trois ans, était de 1,47 % et le taux actuel est de 24,20 %, ce qui représente un surcoût de 1,5 million d’euros par an, soit presque le coût d’une crèche !”

Groupe de travail

Et le cas du conseil général de Seine-Saint-Denis n’est pas isolé.“Plusieurs centaines de collectivités vont connaître progressivement, dans les prochaines années, des situations de ce type pour des niveaux de difficulté différents”, a assuré le 2 février Maurice Vincent, le maire PS de Saint-Étienne, qui a lui-même assigné la Deutsche Bank en octobre 2009. Un contentieux qui suit son cours.

Aujourd’hui, “la prise de conscience du côté des élus n’est pas totale”, constate-t-il néanmoins. Citant des sociétés de conseil, l’élu évalue à 10 milliards d’euros le montant des emprunts structurés dangereux souscrits par les collectivités, ce qui représente un risque de pertes potentielles de 5 à 8 milliards d’euros. Pour sécuriser et gérer ces emprunts, le groupe socialiste à l’Assemblée nationale a annoncé, le 1er février, avoir mis en place un groupe de travail, animé par Claude Bartolone, sur cette question.

Xavier Sidaner

En sus de ces 2 articles, ces 2 déclarations de Jacques Cheminade :

1/03/2011 - Déclaration de Jacques Cheminade (Candidat à la présidentielle 2012)

Paris, le 1er mars 2011 — Hôpital d’Ajaccio, Société des HLM de Toulouse, ville de Saint-Étienne, communauté urbaine de Lille, incinérateur des déchets urbains de Saint-Germain-en-Laye (Sidru), commune de Ploeren (56), ville de Rouen, département de la Seine-Saint-Denis, ville de Saint-Maur-les-fossés, pompiers de l’Ain, logement social (SACVL) à Lyon, etc., pas un jour ne passe sans apporter de nouvelles révélations.

Il s’agit d’ « emprunts toxiques » vendus, pas seulement par des banques d’affaires étrangères telles que la Royal Bank of Scotland (RBS) ou la Deutsche Bank, mais par des banques usurpant la bonne réputation de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), telles que Dexia Crédit Local (dont la CDC possède 17,6%) et Natixis, assignées devant les tribunaux par un nombre croissant d’élus de collectivités locales acculées à des réductions budgétaires dramatiques, voire à la faillite.

Entre 2000 et 2008, nos banquiers affirmaient dans leur autosuffisance que, grâce à leur excellente gestion, la France était à l’abri d’une crise du type des subprimes américains, élément déclencheur de la pire crise de solvabilité bancaire mondiale depuis la Grande dépression. Cependant depuis, comme le montre un article du Monde du 17 décembre 2010, pas moins de 18 régions sur 22 ont souscrit à des emprunts toxiques, 62 départements sur 100, ainsi que des milliers de communes et de syndicats intercommunaux, 373 établissements de santé, dont 290 hôpitaux, 107 organismes d’HLM et 42 sociétés d’aménagement… D’après l’agence de notation Fitch leur volume n’est pas de 10 milliards, comme le prétend le gouvernement en se basant sur les chiffres de Dexia, mais de 30 à 35 milliards d’euros, près d’un quart du total des emprunts.

Ces « emprunts toxiques » ne sont que le reflet de tout un « système toxique » que nous proposons de bannir au plus vite avec un « Glass Steagall global », véritable banqueroute ordonnée séparant les prêts spéculatifs de ceux alimentant l’économie physique réelle.

Pour mettre en œuvre ce système nouveau dans lequel les joueurs perdants ne seront jamais renfloués et les établissements financiers redeviendront des instruments au service de l’économie, nous proposons cinq mesures formant un tout cohérent :

  1. Création d’une vraie Commission d’enquête sur la crise financière disposant d’une indépendance suffisante et de pouvoirs d’instruction et de réquisition.
  2. Interdiction de la titrisation de la dette, mesure que suggère implicitement la Commission Angelides aux Etats-Unis. Etre honnête, c’est reconnaître qu’une dette n’est pas un actif comme un autre.
  3. Moratoire sur les intérêts usuraires, remboursement du principal des emprunts toxiques des collectivités.
  4. Application des critères Glass-Steagall pour le démantèlement de Natixis et Dexia, séparant rigoureusement les activités de dépôts des activités de banque d’affaires (courtage, trading, etc.) regroupées désormais dans une entité juridiquement séparée. Le Crédit Local doit retourner dans le giron de la CDC et de l’Etat français, le Crédit Communal dans celui de l’Etat belge afin de sécuriser le financement des collectivités locales.
  5. La CDC reprendra sa mission d’origine. Par conséquent elle renoncera à toute activité spéculative. Si l’exécutif peut nommer le président de la CDC, le président de sa Commission de surveillance pourrait être désigné par un vote des deux tiers des membres du Parlement.

10/09/2011 - Fin de système: Agir ou périr / Jacques Cheminade


Fin de système: Agir ou périr / Jacques Cheminade par Solidarite_et_Progres

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mercredi, 21 septembre 2011

« CHARTE DE BONNE CONDUITE ENTRE LES ÉTABLISSEMENTS BANCAIRES ET LES COLLECTIVITÉS LOCALES » DU 7 DÉCEMBRE 2009

Annexe du Rapport BARTOLONE : http://www.assemblee-nationale.fr/13/rapports/r3464.asp#P...

À l’automne 2008, certains élus locaux ont dénoncé publiquement la présence dans leur dette de prêts qu’ils qualifiaient de toxiques. Pour mesurer l’ampleur du phénomène, le ministre de l’Intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales et celui de l’Économie, de l’industrie et de l’emploi ont organisé le 3 novembre 2008 une réunion entre les représentants des associations d’élus locaux et les principaux établissements bancaires actifs dans ce secteur.

Au terme de cette table ronde, un accord s’est fait autour d’une double proposition :

  • le traitement des cas particuliers relèverait du dialogue entre la collectivité locale et ses banquiers ;
  • pour l’avenir une Charte de bonne conduite signée par les établissements financiers qui le souhaiteraient et les représentants des élus, régirait leurs rapports mutuels à l’occasion de la mise en place de nouveaux prêts, d’opérations d’échange de taux et de leur renégociation, pour éliminer les risques excessifs que le recours à ces produits peut comporter.

La présente Charte a pour objet de formaliser les engagements respectifs des établissements bancaires et des collectivités locales qui s’accordent pour considérer que :

  • il est légitime pour une collectivité locale de développer une politique de gestion de la dette visant d’une part à profiter des évolutions qui lui sont ou seraient favorables, d’autre part à prévenir les évolutions de taux qui lui sont ou lui seraient défavorables ;
  • le recours à une Charte de bonne conduite constitue l’instrument qui permet de concilier au mieux le principe constitutionnel de libre administration des collectivités locales d’une part, et le respect des règles de concurrence entre les banques d’autre part ;
  • cette Charte est en outre à même d’assurer la complémentarité entre le recours à l’innovation financière qui a souvent permis aux collectivités locales des gains significatifs en matière d’intérêts financiers et leurs contraintes spécifiques liées à leur caractère public.

Les signataires conviennent que la présente Charte s’applique aussi bien aux nouveaux prêts et aux opérations d’échange de taux qu’à leur renégociation. Elle n’a pas d’effet rétroactif. Elle concerne les collectivités territoriales, les établissements publics de coopération intercommunale et leurs syndicats.

PREMIER ENGAGEMENT : LES ÉTABLISSEMENTS BANCAIRES RENONCENT À PROPOSER AUX COLLECTIVITÉS LOCALES TOUT PRODUIT EXPOSANT À DES RISQUES SUR LE CAPITAL ET DES PRODUITS REPOSANT SUR CERTAINS INDICES À RISQUES ÉLEVÉS.

Les collectivités locales ne peuvent prendre de risque sur le capital de leurs emprunts. Les établissements financiers signataires ne proposent pas de produits comportant un risque de change aux collectivités locales qui n’ont pas de ressources dans la devise d’exposition.

Afin de limiter les risques liés notamment à la difficulté pour les collectivités locales d’anticiper leur évolution et plus encore de s’en couvrir, les établissements bancaires signataires renoncent à proposer des produits financiers dont les taux évolueraient en fonction des index suivants :

  1. les références à des indices relatifs aux matières premières, aux marchés d’actions ou à tout autre instrument incluant des actions ;
  2. les références aux indices propriétaires non strictement adossés aux indices autorisés par la Charte, aux indices de crédits ou aux évènements de défauts d’émetteurs obligataires, ou encore à la valeur de fonds ou à la performance de fonds ;
  3. les références à la valeur relative de devises quel que soit le nombre de monnaies concerné ;
  4. les références aux indices cotés sur les places financières hors des pays membres de l’OCDE.

Ils renoncent en outre à proposer des produits présentant une première phase de bonification d’intérêt supérieure à 35 % du taux fixe équivalent ou de l’Euribor à la date de la proposition et d’une durée supérieure à 15 % de la maturité totale.

DEUXIÈME ENGAGEMENT : LES ÉTABLISSEMENTS BANCAIRES S’ENGAGENT À NE PLUS PROPOSER DE PRODUITS AVEC DES EFFETS DE STRUCTURE CUMULATIFS.

Il s’agit en particulier des produits pour lesquels le taux payé à chaque échéance est déterminé sur la base d’une incrémentation cumulative par rapport au taux de la ou des échéances précédentes (produits à effet cumulatif).

Cette caractéristique a pour conséquence pour la collectivité le paiement d’une échéance calculée sur la base d’un taux susceptible d’évoluer de manière toujours défavorable dans le temps et dont l’évolution peut difficilement être appréhendée sur la base d’un nombre limité d’observations d’index.

TROISIÈME ENGAGEMENT : LES ÉTABLISSEMENTS BANCAIRES S’ENGAGENT, DANS LEURS PROPOSITIONS AUX COLLECTIVITÉS LOCALES, À PRÉSENTER LEURS PRODUITS SELON LA CLASSIFICATION CONTENUE DANS LES TABLEAUX DES INDICES DE RISQUES CI-APRÈS.

Les produits proposés aux collectivités locales n’ont pas tous le même degré de complexité et les risques pour l’emprunteur ne sont pas de même ampleur.

Dans le souci de rendre plus transparent le dialogue avec les élus et entre l’assemblée délibérante et l’exécutif local et d’assurer la comparabilité entre les offres, les établissements bancaires s’engagent à utiliser la classification proposée des produits en fonction des risques supportés par les collectivités.

Les prêts structurés ou les opérations d’échange de taux sont classés en fonction des risques qu’ils comportent, d’une part à raison de l’indice ou des indices sous-jacents et d’autre part de la structure du produit.

Les établissements signataires ne commercialisent que des produits correspondant à la typologie suivante :

TABLEAUX DES RISQUES

 

Indices sous-jacents

   

Structures

1

Indices zone euro

 

A

Taux fixe simple.
Taux variable simple.
Échange de taux fixe contre taux variable ou inversement.
Échange de taux structuré contre taux variable ou taux fixe (sens unique).
Taux variable simple plafonné (cap) ou encadré (tunnel).

2

Indices inflation française
ou
inflation zone euro
ou
écart entre ces indices

 

B

Barrière simple. Pas d’effet de levier

3

Écarts d’indices zone euro

 

C

Option d’échange (swaption)

4

Indices hors zone euro.
Écart d’indices dont l’un est un indice hors zone euro

 

D

Multiplicateur jusqu’à 3 ;
multiplicateur jusqu’à 5 capé

5

Écart d’indices hors zone euro

 

E

Multiplicateur jusqu’à 5


QUATRIÈME ENGAGEMENT : LES ÉTABLISSEMENTS BANCAIRES RECONNAISSENT LE CARACTÈRE DE NON PROFESSIONNEL FINANCIER DE COLLECTIVITÉS LOCALES ET LE FRANÇAIS COMME LANGUE EXCLUSIVE DE DOCUMENTS ET ILS S’ENGAGENT À FOURNIR AUX COLLECTIVITÉS LOCALES :

  1. une analyse de la structure des produits et de leur fonctionnement, en mentionnant clairement les inconvénients et les risques des stratégies proposées ;
  2. une analyse rétrospective des indices sous-jacents ;
  3. une expression des conséquences en termes d’intérêts financiers payés notamment en cas de détérioration extrême des conditions de marché (« stress scenarii ») : grille de simulation du taux d’intérêt payé selon l’évolution des indices sous-jacents ;
  4. pour leur permettre de valoriser l’ensemble de leurs instruments dérivés directs ou inclus dans des produits structurés des catégories B à E, les établissements financiers fournissent gracieusement au cours du 1er trimestre de l’année la valorisation de leurs produits aux conditions de marché du 31 décembre N-1. La mise en place interviendra au plus tard pour les comptes administratifs de 2009.

CINQUIÈME ENGAGEMENT : LES COLLECTIVITÉS LOCALES S’ENGAGENT À DÉVELOPPER LA TRANSPARENCE DE DÉCISIONS CONCERNANT LEUR POLITIQUE D’EMPRUNTS ET DE GESTION DE DETTE.

Les grands axes de la politique d’emprunts et de gestion de dette seront présentés à l’assemblée délibérante par l’exécutif local afin qu’elle définisse la politique d’emprunts et de gestion de dette que l’exécutif doit mettre en œuvre.

Les collectivités locales s’engagent à utiliser la classification des produits contenue dans les tableaux des risques présentés supra. Les assemblées délibérantes pourront ainsi préciser les classes d’indices sous-jacents et de structures qu’elles autorisent leurs exécutifs à utiliser. Elles pourront si elles le souhaitent distinguer les instruments applicables à la mise en place de nouveaux prêts ou opérations d’échange de taux et ceux applicables aux renégociations ou réaménagements de positions existantes.

Elles s’engagent en outre à rendre compte de manière régulière à l’assemblée délibérante des opérations qu’elles ont menées en matière de gestion active de la dette.

SIXIÈME ENGAGEMENT : LE COLLECTIVITÉS LOCALES S’ENGAGENT À DÉVELOPPER L’INFORMATION FINANCIÈRE SUR LES PRODUITS STRUCTURÉS QU’ELLES ONT SOUSCRITS EN FOURNISSANT LES ENCOURS, LES INDICES SOUS-JACENTS ET LA STRUCTURE DES PRODUITS.

L’information relative à l’exposition de chaque collectivité locale aux produits structurés est de nature à permettre à l’assemblée délibérante de se prononcer en toute connaissance de cause.

Aussi, l’exécutif de la collectivité locale devra fournir, lors du débat budgétaire, une présentation détaillée qui rappelle les encours des produits structurés, la nature des indices sous-jacents, la structure des produits et une analyse des risques liés à ces produits.

De plus, à l’occasion de tout nouveau financement ou de toute opération de gestion active de dette, les collectivités locales s’engagent à fournir cette même présentation aux établissements bancaires qu’elles sollicitent.

*

Les établissements financiers réaffirment leur volonté d’appliquer en toute transparence les engagements contenus dans la Charte et les associations d’élus s’engagent à promouvoir le contenu et les orientations de la Charte auprès de leurs adhérents. La date d’entrée en vigueur sera le 1er janvier 2010. Au terme d’une année d’application, les signataires dresseront un bilan de son application et procèderont à une éventuelle mise à jour.

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dimanche, 03 juillet 2011

Ce que Paul Jorion disait de la Chine dès 2009

Se positionner dans la discussion vers la 32e minute :


Paul Jorion - Parlons Net - France Info - 5 Juin... par PaulJorion

En prime, à la suite, une analyse sans complaisance, des limites de la politique Obama.

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mardi, 21 juin 2011

Paul JORION « Vers une crise majeure de l’éclatement de la zone euro»

Il fait partie des rares personnes dans l e monde à avoir prédit la crise d e 2008. Paul Jorion porte aujourd’hui un regard sombre sur l’avenir de l’économie mondiale. Interrogé sur Solvabilité 2, il se montre sceptique sur l’impact de cette règle prudentielle

http://www.argusdelassurance.com/interview/vers-une-crise...
http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/ITW-Pau...

Pensez-vous que la crise financière commencée en 2008 est terminée ?

Non, elle n’est pas finie. Début 2009, les  finances mondiales ont plus ou moins réussi  à se stabiliser, mais, en arrière-plan, leurs structures continuent de se fragiliser. Les États se sont mis en garantie pour le secteur bancaire il y a trois ans. Résultat, aujourd’hui, ils sont endettés. Nous sommes donc sur les rails d’une crise majeure de l’éclatement de la zone euro.

Quand la crise des « subprimes » a éclaté aux États-Unis en 2007, n’y a-t-il pas eu confusion entre l’assurance et la titrisation, l’opération financière par laquelle une banque revend ses créances sur des marchés spécialisés ?

Oui, tout à fait. La sinistralité n’est pourtant pas la même entre l’assurance et la titrisation. D’un côté, les sinistres sont rares et indépendants. De l’autre côté, ils sont groupés et le risque est systémique. En plus, la base de  l ’ assurance  est provisionnée ,  contrairement à celle de la titrisation. En conséquence ,  quand  certains  Américains  ont commencé à ne plus pouvoir payer  leur crédit hypothécaire, l’effet domino n’a pas pu être évité. La crise a touché rapidement tout le monde et en même temps.

À vos yeux, Alan Greenspan, l’ancien président de la Réserve fédérale américaine, a-t-il une responsabilité dans la crise financière ?

Oui, sans aucun doute, dans la mesure où les meilleures recherches sur ce qui était en train de se passer dans le monde étaient faites par son équipe. Il avait accès à l’information.

À vous écouter, nous serions au début d’une nouvelle crise…

Depuis trois ans déjà, on prédit qu’il y aura aux États-Unis une crise majeure dans le crédit immobilier commercial en 2012. C’est l’année où les prêts revolving arriveront à échéance. Ces crédits renouvelables ont des clauses précisant que la reconduction n’aura pas lieu en cas de dépréciation majeure. C’est aujourd’hui le cas. Du coup, la plupart de ces crédits ne seront pas reconduits, et les emprunteurs vont se trouver dans l’incapacité de les rembourser.

Cette crise sera-t-elle encore plus dévastatrice que la précédente ?

La crise du crédit immobilier sera du même ordre de grandeur que celle des subprimes. Ce n’est pas grand-chose, mais comme cela viendra s’ajouter au déficit américain… Or, 48 États sur 50 sont déjà en situation d’insolvabilité.

Pensez-vous qu’il puisse y avoir bientôt une crise de la dette souveraine ?

Il y en a déjà une ! Depuis un an, les pays membres de l’Union européenne soutiennent à bout de bras la Grèce, l’Irlande et le Portugal. Ce sera bientôt le tour de l’Espagne. Nous sommes donc dans une situation extrêmement instable, où la zone euro est menacée. Au début de cette crise de la dette souveraine en Occident, le FMI venait au chevet d’une Europe endettée, quand la Chine et le Japon volaient au même moment au secours des États-Unis. Le changement de président au FMI et la catastrophe naturelle survenue au Japon vont changer la donne.

La Chine ne peut-elle pas servir de stabilisateur ?

De 2000 à 2006, la Chine a constitué une véritable tirelire en vendant des produits aux États-Unis. Pourtant, elle dépend toujours autant de l’Occident. Du coup, elle essuie également les contrecoups de la crise financière, car ses exportations chutent. Si l’Occident ne peut plus acheter ses produits , elle ne pourra pas soutenir indéfiniment l’économie mondiale.

Les pays émergents, comme le Brésil ou l’Inde, sont-ils un Eldorado pour les entreprises occidentales ?

Tous les fonds disponibles en Europe qui ne peuvent être investis dans du développement industriel local vont se placer sur ces marchés. Ce n’est pas une solution, car, en essayant d’aller faire de l’argent là-bas, l’Occident risque de capter toute la richesse qui est en train de se créer dans ces pays pour renflouer sa dette, sans pour autant y arriver. Finalement, à travers ces opérations, le Brésil et la Chine craignent eux-mêmes d’être mis en difficulté, puisque ce qu’ils produisent serait complètement drainé.

Que pensez-vous des outils de régulation proposés au G20 ?

La décision la plus importante concerne le mécanisme européen de stabilité financière. Seul problème : il ne sera créé qu’en 2013. Cela ne constitue donc pas une solution à court terme, car la crise qui se dessine dans la zone euro peut survenir dans quelques semaines.

On parle beaucoup, en ce moment, de Solvabilité 2. D’après-vous, cette directive européenne protège-t-elle ou pénalise-t-elle les assureurs européens ?

Elle les protège, mais je pose la question : l’analyse est-elle faite de manière à les protéger vraiment ? Si cette réforme règlementaire du monde de l’assurance ne peut pas remplir sa fonction le moment venue, elle ne sert finalement pas à grand-chose… Concernant les assureurs qui accusent Solvabilité 2 de les pénaliser, ils voudraient pouvoir investir – à tort – dans des produits à plus haut rendement, qui les mettraient dans des situations plus faciles.

Les produits structurés et les bonus des « traders » reviennent sur le devant de la scène. L’économie mondiale n’a-t-elle pas appris de ses erreurs passées ?

L’économie mondiale a tiré quelques leçons de la précédente crise. Les produits structurés, notamment, sont moins risqués que ceux d’hier. Ce ne sont pas non plus les mêmes volumes.

Finalement, quelle est votre solution pour sortir de la crise ?

Il faudrait penser à une refondation du capitalisme. Le système que je propose, c’est celui de Keynes en 1944, un nouvel ordre financier et monétaire mondial, équilibré entre zones économiques, avec une grande chambre de compensation pour l’ensemble des échanges internationaux. Un système dans lequel nous n’aurions pas à compter autant sur le crédit.

Propos recueillis par Jean-Philippe Dubosc et Nicolas Thouet

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dimanche, 05 juin 2011

Jean- Michel BILLAUT : Éloge du très haut débit

La France peut devenir le pivot de l'économie numérique mondiale ! n°2

Qu'amènerait une stratégie "sarkofibre", annoncée ubi et orbi comme Sarkozy saurait le faire ?

Voir mon post de dimanche dernier : la France pourrait devenir le pivot de l'économie numérique mondiale. Ce dernier a entraîné pas mal de discussions à la fois sur mon blog, et sur mon wall Facebook (et même sur Twitter..)... La plupart des commentaires sont positifs - heureusement ! -. Mais il y a quelques irréductibles gaulois qui trouvent que fibrer la France est une ineptie. Certains pensent toutefois que dans les villes.. ? Mais dans les campagnes !... Les bouseux, dont je fais partie, n'ont nul besoin de cela, disent-ils.. Et vous ne vous rendez pas compte du coût ? ..  A mon humble avis, ce sont les rats des champs qui en ont en le plus besoin, avec le recul des services publics qui va s'accentuer, là où il y a moins de monde... Remarquez qu'avant guerre, il y avait des zigotos qui ne voulaient pas de l'électricité, ni de gares de chemin de fer dans leur ville ... On ne se refait pas... Depuis Vercingétorix, y'a ceux qui sont contre ce qui est pour, et vice versa...

Mais revenons à nos moutons... Financement et création d'emplois du sarkofibre...

Comment kon finance le "Sarkofibre" ?

Une idée que vous trouverez certainement saugrenue, mais qui à mon avis demande à être fouillée..Si l'on remplace dans les fourreaux de France Telecom et sur ses 15 millions de poteaux, comme notre aimable autorité de tutelle vient de l'autoriser, si l'on remplace donc les fils de cuivre par des fibres optiques, aura-t-on encore besoin du cuivre ? A mon avis, pas besoin de 2 réseaux. Un seul suffit... Donc on peut retirer le cuivre, vu qu'avec la fibre on peut faire beaucoup mieux en matière de débit, et donc de services ... Et que va-t-on faire de ce cuivre ? Le jettera-t-on à la poubelle ? Que nenni...

Il y a environ 35 millions de lignes de cuivre en France, à la louche... Une ligne (une paire) a en moyenne en France une longueur de 2,5 à 3 kms entre le Noeud de Raccordement d'abonnés (NRA - 13.000 NRA environ sur le territoire) et l'abonné, en passant par le Sous-Répartiteur (SR - 130.000 environ, soit une dizaine de SR par NRA).

Pour la simplicité de la chose, supposons qu'un km de fil de cuivre de la ligne (la paire donc) - hors sa gaine - pèse 1 kg. Là aussi ne nous compliquons pas la vie... Car il y a plusieurs sections de fil de cuivre dans le réseau (du 4/10e, du 6/10e, du 8/10e). Et 2 fils de cuivre par ligne. A mon avis on ne doit pas être trop loin de la vérité avec cette hypothèse, probablement même en-dessous...

Les puristes, naturellement pourront nous faire un calcul plus exact. Merci en tout cas à David El Fassy d'Altitude Infrastructure, et à ceux, notamment Sébastien Massabuau, qui ont réfléchi au problème sur mon wall Facebook...

35 millions de lignes, 2,5 km par ligne, 1 kilo par km. Ce qui fait 87,5 millions de kms, et donc 87.500 tonnes de cuivre qui sont enfouis dans nos sous-sols, ou qui servent de perchoir aux hirondelles dans nos campagnes.. (merci de vérifier mes calculs.. n'ayant pas fait de Grandes Ecoles Gauloises, il arrive souvent que je me gourre).

Le cours du cuivre varie ces derniers jours autour de 7.000 € la tonne.

Soit une valeur estimée d'un peu plus d'un demi-milliard d'€ (612,5 millions). Certes, ce cours peut évoluer à la baisse, mais aussi à la hausse... Il est d'ailleurs en progression constante depuis 10 ans. Il peut donc encore augmenter vu les besoins de l'industrie dans les pays émergeants notamment. Le métal rouge est en effet très utilisé dans un grand nombre de secteurs d'activité, et sa demande est ultra-sensible à l'évolution de la conjoncture. Certains économistes l'utilisent d'ailleurs comme indicateur avancé de l'évolution conjoncturelle à venir..

Ce qui fait beaucoup de sous... Mais pas suffisant pour financer le fibrage du pays que j'estime en ce qui me concerne dans le cadre d'un "Sarkofibre" à 20 milliards d'€, peut-être moins.. L'Idate (des gens qui savent) avait fixé la chose il y a 3 ou 4 ans, à 45 milliards et encore pour une partie seulement du territoire.. L'Arcep elle, plus récemment estime que la chose ne dépasserait pas 25 à 30 milliards... Tout cela montre qu'il n'y a pas eu de réflexions sérieuses... On s'est enfumé avec des tas d'études diverses, des colloques avec des Ministres, des conférences avec des consultants spécialisés, etc...

Ce trésor rouge ne pourrait-il pas amorcer la pompe du sarkofibre, avec une mécanique financière ad hoc ? Coopérative locale de télécoms (voir mon précédent post), prêts bancaires, hypothèque sur le cuivre enfoui et pendouillant en l'air...

Pourquoi France Télécom, assis sur ce beau demi-millard d'euros, n'hypothèque-t-il pas ce trésor pour commencer à fibrer en grand le pays ? Avec un 1/2 milliard en hypothèque, il pourrait obenir un prêt d'un consortium bancaires d'une dizaine de millards. Compte tenu des arguties diverses autant que variées dans ce pays, France Telecom serait-il libre d'hypothéquer son trésor de guerre ? Qu'en pense les bons esprits ?

Mais au fait, tout ce cuivre appartient-il vraiment à France Telecom ? Peut-être faut-il distinguer le fourreau, de la ligne que l'on glisse dans le fourreau ? A qui appartiennent les fourreaux (et les poteaux) et à qui appartient le cuivre ?

Jospin 1er, notre bon roi, a obéi à son suzerain Bruque Xel XII... Qui voulait, allez savoir pourquoi, démonopoliser les infrastructures publiques. Il a démonopolise le réseau (fourreau-ligne-NRA..) ET les services rendus par France Telecom sur le dit réseau.. Et dire que chez nous c'est un Gouvernement de Gauche qui a fait cela..On croit rêver... Pas étonnant que la Droite s'en fout..

A part cela, si j'étais France Télécom, je ferais un test de ripage cuivre vers fibre... à Villiers-le-Mahieu (c'est là où j'habite - il paraîtrait que l'on y a volé le réseau téléphonique..).. En proposant aux 220 habitants la solution... En étudiant convenablement la chose, les travaux pourraient se faire en un mois... Bref, Villiers le Mahieu pourrait rester dans l'Histoire des Gaulois comme le nouveau Vélizy (pour les plus jeunes d'entre nous, je rappelle qu'en 1982 la DGT - l'ancien nom de France Telecom - avait testé le vidéotex dans cette petite ville de l'Ouest Parisien...).

Les grincheux me feront remarquer avec raison que la fibre a aussi un coût... Les spécialistes me disent que le km de fibre coûte moins de 1 €...

Bref, on peut mettre en place un "sarkofibre" si l'on veut... Le tout est de savoir si on le veut ...  Mais continuons si vous le voulez bien nos élucubrations dominicales...

Combien d'emplois kon créerait pour mettre en oeuvre le sarkofibre ?

Remplacer tout le cuivre par de la fibre sur 5 ans (c'est l'hypothèse de départ : voir mon post de la semaine dernière) ne va pas se faire par une opération du Saint Esprit... Il faudra former des "agents". 35 millions de lignes cuivre à remplacer par de la fibre... Reprenons si vous le voulez bien nos calculs idiots... Supposons que pour remplacer une seule ligne cuivre par une ligne fibre il faille 5 jours ouvrés à un "agent"... Il faudrait donc à cet agent 175 millions de jours ouvrés pour fibrer le pays. Quelque chose comme 795.000 ans, ce qui est pour l'instant incompatible avec l'OS biologique des Homo Sapiens, fût-il "agent de France Telecom".. Comme notre Président est un homme pressé, et veut voir son oeuvre avant la fin de son (2ème ?) mandat pour partir le coeur léger "en dolce vita", il nous faudrait environ 200.000 agents pour fibrer le territoire en 5 ans... N'hésitez pas naturellement à refaire les calculs avec vos hypothèses.. Ou me dire où je me suis trompé...

Naturellement il faut ajouter à cela, les emplois créés chez Acome, qui est le seul fabricant français de fibres qui nous reste.. Là, je suis un peu sec... Je ne sais pas trop combien de personnes qualifiées il faudrait pour fabriquer en 5 ans 35 millions de kilomètres fibres.. Voir plus, car certains veulent amener 4 fibres au logement du gaulois qui vit dans une mégapole... On se demande bien pourquoi.. Gabegie de la main invisible chére à notre Adam Smith ?

N'oublions pas non plus les emplois à créer pour fabriquer le hardware nécessaire (routeurs, etc) ... Certes, ces matos sont généralement fabriqués ailleurs... Mais notre Président, qui a tout compris, pourraient inciter les grands fournisseurs de matériels à les faire fabriquer en France..  Même si le coût salarial est plus élevé... On se souviendra que dans les temps anciens, Jean Louis Gassée, alors Directeur d'Apple France, avait organisé une réunion avec Steve Jobs et le grand chambellan mitterandien Fabius. Cela dans le cadre du Plan Informatique pour Tous.. Steve avait accepté d'installer une usine de fabrication de Mac en France, si le Mac était retenu dans ce Plan... On sait ce qu'il en est advenu.. L'intelligenstia gauloise a rué dans les brancards pour bouter Steve hors de France... Et on a fait le TO7... Mais Sarkozy est un type intelligent... Il ne va pas faire la même erreur...

Et alors, qu'est ce kon fait avec tout ce bazar ?

La première chose que notre Président pourrait faire lors de son discours inaugural devant les télés du monde entier, serait d'inciter toutes les entreprises mondiales ayant intérêt au trés haut débit pour leur business, de venir s'installer en France. Puisque nous serions le premier pays au Monde à le faire avec une stratégie très volontariste.. Nos braves têtes d'oeuf pourraient même concocter diverses mesures incitatives...Certes, certains pays asiatiques sont en train de se fibrer mais plutôt à petite vitesse. De plus, comme ils n'ont pas la même culture, on peut penser que les applications trés haut débit qu'ils pourraient mettre en oeuvre ne sortiraient pas de leur pays...

Et en France aussi, malgré ce que notre élite 1.0 pourrait croire, on pourrait nous-mêmes faire des choses tout a fait intéressantes... Vu que nos "digital natives" n'ont rien à envier à ceux d'ailleurs... Je les vois chaque jour devant ma webcam... Ils sont en train, consciemment ou non, d'adapter notre système économique sur la plateforme Internet... Ils sont en train de réformer la France... De fabriquer la France 2.0.

Comment et que pourrions nous faire dans ce cadre ?

A Dimanche prochain pour la suite de notre grand feuileton du sarkofibre... "La France doit devenir le pivot de l'économie nuémérique mondiale..." n°3...

PS... On a cru comprendre cette semaine qu'il y avait quelques réunions secrètes entre notre France Telecom et Google... L'objectif semble-t-il étant de réfléchir à la mise en oeuvre d'un réseau Internet à 2 vitesses, voire plus ... Mais si nous avions un réseau de télécommunications à 1G symétrique, aurions-nous besoin d'un réseau à 2 vitesses ? Par ailleurs, une alliance France Telecom et Google ne serait qu'un marché de dupe. Google va ouvrir le 1G gratuit à Kansas City... A mon avis, pour se faire la main à la fois sur la technique de mise en oeuvre, et à la fois sur les applications.. Et quand cela sera fait, Google sera tout a fait capable de fibrer les USA. Pour commencer.. Propriétaire d'un réseau à TRES haut débit, propriétaires d'applications nécessitant des tuyaux à fort débit (rien qu'avec youtube aujourd'hui...), out les opérateurs 1.0 ???

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mercredi, 01 juin 2011

Comment la FED et la BCE sont en faillite par Pierre Sarton du Jonchay

Blog de Paul Jorion :

“… toutes les autorités monétaires des grandes monnaies sont attaquées par des opérateurs financiers off shore. Le shadow banking permet sans limite de jouer les systèmes juridiques et les régulations zonales les uns contre les autres. La volatilité des changes, des prix et du crédit qui en résulte fait monter les primes de risque au gré des positions spéculatives ; positions auto-réalisatrices grâce à l’opacité de la libre circulation internationale des capitaux. {…]. Les banques centrales sont confinées dans leur zone juridique et dépendent du système bancaire qu’elles régulent pour mesurer les réalités économiques dans leur périmètre de compétence.

L’asymétrie de pouvoir entre des acteurs mondialisés, polyvalents et dissimulés dans les paradis fiscaux est radicale par rapport aux banques centrales. En l’absence de confrontation transparente d’une offre et d’une demande mondiale sur les matières premières, les crédits internationaux et les primes de risque, les acteurs multinationaux en savent toujours plus et plus rapidement que les banques centrales. Comme il faut bien assurer la liquidité des monnaies de réserve et éviter la thrombose monétaire dans l’économie réelle, les banquiers centraux sont submergés d’actifs surévalués en contrepartie de leurs allocations de liquidité.”

La suite : http://www.pauljorion.com/blog/?p=25011

mardi, 03 mai 2011

Agences de notation et responsabilité des banques centrales

L’éclairage apporté par cet article sur le rôle des agences de notation, permet de mesurer une fois de plus le manque de rigueur des politiques pour une gestion vertueuse des finances publiques : “Les agences de notation ont vocation à faire des analyses de risques pour le compte des investisseurs. Ceux-ci contraignent de facto les émetteurs à soumettre leurs dettes aux agences mais la notation garde, à ce stade, un statut conventionnel, de nature privée. Le système dérape lorsque les autorités publiques s’y réfèrent pour mener leurs politiques ".
On s’aperçoit aussi que curieusement les responsables chinois raisonne de façon bien plus réaliste ! Les 2 articles suivants qui reprennent 2 interviews de Paul JORION données à iFINANCE, confirment ce qui est à peine  évoqué dans l’article de RES PUBLICA.

Fondation RES PUBLICA - Le rôle extravagant des agences de notation: une responsabilité des banques centrales

Par Dominique Garabiol, membre du conseil scientifique de la Fondation Res Publica.
Les agences de notation prennent des décisions spectaculaires qui sont éminemment subjectives et contestables.
Au lieu de tenter d’encadrer l’activité des agences par des « régulations comportementales », les banquiers centraux et les régulateurs bancaires devraient arrêter d’y soumettre leur politique monétaire ou prudentielle.

La mise sous surveillance négative des 15 000 milliards de dollars de dette fédérale des Etats-Unis par l’agence de notation Standard & Poor’s le 18 avril 2011, a très peu de chance d’être suivie d’une dégradation effective. Cette décision a néanmoins suscité une émotion à la hauteur de l’influence des agences de notation. Les banquiers centraux mondiaux se sont empressés de clamer leur confiance dans l’Etat fédéral.

La motivation de la mise sous surveillance du AAA américain repose sur l’incertitude d’un accord politique entre le Congrès et la Maison Blanche sur un plan de redressement budgétaire dont le déficit atteint 10,8 % du PIB, le niveau de l’Irlande, tandis que le niveau de la dette totale devrait atteindre le seuil de 100 % de PIB en 2012.

On observera que l’explosion du déficit américain est surtout le résultat des plans de sauvetage consécutifs à la crise financière provoquée par toute une série d’opérations (subprimes, CDO, LBO…) qui avaient bénéficié des meilleures notations des agences de notation. En bref, l’agence sanctionne les conséquences de ses propres erreurs !

L’agence de notation se donne aussi la posture d’un juge impartial de la dette américaine alors que, ce faisant, elle restreint artificiellement le champ des incertitudes au débat politique présent et minimise l’importance structurelle des déséquilibres financiers américains. La prédominance des agences américaines prend ici tout son sens.

A l’opposé, une agence de notation a été créée en Chine en 2010, Dagong Credit Rating. Elle avait octroyé aux Etats-Unis un AA en juillet et l’avait dégradé à A+ en novembre 2010. L’agence chinoise prend en compte la capacité de remboursement de la dette et non celle de renouveler la dette par de nouvelles émissions de bons de Trésor ou d’obligations.

La dégradation de novembre dernier était justifiée par le « très fort recul de l’intention de l’Etat fédéral de s’acquitter de sa dette » mais aussi par le nouveau programme de 600 milliards de dollars de rachat de bons du Trésor par la Fed. La conclusion était que « la dépréciation du dollar choisie par l’Etat américain indique que la solvabilité de celui-ci est au bord du gouffre et qu’il souhaite par conséquent diminuer sa dette par une dévaluation conformément à la volonté nationale ». Ce commentaire justifierait d’octroyer aux Etats-Unis une notation de valeur spéculative, c’est-à-dire BB+ au mieux, ce que s’abstient de faire Dagong.

Les notations sont donc éminemment subjectives et les agences de notation sont soumises à de multiples conflits d’intérêts, la survie de leurs clients n’étant pas le moindre. On se rappelle à l’automne 2001, des interventions, heureusement vaines, de Dick Cheney, alors Vice-Président des Etats-Unis, pour faire différer la dégradation d’Enron à quelques jours de la révélation du plus grand scandale comptable de l’Histoire.

Les décisions des agences sont toujours discutables, soit prématurées, soit trop tardives.

Pour éluder les aspects systémiques des déséquilibres financiers, on y répond par des
« régulations comportementales » :

  • limitation des situations de conflit d’intérêts,
  • obligation de documentation des méthodes,
  • enregistrement et supervision par des autorités administratives.

En réalité, l’anomalie vient du poids exorbitant de leurs décisions de notation.

Les agences de notation ont vocation à faire des analyses de risques pour le compte des investisseurs.

Ceux-ci contraignent de facto les émetteurs à soumettre leurs dettes aux agences mais la notation garde, à ce stade, un statut conventionnel, de nature privée.

Le système dérape lorsque les autorités publiques s’y réfèrent pour mener leurs politiques.

Pour les opérations de refinancement du système bancaire, les banques centrales n’effectuent plus d’analyse de risques en propre mais se réfèrent à la notation des actifs refinancés (quitte à assouplir les notations de référence, comme la BCE dans le cas des pays périphériques).

Les normes prudentielles applicables aux banques (dites « Bâle II ou III») déterminent aussi le montant des fonds propres ou des contraintes de liquidité en fonction des niveaux de notation, même si les plus grandes banques se réfèrent aussi à leurs notations internes.

Ainsi, c’est non seulement le canal des financements de marché que les agences de notation qui influencent mais aussi le canal du crédit bancaire, ce qui donne une importance systémique à leurs décisions.

L’extension de leur rôle est le résultat d’une décision complètement discrétionnaire des banques centrales et des régulateurs.

Les agences de notation sont des agents privés et un agent privé ne peut assumer de politiques publiques.

Fatalement, le poids que leur donnent les banques centrales ou les régulateurs bancaires vient polluer les décisions de notation et leur donne une teinte politique insupportable pour les Etats, les citoyens et les agences elles-mêmes.

La priorité pour assainir la situation et pour restaurer l’intégrité des politiques publiques serait de distinguer les instruments des politiques monétaires ou prudentielles des instruments conventionnels utilisés par les investisseurs privés.

En bref, que les banques centrales ou les régulateurs bancaires soient autonomes et rompent leur dépendance aux agences de notation.

Fondation Res Publica I Mardi 3 Mai 2011 I | Lu 70 fois

VOIR AUSSI : AGENCES DE NOTATION, ETATS-UNIS, FINANCE

iFinance - Interview Paul JORION : Bâle 3 et la règlementation financière

Dans le cadre du développement de cette nouvelle rubrique dédiée aux experts de l'économie et de la finance, j'ai eu l'extrême honneur de m'entretenir avec Paul JORION (pour celles et ceux qui ne connaitraient pas ce grand monsieur qui a prédit la crise des subprimes, cliquez ici). L'occasion d'échanger sur de nombreux sujets, de Bâle 3 à la crise de la dette souveraine en passant par les agences de notation financière. Du fait du contenu conséquent de cette interview, celle-ci sera publiée en 2 parties.


Bâle 3 occupe énormément l’actualité financière. Certains y voient une réforme de circonstance au regard de la crise financière que l’on a traversée. Est-ce à dire qu’il ne s’agit là que d’une réforme a posteriori, une réforme déjà insuffisante ?

Concernant Bâle 3, la question est celle des réserves. Le problème est qu’elles sont calculées par rapport à des situations historiques. Des situations de stress, de worst case scenario par rapport auxquels on se situe. Malheureusement, et comme le mentionne mon homonyme Philippe JORION, spécialiste sur la VaR (Value at Risk), c’est une technique maintenant tout à fait dévalorisée : on s’est rendu compte que lorsque les choses vont mal, elles ne vont en général pas mal de la même manière qu’avant. Il existe toujours une certaine "originalité". Si l’on compare la crise de 2007-2008 avec celle de 1929, il y a bien évidemment des ressemblances mais aussi de très grandes différences. On a attiré l’attention sur le fait qu’on utilise souvent les mauvaises distributions statistiques. Les interactions humaines font que celles relatives aux conséquences de leurs comportements varient. Il n’existe aucune stabilité car nous apprenons, car nous sommes des êtres intelligents. D’où la possibilité de nous adapter à des situations connues, mais celle aussi de méjuger dans un contexte nouveau.

Dans la perspective de Bâle, les pertes que les banques peuvent essuyer sont de tel ou tel ordre, sur tel ou tel type de produit, les provisions de telle ou telle somme. Les Chinois les voient de manière différente : ils les font varier de semaine en semaine, en fonction de la réalité. C’est une approche qui ne se base pas sur une période de 10 ans révisable mais sur la base d’indicateurs concrets (inflation, montants distribués sous forme de prêts par les entreprises, etc.) qui font baisser ou monter les réserves des banques. C’est une approche totalement différente et dont il est fort possible que nous nous rapprochions. En effet, seule la Chine arrive à s’adapter aux nouvelles circonstances car elle est en mesure de réagir très rapidement.

La solution serait donc de conjuguer les 2 modèles : une vision historique, à l’occidentale, et une vision pro-active, pragmatique à la chinoise ?

Oui mais le rapport de force entre régulateur et banques est tout à fait défavorable au régulateur. Par conséquent, lors de négociations, c’est le moins-disant que le remporte.

Le rapport de force est différent en Chine où il n’y a pas de discussion possible : des technocrates planificateurs analysent les situations dans l’urgence et dictent leurs décisions. Les banques protestent peut-être mais cela n’a manifestement aucun effet, au contraire de chez nous où les banques signalent ce qui les arrange : "le niveau de provisionnement qui n’impactera pas négativement la reprise", comme elles l’expriment plaisamment.

On a effectivement pu voir que les origines de Bâle 3 se révèlent bien plus contraignantes. Ce qui amène certains économistes à exiger la mise en place d’un pilier 4 instaurant un caractère contraignant à la réforme, voire même une portée internationale.

Absolument, mais pour cela il faudrait que le rapport de force entre l’Etat et la finance se modifie. Nous envisageons toujours les choses dans un cadre international : nous avons tendance à dire "nous ne le faisons pas car nos voisins ne le feront pas de toute manière". Contrairement à la Chine qui détermine sa politique indépendamment des décisions prises ailleurs dans le monde.

De manière plus générale, on a effectivement pu voir naitre un phénomène de règlementation à outrance (bonus, secret bancaire, ventes à découvert…). Quel est votre sentiment, du point de vue de l’anthropologue que vous êtes, au regard des comportements humains.

Il ne faut pas confondre la quantité et la qualité de la règlementation. La quantité ne manque pas, contrairement à la qualité. Il serait bon de s’attacher à des principes très simples qui pourraient arranger les choses. Par exemple interdire les paris sur les fluctuations de prix. C’est très simple, on peut écrire ça sur une simple page. Or, dans la règlementation actuelle, on ne s’attache pas à des principes généraux, on s’intéresse à des aspects tout à fait particuliers. Au lieu de considérer les choses de manière simple et globale, et faire descendre les conséquences d’un principe général comme dans une Constitution, on entre dans les détails. J’en prends pour exemple le Dodd-Frank Act aux Etats-Unis et ses quelques 2 500 pages. On entre tellement dans les détails que les possibilités de contourner cette règlementation sont infinies.

Il y a une impuissance de la part du régulateur qui rédige des textes interminables. Mais il y a aussi une mauvaise foi de la part des régulés qui pointent du doigt cette régulation sans fin pour affirmer qu’elle est excessive, alors même qu’elle ne modifie peut-être rien d’important. Il faudrait déterminer un certain nombre d’articles simples qui apporteraient un changement radical.

Mais le législateur n’étant pas un expert financier, ne se contente-t-il pas en définitive de se reposer à la fois sur des experts et des textes à outrance ?

En effet, il se contente de signer les textes que les lobbies ont écrits. Textes qui ont été écrit sinon à l’intérieur des banques, au moins sous la dictée de banquiers. Mais pour tout ce qui touche aux banques centrales, c’est sous le prétexte d’indépendance que l’on a enlevé le pouvoir aux politiques d’intervenir. Cela joue d’une manière assez générale dans le cadre de la finance. D’autre part, les diverses politiques permettent de maintenir une certaine consanguinité (système du "revolving door" en américain) : passer de haut fonctionnaire à la tête d’une grande banque et inversement est possible, il n’existe aucune muraille de Chine. La même culture circule. Ce sont les mêmes personnes qui prennent une fois les décisions à la tête des banques et une autre fois à la tête des administrations.


iFinance - Interview Paul JORION : dette, banques et agences de notation

Autre sujet d’actualité : la crise de la dette souveraine. On a pu voir l’ensemble des "PIGS" (1), le Portugal étant le dernier en date, demander l’aide de l’Union Européenne. Selon vous, quelles sont les issues possibles (on parle de défauts de paiement de certains pays) et les solutions envisageables afin de gérer au mieux cette crise ?

Depuis 2008, on n’a pas reconnu les pertes car on sait qu’une partie trop considérable du secteur bancaire serait en défaut de paiement / insolvabilité. Il arrivera un jour où il faudra restructurer la dette du Portugal, ce qui fera tomber l’Espagne, puis l’Allemagne, puis la France et ainsi de suite. On ne le fait pas car l’on est en ce moment dans un processus dit de surfusion : on arrive à faire baisser la température sans que l’eau gèle car on se maintient dans un environnement tout à fait protégé. C’est un processus critique néanmoins : la situation n’est que temporaire, il arrivera un moment où il faudra reconnaître les pertes. Pour l’heure on ne le souhaite pas car depuis le début de la crise, on s’est arrangé pour que le secteur bancaire ne reconnaisse aucune des pertes réellement subies.

Nous sommes toujours dans une phase de déni. Nous n’avons toujours pas tenu compte du fait que le système s’est entièrement fragilisé car il repose trop sur le crédit et pas assez sur les revenus (revenus essentiellement issus du salaire).

Pour en revenir aux banques justement, quelle est la situation actuelle des banques européennes face à leurs consœurs ?

Il y a deux types de banques dans le monde : les banques américaines et les autres. En effet, le dollar américain fonctionne encore comme monnaie de référence mondiale, les USA peuvent donc continuer d’user de la planche à billet. Ils peuvent ainsi exporter leurs problèmes financiers à l’étranger, même si cela ne durera pas indéfiniment. Leur dette augmente continuellement, à tel point qu’elle atteindra le mois prochain le seuil critique déterminé par le législateur. On haussera le plafond actuel mais il faudra bien reconnaître un jour la banqueroute des Etats-Unis, et ce d’autant plus que l’emploi ne repart pas véritablement et que la bourse américaine est soutenue artificiellement.

Autre sujet à débat, celui des agences de notation financière. Tandis que le marché est trusté par des entreprises américaines, quelle place occupent véritablement ces agences aujourd’hui ?

Le fait qu’elles soient américaines n’a pas d’impact. Ce qui a un impact, c’est le fait que ce sont des entreprises privées qui rendent un service public. En d’autres termes, elles ont un double devoir contradictoire : un devoir d’objectivité, lié à la dimension publique de la fonction qu’elles occupent, et un devoir de profit lié au fait qu’il s’agisse d’entreprises privées. Et cela conduit à des contradictions connues : un émetteur de crédit peut par exemple aller voir si la notation est meilleure ici ou là pour son produit financier. Mais le plus grand danger est que l’ensemble de ces entreprises a accepté pour des raisons financières, parce qu’il y a un profit attaché, d’attribuer des notations à des produits dont le calcul du risque était impossible à établir (notamment les CDO (2), avec des méthodes sans aucune validité mathématique, simplement via des matrices de corrélation. "De toute manière, si je refuse de noter les CDO, mes concurrents le feront". Et là, la logique du privé l’emporte : la possibilité d’un profit dont on ne veut pas que le concurrent bénéficie et dont on se priverait soit même.

La solution serait-elle dès lors d’instaurer une agence publique de notation ?

Selon moi, il faudrait viser l’échelon international. Les Chinois le font déjà de leur côté en introduisant une agence de notation publique, rendant un service public (en l’occurrence, calculer le crédit de risque). Et dans le cas où le calcul du risque de crédit est impossible, le produit ne peut être émis.

Mais les agences ne sont pas les seules dans cette équation. Je prends pour exemple le cas de Ford Motor Credit, pour lequel les agences de notation avaient refusé de noter un de leurs titres. Malgré cela, le Gouvernement américain a passé outre et a permis sa titrisation. Parfois, l’irresponsabilité peut également se situer du côté des gouvernements.

(1) PIGS : nom signifiant "cochons" en anglais et qui désigne conjointement le Portugal, l’Italie, la Grèce et l’Espagne.

(2) CDO : "Collateralised Debt Obligation" ou "Obligation adossée à des actifs". Il s’agit de produits financiers structurés issus de la titrisation.


lundi, 02 mai 2011

Rémunérations indécentes des patrons

Région LR 02-05-2011

Objectif-LR : « On a tué la valeur du travail »

Son livre sort aujourd’hui, mais il a déjà fait beaucoup parlé de lui.

Dans « Le patron, le footballeur et le smicard », Philippe Villemus, professeur d’économie à Montpellier, s’attaque aux rémunérations des patrons.

Objectif Languedoc-Roussillon : Le bandeau de votre livre parle de « rémunérations indécentes », n’est-ce pas exagéré ?
Philippe Villemus : Notre système marche sur la tête ! Durant les Trente glorieuses, on a vu les rémunérations augmenter dans toutes les catégories de la population. Aujourd’hui, ce qui est scandaleux, c’est qu’une petite partie de la pyramide, les mannequins, les footballeurs, les patrons touchent des rémunérations incroyablement élevées alors que 30 % de la population vit avec le Smic ou moins. On note une explosion des travailleurs pauvres qui m’amène à dire qu’on a tué la valeur du travail.

Objectif Languedoc-Roussillon : Quelles mesures préconisez-vous ?
Philippe Villemus : Il faudrait revenir à des rémunérations optimales, qui permettent de vivre. Dans certains cas, il faudrait augmenter le Smic, aux alentours de 1 400 à 1 500€. Il faudrait aussi passer les temps partiels imposés en temps complets, c’est essentiel. Faire sortir ces gens de la pauvreté, c’est moins de RSA, d’allocations, et donc moins d’impôts plus tard. La pression fiscale des riches serait moins forte…

Objectif Languedoc-Roussillon : Les grands patrons sont-ils trop payés ?
Philippe Villemus : Oui et je le prouve dans mon enquête très circonstanciée. Leur revenu est totalement irrationnel d’autant qu’ils ont le droit à des parachutes dorés, des retraites chapeaux, des dividendes et autres stocks options injustifiées et injustifiables. Et surtout, ils sont souvent héliportés à leur poste ; ils n’ont pas construit leur empire.

Propos recueillis par Gwenaëlle Guerlavais

« Le patron, le footballeur et le smicard. Des rémunérations indécentes ».
éditions-dialogues.fr. Sortie le 2 mai 2011


Légende : Philippe Villemus
Crédit photo: Edouard Hannoteaux

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France 2 - Jean-Luc Mélenchon à Christophe de Margerie PDG de Total

Bon point à Jean-Luc Mélenchon pour sa sortie sur les patrons qui se goinfrent de revenus indécents.

Mauvais point sur la construction de raffinerie en Arabie Saoudite, où l’histoire d’être hors quota carbone ne tient pas.

Match nul sur la géothermie. Dommage. L’extrait de l’émission après les illustrations du débat.


Jean-Luc Mélenchon sur France 2 dans l'émission... par lepartidegauche

lundi, 11 avril 2011

Res Publica – Colloque 4 avril 2011 "Radiographie des entreprises françaises"

La France et ses multinationales: Stratégies globales, intérêt national et renouveau du tissu entrepreneurial

Intervention de Laurent Faibis, président du groupe Xerfi, au colloque "Radiographie des entreprises françaises" du 4 avril 2011

La France et ses multinationales: Stratégies globales, intérêt national et renouveau du tissu entrepreneurial

Laurent Faibis 

Je vais aborder un sujet très délicat, en particulier pour la gauche : les entreprises. J’étais censé reprendre le thème de notre ouvrage collectif : « La France et ses multinationales. Stratégie globale et intérêt national ». Mais on ne peut négliger, derrière les multinationales, le grand vide entrepreneurial. C’est pourquoi je vous parlerai aussi du problème de la reconstitution d’un tissu de PME et d’entreprises de taille intermédiaire.

Comme vous le savez, la crise financière a entrainé la crise de l’euro. La crise de l’euro a révélé une Europe à deux vitesses :

  • celle qui exporte,
  • et celle qui subit un déficit structurel de son commerce extérieur.
  • Celle qui s’est adaptée à un euro fort
  • et celle dont la compétitivité hors coût est insuffisante.
  • Celle qui a misé sur l’industrie et la compétitivité,
  • et celle qui a misé sur la consommation, les services et l’immobilier.

Il y a aujourd’hui une zone Euro du nord centrée sur l’Allemagne, qui s’est adaptée à la globalisation. Cette zone euro du nord prend, mois après mois, des parts de marchés à la zone euro du sud, qui s’est désindustrialisée.

Pourtant, grâce à ses entreprises multinationales, la France se situe dans une position particulière par rapport à l’Europe du sud. Dans le dernier classement Global 500 de Fortune de 2010, on recense en effet 39 groupes français, répartis dans 18 secteurs d’activités différents.

La France se situe ainsi en 4ème position mondiale pour le nombre de sociétés multinationales, derrière les géants américains, chinois et japonais. Devant l’Allemagne. Mais derrière l’Allemagne pour les entreprises industrielles. La comparaison avec l’Allemagne est d’ailleurs éclairante : 40 % des 20 premiers groupes d’outre-Rhin les plus importants sont issus de l’industrie manufacturière. Ils ne sont que 15 % en France. Ce qui frappe en France, c’est l’hypertrophie du nombre de groupes de la consommation. La France a ainsi 5 des 20 plus grands distributeurs mondiaux. Si nos multinationales représentent une force de frappe indéniable au plan international, le déséquilibre entre l’industrie et les activités liées à la consommation est significatif des difficultés de notre commerce extérieur.

Un modèle de croissance français en crise

Depuis vingt ans, le centre de gravité du modèle de croissance français s’est en effet de plus en plus centré sur le soutien de la consommation des ménages et les activités de services. En se désintéressant de son industrie, la France est tombée dans un piège. Elle a trop rêvé d’une solidarité européenne, quitte à oublier ses intérêts nationaux. Mais l’analyse de la structure économique de la zone euro révèle aujourd’hui clairement deux sous-ensembles :

  1. Celui des huit pays qui ont une balance des paiements courants excédentaires, avec en son centre, l’Allemagne. L’industrie représente plus de 20% du PIB de cette zone.
  2. Celui des neuf pays déficitaires, qui comprend la France et les pays du sud de l’Europe. Le poids de l’industrie ne représente plus que 15% du PIB de cet ensemble.

Certes, cette situation n’aurait pas posé de problème dans une zone euro fédérale. Mais depuis une dizaine d’années, s’est mise en place au sein de la zone euro une concurrence fiscale et sociale. Nous en avons mal évalué les conséquences. Pour la France, cela s’est traduit par des pertes de parts de marché. Non pas vis-à-vis des pays émergents comme on voudrait le faire croire. Mais principalement vis-à-vis de l’Allemagne qui a tout fait pour conserver son industrie. Là où l’Allemagne a presque retrouvé son niveau de production industrielle record d’avant crise, la France a subi un important décrochage.
Les évolutions des indices de production industrielle des dernières années sont éloquentes. Sur la base d’un indice 100 en 2005, les indices français et allemands ont atteint un point haut en février 2008 : 105 pour la France, mais 117 pour l’Allemagne.

Avec la crise, les deux pays ont enregistré une chute brutale de leur production, qui a atteint son point bas en même temps, en avril 2009 : la production française avait baissé de 21 points par rapport au point haut de février 2008, celle de l’Allemagne de 28 points.
Mais l’Allemagne a rapidement rebondi avec une augmentation de 24 % depuis la crise. Sa production a déjà retrouvé le niveau de janvier 2007. Pour la France, le rebond n’a été que de 13%. Notre indice de production industrielle n’a retrouvé que le niveau de la fin 1997, treize ans en arrière !

Notre perte de compétitivité repose sur 3 fois la lettre A : l’Allemagne, l’automobile, l’agro-alimentaire.
En se désintéressant de la compétitivité industrielle, nous n’avons pas su voir non plus à quel point les activités de services aux entreprises ont définitivement partie liée aux activités productives : les gains de productivité des services, leurs technologies dépendent étroitement des efforts de recherche et développement de l’industrie. De fait, la perte de vitesse de l’industrie a enlevé au secteur des services aux entreprises un stimulant majeur.

Mais il y a pire. L’attention des pouvoirs publics s’est concentrée ces dernières années sur les services à la personne. Ces secteurs ont bénéficié de privilèges fiscaux exorbitants. Le but explicite était de leur confier une mission de remède miracle au chômage. Mais il s’agit de secteurs faiblement capitalistiques, à faible gain de productivité, avec des salaires très bas. Leur tissu économique est très atomisé, avec peu d’entreprises à potentiel de croissance. D’ailleurs, le miracle ne s’est pas produit et les emplois promis n’ont pas été au rendez-vous. Mais surtout, est-il acceptable d’offrir comme principale solution au chômage des postes de femme de ménage, des cours particuliers, voire de repeupler les pompes à essence ?

Certes, la préférence bien française pour le temps libre et les loisirs, le soutien permanent à la consommation ont bien favorisé les professions touristiques. Jusqu’à subventionner la restauration par une baisse de la TVA. Le soutien permanent à la consommation a favorisé les grands réseaux de distribution.
Mais cela s’est aussi traduit par un déplacement de la qualité des emplois vers des postes faiblement qualifiés et mal rémunérés. Les pouvoirs publics ont encouragé la baisse des prix dans le commerce de détail pour favoriser le pouvoir d’achat.

L’une des conséquences a été l’accélération des délocalisations. Les circuits de distribution ont en effet leur part de responsabilité dans la destruction de pans entiers des industries de biens de consommation.
Ces prix toujours « les plus bas » ont fait oublier au client des hypermarchés, des hard-discounters et autres centres commerciaux, que consommateur côté pile, il était, côté face, un salarié à la recherche d’un revenu. Le problème semble aujourd’hui réglé. L’essentiel des produits de grande consommation est en effet conçu dans d’autres pays industriels et fabriqué chez les émergents.

Faire comme l’Allemagne ? L’illusion d’un Mittelstand français

Confrontés à nos déficits extérieurs, à notre dette publique, à la menace de l’éclatement de la zone Euro, s’est développé un nouveau slogan : il faut faire comme l’Allemagne ! Mais « faire comme l’Allemagne » pour mobiliser qui et quoi ? Voilà le risque d’une nouvelle impasse, tant nos structures industrielles et entrepreneuriales, nos positions sectorielles en Europe et dans le monde sont différentes. Nos capacités concurrentielles hors-prix, la rentabilité de nos entreprises, notre démographie, la structure des dépenses des ménages, sans compter le poids de l’histoire, et bien d’autres facteurs appellent des réponses différentes. Faudrait-il faire aujourd’hui comme l’Allemagne, comme il fallait autrefois imiter le Japon, et avant les états-Unis ?
Mittelstand ! Ce mot résonne désormais comme une potion magique ! Pourtant, cette nouvelle lubie d’économistes et d’experts ne résiste pas à l’analyse. Que d’ignorance sur la réalité du tissu d’entreprises ! Derrière nos grandes firmes multinationales, le manque d’envergure de notre tissu d’entreprises de taille intermédiaire, ces grosses PME aptes à mettre en œuvre une stratégie de croissance internationale, est sans appel. Nous n’avons en France que 34.000 entreprises de plus de 50 salariés contre 57.000 en Allemagne. A taille comparable, il nous manque 15.000 entreprises de plus de 50 salariés.
Il faut regretter de ne pas disposer de la dizaine de milliers de grosses PME du Mittelstand allemand. Des sociétés, souvent contrôlées par des capitaux familiaux, se sont spécialisées sur des segments dont elles se sont la plupart du temps assuré le leadership mondial. Une performance obtenue grâce au perfectionnisme technique et la qualité des produits, le fameux «made in Germany ». Elles génèrent 40% des exportations outre-Rhin.

Rien de comparable non plus en France au « sistema Italia ». Cette myriade de petites et moyennes entreprises, souvent regroupées en « clusters » qui représentent 60 % des exportations.

La faiblesse du tissu d’entreprises de taille moyenne

La situation est tout à fait différente dans l’Hexagone. Déjà peu nombreuses, les Entreprises de taille intermédiaires (les ETI) ont ici tendance à se raréfier. Le décret du 18 décembre 2008 définit les entreprises de taille intermédiaire (ETI) par le nombre de salariés (250-5000), un chiffre d'affaires inférieur à 1,5 Milliard d'euros et un total de bilan n'excédant pas 2 Milliards d'euros. Elles étaient à peine 5.000 avant la crise. Du fait de la crise, la France n’en compte plus que 4.200. Et encore, plus de la moitié relèvent des services et de la distribution. Dans les activités industrielles, nombreuses sont en fait des filiales de groupes étrangers. Elles sont, de surcroît, faiblement exportatrices et surtout orientées vers des niches locales.

La législation allemande est de son côté plus accommodante au plan fiscal et social. Celle de l’Italie reste volontiers laxiste. Quant aux PME et aux ETI françaises indépendantes, elles sont confrontées à une fiscalité et une législation sociale qui les pénalise et freine la croissance. Par rapport à l’Allemagne, il nous manque en France au moins 5.000 entreprises de taille intermédiaire. À 300 emplois en moyenne par entreprise, cela fait effectivement 1.500.000 emplois, sans compter les emplois induits.
Alléger les contraintes administratives, sociales et fiscales qui freinent le développement des PME est indispensable. Améliorer leurs outils de financement, leur accès aux aides publiques à l’innovation aussi. Mais il faudra plusieurs décennies de volontarisme public, il faudra au moins une révolution culturelle pour rattraper le temps perdu et le retard accumulé. Car le constat est sans appel : la France n’est plus un pays d’entrepreneurs.

L’inconsistance de l’entrepreneuriat français

Répétons-le. Nous vivons dans un système de concurrence sociale et fiscale au sein même de la zone Euro. Notre modèle économique favorise la demande plutôt que l’offre. Il est pénalisant pour les entreprises industrielles et les services aux entreprises. Notre modèle fiscal et social entrave le développement des nouvelles entreprises. Trop de sociétés en France ne veulent pas dépasser le seuil des 50 salariés. Trop d’entreprises ne parviennent pas à se développer parce que leur rentabilité est insuffisante, et que leurs dirigeants n’ont de ce fait pas la possibilité d’engager les managers qui sont nécessaires à la croissance.

La reconstruction d’un tissu d’ETI est pourtant indispensable au pays. Mais ce sera long, même si sont réglés les problèmes fiscaux, administratifs et sociaux qui freinent le développement des entreprises. En effet, ni notre culture, ni notre système de formation ne valorisent l’ambition entrepreneuriale. Cette défaillance est criante dans les filières d’élite, les grandes écoles.
La proportion de diplômés de ces établissements prestigieux qui ambitionnent de créer un jour leur entreprise est beaucoup trop faible. Nos filières d’élite ont vocation à former des managers, des hauts fonctionnaires, des experts, et non d’engendrer des « petits patrons », une expression qui n’a d’ailleurs pas dans les autres pays avancés la connotation péjorative de notre langue française. Tout un symbole !
Dans nos grandes écoles d’ingénieurs, l’attrait du monde de la finance, souvent à l’étranger – voire au grand large – à Londres, New York, Singapour ou Shanghai, a depuis plus de dix ans pris le dessus sur l’aventure technologique. Au point que nombre d’entreprises tricolores éprouvent des difficultés à recruter des ingénieurs, qui se détournent de l’industrie.

Un récent rapport de l’Institut Montaigne intitulé « Adapter la formation de nos ingénieurs à la mondialisation » tire le signal d’alarme : le système de sélection et de formation de nos écoles d’élites n’engendre ni des innovateurs, ni des entrepreneurs. Non seulement nos ingénieurs se désintéressent de l’industrie, mais aussi de la recherche et de l’aventure entrepreneuriale. Moins de 5 % des diplômés de nos cursus d’élite créent un jour une entreprise digne de ce nom. Rapporté au nombre d’habitants, il se crée en moyenne trois fois moins de start-up en France qu’aux États-Unis, tandis que deux fois moins de brevets sont déposés auprès de l’Organisation mondiale de la protection intellectuelle.
Il faut donc aussi s’interroger sur les conséquences de notre aversion au risque, notre goût immodéré pour la sécurité, les itinéraires professionnels balisés dans la haute administration et les postes rémunérateurs au sein des grands groupes. En vérité, nous payons très cher la dévalorisation de l’image de l’entrepreneur dans la société française.

Le foisonnement d’initiatives pour créer des entreprises aux États-Unis, en Allemagne, en Italie, dans les pays scandinaves, voire dans des petits pays comme Israël ou même Singapour, devrait forcer notre admiration.

Dans les domaines technologiques, la France disposait pourtant de tous les atouts scientifiques, techniques et créatifs pour figurer aux avant-postes de l’innovation. Tout, y compris les sources de financement grâce au capital-investissement. Tout sauf un nombre suffisant d’entrepreneurs.

Il faut réhabiliter dans ce pays ce goût d’entreprendre, la saveur du risque, les compétences de créativité et d’imagination, l’ambition de long terme indispensable pour hisser la start-up au niveau de ces entreprises de taille intermédiaire qui nous font tant défaut. Mais c’est là un objectif de long terme.

Pour la décennie à venir, nos capacités de rebond devront reposer d’abord sur le dynamisme de nos grandes entreprises multinationales. Un tissu de grandes entreprises qui ne se renouvelle guère. Un tissu d’entreprises où les stratégies financières jouent trop souvent un rôle plus important que l’effort de création et d’innovation.

Des fondateurs entrepreneurs aux financiers-fédérateurs

Il faut en effet constater que les financiers ont peu à peu pris la place des vrais entrepreneurs et des vrais capitaines d’industrie. Le capitalisme français est aujourd’hui dominé par des financiers-fédérateurs. Ils sont habiles à constituer des groupes comme un meccano. Ils ont multiplié les acquisitions, les fusions, parfois les raids hostiles. Ils sont bien soutenus par notre système financier et les marchés financiers avec lesquels ils fonctionnent en osmose.
Historiquement, nombre de ces groupes ont d’ailleurs reçu le soutien des pouvoirs publics, que ce soit dans période de la reconstruction d’après guerre, la période gaulliste, les nationalisations, ou des sauvetages ultérieurs. Certaines ont bénéficié de la politique industrielle des pouvoirs publics, ce que l’on a appelé le « Colbertisme High-Tech ». Leur mérite, incontestable, est d’avoir largement contribué à créer des groupes de taille internationale. Des multinationales capables de rivaliser avec leurs concurrents étrangers. Mais il faut trop souvent regretter leur opportunisme face à l’intérêt national et leur soumission aux règles de la valeur actionnariale et du court-termisme.
Par contre, le nombre de grands groupes français que l’on peut rattacher à un fondateur, à une famille encore impliquée dans l’entreprise s’est considérablement réduit. De fait, la dernière génération des fondateurs date des années cinquante !
Un exemple : la bataille ouverte avec l’entrée en force de LVMH dans le capital d’Hermès ou la prise de contrôle de Bulgari illustrent une spécificité du capitalisme français. À savoir les stratégies financières de croissance externe, capables de fédérer en quelques décennies une myriade de sociétés pour constituer un groupe puissant sous l’égide d’un patron financier-fédérateur.
De même, le groupe Sanofi-Aventis (désormais Sanofi) s’est constitué année après année par des centaines de fusions-acquisitions, avec, dernière en date, l’américain Genzyme. C’est moins risqué et plus rapide que la recherche !
Voilà une méthode pour laquelle les dirigeants français ont démontré un remarquable savoir-faire en ingénierie financière, attraction de sources de financement, capacité d’intégration et de management d’entités aux cultures historiquement différentes. Un véritable savoir-faire qui a pu être décliné dans l’internationalisation de leurs activités.

Les multinationales sont aujourd’hui notre principale force de frappe

La France a besoin de ces multinationales pour rebondir, car à court terme, nous avons fait le constat de la grande pauvreté de notre tissu d’entreprises de taille moyenne. Ces multinationales constituent la principale force de frappe dont dispose notre pays pour faire face aux défis économiques de l’après crise. Elles seules sont capables à court et moyen terme d’aller chercher en dehors de nos frontières la croissance dont nous avons besoin pour retrouver la prospérité. Seuls les grands groupes internationalisés ont en France les moyens financiers et logistiques, les compétences technologiques et organisationnelles indispensables.
Il faut renforcer notre capacité à remporter des marchés dans les autres pays développés et tirer parti de la croissance des pays émergents. Investir massivement, mais davantage pour innover, est impératif pour redevenir compétitif face aux autres grands pays industriels, et conserver de l’avance sur les nations émergentes.

Conjuguer la logique de nos firmes multinationales avec la croissance et l’emploi en France ?

Comment alors conjuguer la logique de nos firmes multinationales avec la croissance et l’emploi en France ? Comment concilier la stratégie de conquête de marchés extérieurs, qui se traduit par la localisation de moyens de production et d’emplois à l’étranger, avec la création d’emplois à forte valeur ajoutée sur notre territoire. Il n’y a pas nécessairement antagonisme entre ces stratégies globales et l’intérêt national. Mais la France est sans doute le seul grand pays où prononcer ensemble les mots « multinationales » et « intérêt national » provoque des répulsions.

Cela nous amène à poser un autre débat interdit : celui du retour de l’État. Un État qui contribue à la réflexion stratégique et à la coordination des efforts. Un État qui vient aussi épauler solidement les entreprises pour renforcer leur compétitivité et conquérir des marchés. Un État qui joue mieux son rôle pour mobiliser l’épargne nationale en faveur des entreprises. Un État déterminé à prendre les mesures indispensables pour que les grandes entreprises restent liées à l’intérêt national, et que le territoire ne perde plus les centres de décisions majeurs, comme Pechiney ou Arcelor.
Il nous faut aussi un État qui serait attentif à mieux arbitrer les relations entre les grandes entreprises et les sociétés de taille moyenne. Il faut impérativement favoriser le partenariat plutôt que les rapports de forces. Un État qui rééquilibrerait la fiscalité en faveur des entreprises de croissance. Cela pourrait commencer par une forte baisse de l’impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis. Comme en Allemagne !

Parmi les pays avancés, les entreprises allemandes, japonaises et coréennes sont déterminées à récolter les meilleurs fruits de la globalisation. Leurs gouvernements respectifs les épaulent pour renforcer leur compétitivité internationale. Les États-Unis montrent leur volonté de ne pas se laisser faire, quitte à utiliser l’arme monétaire. L’irruption sur le marché mondial de firmes brésiliennes, russes, indiennes, chinoises, mais aussi la montée en puissance dans les secteurs « technologiques » d’opérateurs du Canada, de Taïwan, de Singapour, voire d’Israël soulignent l’urgence d’une contre-offensive.

Sous le poids des traités européens, nous avons accepté de nous dépouiller de notre politique industrielle. La France a commis là une grave erreur. Aucun grand pays – et certainement ni la Chine ni les États-Unis – n’a la naïveté de penser que l’État doit renoncer à stimuler ses industries clés.

De fait, nombre des grands groupes français qui occupent aujourd’hui encore des positions majeures dans le monde ont pris en d’autre temps leur essor grâce au soutien de la puissance publique. Partout dans les zones du monde en effervescence, les États interviennent ouvertement – et parfois outrageusement – pour soutenir leurs champions nationaux. Nous avons à l’inverse, et à rebours, décidé de vouer aux gémonies les politiques volontaristes en faveur des entreprises.

 

Résumons-nous :
  1. Une offensive économique de la France passe nécessairement par la mise en œuvre d’une action concertée avec les grandes entreprises de nationalité française.
  2. Nos multinationales doivent avoir un rôle d’entraînement sur l’ensemble du tissu d’entreprises.
  3. Elles doivent entraîner dans leur sillage les entreprises de taille moyenne dans des relations partenariales, et non dans des relations dominants-dominés.
  4. L’appui des pouvoir publics est indispensable pour favoriser les grands projets d’investissement technologiques. Le leadership sera principalement porté par les grandes entreprises, faute d’un nombre suffisant d’entreprises de taille moyenne en France.
  5. Il est impératif de rétablir en France la propension à entreprendre. Pour cela, il est indispensable de reconfigurer la législation fiscale et sociale pour permettre aux entreprises de croître. Il est également indispensable de revaloriser le goût d’entreprendre dans les filières élitistes, les grandes écoles.

Ce renouveau du lien entre le pays et ses multinationales doit se faire sous le sceau de la réciprocité : la croissance des entreprises à l’étranger, et notamment dans les pays émergents, doit avoir des retombées positives pour l’économie et l’emploi dans l’hexagone.

L’internationalisation des groupes est en effet positive quand elle se traduit par le renforcement de la base arrière sur le territoire national. Elle est favorable lorsque qu’elle renforce leur niche écologique, composée de partenaires industriels spécifiques, de sociétés de services, d’infrastructures locales. Cela passe aussi par une politique déterminée de redynamisation du tissu entrepreneurial français.
Merci de votre attention.

Jean-Pierre Chevènement

Merci, cher Laurent Faibis. Voilà un magnifique programme dont je regrette que certains ne se soient pas inspirés. Il serait en effet très stimulant pour le pays de se voir offrir une telle perspective de réindustrialisation construite à partir de la base mais aussi du sommet.

Je me tourne tout de suite vers Michel Volle. Cet économiste original va développer ses thèses aussi décoiffantes qu’intéressantes.
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Le cahier imprimé du colloque "Radiographie des entreprises françaises" est disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation.

Fondation Res Publica I Vendredi 29 Juillet 2011 I | Lu 185 fois

Informatisation et compétitivité

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Intervention de Michel Volle, économiste, au colloque "Radiographie des entreprises françaises" du 4 avril 2011

Informatisation et compétitivité

Michel Volle

Pour comprendre ce qui se passe en ce moment il est utile de prendre l’histoire comme tremplin et de revenir sur les débuts de l’industrialisation.

Les Physiocrates voyaient dans l’agriculture la seule source de richesse. Vers 1775, le système productif, jusque-là dominé par l’agriculture, a basculé d’abord en Grande-Bretagne avec le début de l’industrialisation. Étymologiquement, qui dit « industrie » dit habileté, savoir-faire, ingéniosité dans l'action productive : cette étymologie apparaît bien dans l'adjectif « ingénieux ». Or, à ce moment-là l’habileté consistait à développer la mécanisation des entreprises et la chimisation qui l’accompagne. À la charnière entre le XIXème et le XXème siècle, l’énergie s’est ajoutée à la synergie entre la mécanique et la chimie avec l’électricité et le pétrole. On a là les trois grands thèmes de la synergie qui ont défini le système technique que l’on qualifie d’industriel en spécialisant peut-être ce mot à l’excès.
C’est donc en Grande-Bretagne, en 1775, que démarre le mouvement - qu’on a appelé l’industrialisation mais qui résulte en fait de la synergie entre la mécanique, la chimie et l’énergie - qui a bouleversé le pouvoir relatif des nations et la géopolitique.

La Chine était au XVIIème siècle le pays le plus développé, le plus riche, le plus prospère, et elle a fait l’admiration des missionnaires jésuites : le paysan chinois était alors beaucoup plus à l’aise que le paysan français. La dynastie mandchoue, voulant figer la société chinoise qu'elle jugeait parfaite, a refusé l’industrialisation : deux siècles plus tard, la Chine a été colonisée dans ses franges par des puissances européennes qui s’y sont taillé des tranches succulentes pour faire leurs affaires et s’enrichir.
Les pays qui ne se sont qui ne se sont pas industrialisés sont ainsi passés au second rang, ils ont perdu le droit à la parole dans le concert des nations, le droit d’exprimer leurs valeurs et leur culture, ils ont été colonisés et dominés par les pays industrialisés.

Entre les pays industrialisés eux-mêmes une concurrence féroce s'est développée : il leur fallait en effet préserver des débouchés et des approvisionnements. Des guerres épouvantables les ont déchirés au XIXème et au XXème siècle.

Caulaincourt, dans ses mémoires, cite Napoléon qui lui confiait que sa priorité était d’industrialiser l’Europe : le blocus continental avait pour but d'arracher à la Grande-Bretagne le monopole de la production industrielle. Trente ans après le démarrage de l’industrialisation, Napoléon était donc conscient de l’enjeu. Sommes-nous conscients de l’enjeu aujourd’hui ?

Notons que la théorie économique (Adam Smith 1776, « La richesse des nations » (1)) est née avec l'économie mécanisée, chimisée : le modèle économique qui s'est imprimé dans notre intellect reste calqué sur ce système technique, pour notre malheur, peut-être, aujourd’hui.

Dans la décennie 1970, deux cents ans après le démarrage de l’industrialisation, un nouveau changement de système technique intervient. Ce qui est décisif, ce qui est moteur, le ressort de l’industrialisation, ce n’est plus la synergie entre la mécanique, la chimie et l’énergie mais la synergie entre la micro-électronique, le logiciel et les réseaux. Le pivot de l'économie a changé.

La mécanisation avait fait émerger dans le système productif l’alliage entre la main de l’homme et la machine : la machine prenait à sa charge l’effort physique de la production. L’homme était au service de la machine pour lui permettre de dégager sa productivité. Nous avons tous en tête l'image de l’entreprise mécanisée de naguère, le travail à la chaîne etc.

Dans l’entreprise informatisée l’ensemble des ordinateurs forme un gigantesque automate, unique (étant en réseau il communique avec lui-même), ubiquitaire car accessible de partout (ordinateurs, téléphone mobile…). Un nouvel alliage se met en place entre cet automate ubiquitaire et le cerveau humain. L’informatique coopère avec le cerveau humain dans le travail productif, comme la machine coopérait avec la musculature. Cela modifie profondément l’organisation du système productif et la façon dont s’établit la concurrence sur les marchés.

Tout artefact (route, maison…) change la nature : les artefacts deviennent des êtres réels qui s’offrent à notre action tout comme les êtres naturels. Avec le réseau on a unifié le monde. On peut dire que la mondialisation en est une conséquence physique presque inéluctable car le monde se présente comme une place de marché, une place d’action unifiée pour des acteurs qui se déplacent avec, dans leur poche, un téléphone mobile qui leur donne accès à la ressource informatique, à l’automate universel, depuis n’importe quel point. Nos cerveaux vivent dans un espace où la distance géographique a été supprimée, un espace qui redouble en quelque sorte l’espace géographique dans lequel se meuvent nos corps.
Cette ubiquité se manifeste aussi sur le plan physique et géographique. En effet, l’automatisation de la gestion des containers a pratiquement annulé le coût du transport des biens non pondéreux (textile, horlogerie, informatique etc.).

On assiste donc à une double mondialisation provoquée par l’informatique : une mondialisation mentale du travail avec la suppression de la distance grâce au réseau, mondialisation physique grâce à l’annulation du coût du transport.

Observons que l'industrialisation n'a pas supprimé l’agriculture, mais celle-ci s’est industrialisée. Au début du XIXème siècle les deux tiers de la force de travail étaient nécessaires pour alimenter la totalité de la population française. Aujourd’hui, la population active agricole représente 3% ou 4% de la population active totale et nous sommes amplement nourris (peut-être même trop) : la mécanisation et la chimisation de l’agriculture lui ont procuré une productivité formidable.

Aujourd’hui l’informatisation ne supprime évidemment ni la mécanique ni la chimie, mais elle les transforme de l’intérieur : elle les informatise. La plupart des grands incidents industriels sont les incidents informatiques : le projet de l’Airbus A 380 a été retardé parce que les Allemands et les Français n’utilisaient pas la même version du logiciel pour le plan de câblage, et lors de l’assemblage on s’est rendu compte qu’il manquait quelques centimètres sur tous les câbles. De même, l’avion de transport militaire A 400 M a pris un retard considérable : ses moteurs, très innovants, sont au point mais on n’arrive pas à mettre au point dans les délais le logiciel qui doit les commander. Quand une fusée Ariane explose en vol, l’accident est dû à un « bug » dans le logiciel qui a malencontreusement mis en panne une pompe … La plupart des grands incidents qui se produisent actuellement dans nos entreprises industrielles viennent de la partie logicielle, informatique, qui est devenue essentielle dans la conception des produits et dans les produits eux-mêmes.

Aujourd’hui, on conçoit une automobile ou un avion par simulation en trois dimensions sur ordinateur. On peut simuler les réactions d’un avion en vol, son comportement aérodynamique. Le pilote d’essai d’autrefois, ce héros qui faisait décoller un coucou dont on ne savait pas trop comment il allait se comporter, n'existe plus. Le côté héroïque du premier décollage a disparu car, même s’il reste des réglages à affiner, on a pu simuler à l’avance, par informatique, le comportement de l’avion en vol. De même l’essentiel de la conception d’une automobile passe par une simulation. Les voitures n’en sont pas plus belles, mais elles sont indiscutablement plus efficaces. Le freinage est assisté par ordinateur (système ABS), l’alimentation du moteur est informatisée, cela permet une économie d’essence et une meilleure reprise : ce qu’on appelait autrefois l’avance à l’allumage est aujourd’hui informatisé etc.

Donc le monde a changé, la nature a changé si l'on accepte d’appeler « nature » non seulement la nature physique, mais la nature technique, la nature humaine, la nature sociologique. Il en est résulté pour les entreprises un changement brutal de la structure de l’emploi et de la nature des produits. Les salariés d’une entreprise travaillent en permanence devant un ordinateur, à moins qu’ils ne soient en réunion. L’essentiel du temps de travail des personnes se passe devant l’écran-clavier, dans l’espace mental que structure un système d’information. Lorsque le système d’information est défectueux, ce qui est souvent le cas, les cerveaux sont mis à la torture un peu comme les pieds souffrent de brodequins malencontreux.
Un exemple : chaque bimestre, votre opérateur téléphonique vous envoie une facture pour le téléphone mobile, une pour le téléphone fixe, une troisième pour votre faisceau de lignes sur le PABX, et encore une facture pour votre liaison louée si vous avez plusieurs établissements… En fait cet opérateur ne vous connaît pas car pour des raisons culturelles, historiques, son système d’information n’identifie pas le client, l’entreprise ni le ménage, il identifie la ligne. Cet opérateur a privilégié dans son système d’information sa propre technique, ses propres équipements, par rapport à la connaissance du client. Il n’est pas étonnant que les relations client/opérateur soient souvent difficiles...

Les banques ont eu le même problème puisqu’avec le RIB elles n’identifiaient que les comptes. Le passage de la connaissance du compte à la connaissance du client (qui peut avoir plusieurs comptes) leur a coûté très cher parce qu’elles ont dû rebâtir leur système d’information depuis ses fondations. Elles l’ont fait puisque sur le web, quand on a plusieurs comptes, on trouve les divers comptes que l’on a, mais ça leur a demandé un effort colossal.
Le système d’information est à la base de la logique de l’entreprise, c’est la première manifestation de sa stratégie. Si un dirigeant veut orienter l’entreprise vers une nouvelle stratégie, il doit introduire dans le système d’information le concept et le vocabulaire qui désigneront le nouveau segment de clientèle, la nouvelle famille de produits ou la nouvelle technique à mettre en œuvre. Actuellement, les usines sont presque entièrement automatisées. « Comment c’est fait ? » , excellente émission de Discovery Channel, montre la fabrication des stylos à billes, des plaques de verre etc. par des automates. Leur conception, leur programmation est très onéreuse : ces automates sont souvent des machines qui, faites à la pièce, coûtent le prix d’un prototype.

Il résulte de cette évolution que l’emploi, utilisé massivement dans la production physique et répétitive par l’industrie mécanisée et chimisée de naguère, a pratiquement disparu. Grâce à l’informatisation, on ne rencontre plus dans les usines que des équipes de maintenance qui passent parmi les automates pour effectuer des réglages tandis que des superviseurs, derrière des écrans, s’assurent que le processus productif tourne bien. Seul l’emballage, très souvent, reste fait à la main. L’emploi est aujourd’hui dans la tâche qu’est devenue la conception des programmes informatiques et des automates. C’est un très gros travail, réalisé par des équipes de recherche.

Une autre source d’emploi est la relation avec les clients. Presque tous les produits sont devenus des assemblages de biens et de services. Je n’utilise pas ici le mot « services » dans le sens que critiquait M. Faibis tout à l’heure. Par exemple avec une automobile on achète le conseil du vendeur, le service financier (la DIAC rapporte plus à Renault que les voitures), la garantie pièces et main d’œuvre, le réseau de concessionnaires. Une voiture sans service ou avec un service de mauvais aloi (un chef d’atelier désagréable) ne se vend pas. Le produit physique automobile est ainsi lui-même entouré d’un nuage de services dont la cohésion est assurée par un système d’information. Entre les concessionnaires et le constructeur automobile, le système d’information permet de se réapprovisionner en pièces détachées ; des logiciels vérifient l’état de la voiture, laquelle, fortement informatisée, est devenue une espèce de boîte noire à laquelle plus personne – et surtout pas l’utilisateur - ne comprend rien. Le constructeur automobile lui-même produit ses véhicules avec un réseau de partenaires qui lui fournissent des pièces détachées, de la peinture. À côté des ateliers dans lesquels des automates peignent les voitures, la peinture, de diverses couleurs, est stockée dans de grands silos où une jauge, associée à un ordinateur, avertit automatiquement le fournisseur quand le niveau est trop bas. La livraison effectuée, la facturation et le paiement se font eux aussi automatiquement. Le fonctionnement de ce système, qu’il s’agisse du réseau des concessionnaires, de la relation avec les fournisseurs, du paiement des fournitures, de la facturation, de la transaction etc. est totalement informatisé.

Le problème est que cette transformation des produits en assemblage de biens et de services n’est en général pas bien comprise par nos entreprises. En économie, en comptabilité nationale, le mot « production » désigne les biens et les services. Les services sont donc des produits ou des composantes dans les produits. Le langage courant, et même l’AFNOR, distinguent par contre les produits et les services. Les produits sont les biens matériels, tandis que le mot « services » semble désigner quelque chose de vaporeux, d’inexistant. En tout cas, ce n’est pas de la production. Encore actuellement, dans l’imaginaire de beaucoup d’entreprises, le fait que les produits sont devenus des assemblages de biens et de services, que les services sont une composante nécessaire du produit, n’est pas reconnu. Il en résulte un grave sous-emploi et une grande inefficacité. Une conception chosiste des produits, encore très répandue, fait que les entreprises renâclent à faire des services, nuit à leur efficacité et compromet leur situation économique.

Il y aurait, dans l’économie informatisée et automatisée de quoi compenser la perte d’emplois que provoque l’automatisation en développant ces assemblages de biens et de services.
Rien n’est plus précieux pour une entreprise que le contact direct avec un client. Elle y apprend énormément de choses car l’organisation n’a jamais pu tout prévoir. On peut régler des tas de problèmes à chaud dans la relation avec un client. Or, beaucoup de nos entreprises sous-traitent cette relation ! Elles délocalisent les centres d’appel etc. Du point de vue de la logique d’entreprise, délocaliser un centre d’appel dans un pays qui n’a pas les mêmes usages, la même conception des choses, a quelque chose de délirant.
Certaines entreprises y sont attentives. Les directeurs d’une entreprise de télécom que je connais, ces messieurs de la hiérarchie eux-mêmes, vont, de temps en temps, pendant une semaine, coiffer le micro-casque dans le centre d’appel. Les mêmes vont passer une semaine dans une agence commerciale, prennent des abonnements, examinent les réclamations des clients, refont les contrats etc. Ce sont là des attitudes de véritable entrepreneur.
Une autre entreprise de télécom a par contre complètement sous-traité la relation avec les clients, et dans des conditions qui tiennent plus de l’esclavage que du partenariat. En cas de panne, le client voit donc arriver un sous-traitant excédé qui dénigre l’entreprise donneur d’ordre ! Cette entreprise rate ainsi l’essentiel de la relation avec le client.
En étudiant les systèmes d’information, j’ai observé que nos entreprises s’informatisent à reculons, comme poussées par la main de l’innovation. Or, quand on recul on ne progresse pas vite et on bute sur tous les obstacles ! C’est pourquoi elles font énormément d’erreurs.
Les personnages-clés, dans l’entreprise sont ceux qui se situent aux points de contact avec la « nature ».
L’entreprise est un être organisé plongé dans le marché. Elle est en contact avec la nature du point de vue de ses approvisionnements en matières premières et des techniques qu’elle utilise. Elle transforme le monde naturel en fabriquant, selon un processus planifié, organisé, qui n’a rien de marchand, des produits qu’elle va injecter dans la nature. L’autre point de contact avec la nature est la relation avec le client : celui-ci exprime, dans un langage qui n’est pas celui de l’entreprise, des priorités qui ne sont pas celles de l’entreprise et il veut être servi et satisfait. Le but de l’économie est bien de servir le consommateur, rien d’autre. La stratégie de l’entreprise, son positionnement, se jouent actuellement sur ces deux points. Elle se positionne par rapport à la nature par ses choix techniques et les choix de ses produits, et par rapport aux segments de marché.

Le quart des projets de systèmes d’information n’aboutissent jamais en dépit d’investissements importants. La moitié d’entre eux aboutissent moyennant un délai et un budget multipliés par trois. (MacNamara disait : « Quand les informaticiens me donnent leurs prévisions, je multiplie par π »). Le quart des projets aboutissent convenablement dans les délais et dans le budget. On ne tolèrerait une telle statistique dans aucun autre domaine de l’ingénierie. Ni dans l’architecture, ni dans la construction des Ponts et chaussées on n’admettrait cela.

Beaucoup de dirigeants considèrent l’informatique comme un centre de coût. Nombre de directeurs de systèmes d’information se voient donner comme unique mission de « faire des économies » ! C’est ainsi qu’on passe à côté des priorités et de la spécificité de l’informatisation.
Il faut dire que l’informatique apporte énormément de possibilités mais aussi beaucoup de risques. L’automate n’est pas infaillible. Les meilleurs logiciels, les mieux vérifiés (ceux de la Nasa qui servent pour les sondes spatiales et ont coûté des milliards), comportent en moyenne un défaut pour chaque dizaine de milliers de lignes de code source. On a beau faire toutes les vérifications possibles, ce taux est incompressible. Puis les réseaux se coupent, les machines tombent en panne, les ordinateurs chauffent, toutes sortes de raisons font que l’informatique connaît des incidents.

De plus, le secret de l'informatisation réussie ne réside pas seulement dans l’automate : il dépend aussi de la façon dont les êtres humains l’utilisent, de la qualité de l’alliage entre le cerveau humain et l’automate. C’est là que tout se joue. Les être humains sont plus intelligents que l’ordinateur, car ils sont capables de comprendre et de décider, mais ils sont étourdis, ils se fatiguent … et ils « se comportent ». Si l’entreprise ne met pas en place des supervisions qui permettent de contrôler l'usage de l’informatique, des catastrophes se produisent. On peut expliquer celles qui affectent le monde de la finance par une informatisation mal maîtrisée. Certains de mes étudiants, revenant de stage dans une grande banque s’étonnent : « Avec les habilitations qu’on m’avait données, j’aurais pu tout copier sur mon disque dur. Aujourd’hui que mon stage est terminé, j’ai toujours ces habilitations et je pourrais rentrer chez eux comme je veux ! »

Les entreprises sont trop insouciantes par rapport à la supervision de l’automate et aux dangers qu’il peut présenter. C’est un des problèmes des centrales nucléaires : comment doser la part de ce qu’on informatise et la part de ce qu’on fait piloter par l’opérateur.

Il faut ajouter un problème macro-économique massif : les possibilités qu’ouvre l’informatisation ont été très vite et intelligemment utilisées par la criminalité. Des pays se sont fait une spécialité rémunératrice du blanchiment et de la fraude fiscale. On parle beaucoup des paradis fiscaux, mais la fraude fiscale est insignifiante par rapport au phénomène que représente le blanchiment. Il est facile de blanchir de l’argent liquide, gagné soit par la corruption soit par le crime (réseaux de prostitution et/ou racket). Grâce à un petit programme informatique, on fait passer cet argent par une banque complice de la City de Londres, de l’Île de Man, des Caraïbes ou du Luxembourg. On déclenche des virements par petites sommes qui vont passer d’un compte à l’autre et grimper jusqu’à une banque de plus en plus respectable, et ensuite on peut acheter des entreprises légales. Les mafieux de la Camorra de Naples, qui rêvent, pour leurs fils et neveux d’une vie respectable et moins dangereuse que la leur, s’installent en Écosse. En achetant des entreprises légales, ils participent au développement de l’Écosse … et les Écossais sont ravis de voir arriver l’argent des mafieux de Naples dans des entreprises légales qui créent des emplois et qui sont très compétitives car elles n’ont jamais de problème de trésorerie ! Des pays entiers sont tombés dans la main de prédateurs : une bonne partie de l’ancienne zone d’influence des Soviétiques est tombée dans les mains de criminels de grande échelle.

On peut se demander si, avec ce système-là, la concurrence pure et parfaite dont Bruxelles fait chaque jour l’apologie n’est pas en train de paver la voie pour que des prédateurs s’emparent de la totalité de l’économie. Ils sont en position de force grâce au blanchiment qui leur permet de recycler l’argent gagné de façon illicite dans l’économie légale. Entre ingénieurs, nous nous interrogeons : notre destin de bons petits ingénieurs bien formés, polytechniciens et autres, va-t-il être de nous mettre au service de ces gens-là ? Est-ce le sort du système productif et des ingénieurs que forment nos belles grandes écoles ?

Napoléon avait bien compris que l’industrialisation était la clef, nos politiques ont-ils compris que l’informatisation est la clef ? Pas du tout.

Je côtoie, à l’Institut Montaigne, dans un groupe de travail qui prépare un rapport sur l’informatisation, un des conseillers proches de François Hollande. Lorsque je lui suggère d’expliquer l’importance de l’informatisation à ce candidat potentiel à la candidature présidentielle, il répond que celui-ci a autre chose en tête…
Qu’ont-ils donc en tête ? Gagner les élections, c’est tout. Le politique est aveugle à la transformation du système technique. Napoléon avait compris, dès 1810, ce qui s’était passé en 1775. Nous sommes en 2011 et nous n’avons toujours pas compris ce qui s’est passé en 1975 !

Quand le système productif change, la nature des produits, la nature de la concurrence changent. Face aux risques que cela comporte, face aux opportunités qui s'offrent, il serait temps que le politique en prenne conscience.

 

Jean-Pierre Chevènement

Merci, Monsieur Volle, vous nous avez découvert des perspectives fort intéressantes. Je connais cependant peu de pays où les politiques ne veulent pas gagner les élections … sauf les pays où il n’y a pas d’élections ! Mais il y a des pays, me semble-t-il, où cette révolution technique a été prise en compte. Je pense à certains pays de l’Asie orientale ; je pense par exemple à la Corée où le nombre de jeunes qui poussent leurs études jusqu’à un diplôme de l’enseignement supérieur équivalent à Bac+3 atteint un niveau de 45% à 50%, quasiment deux fois plus que chez nous. Donc ces gens-là ont quand même bien réalisé ce qu’étaient les enjeux du monde contemporain.

Michel Volle

C’est juste. Les dirigeants politiques chinois, par exemple, sont majoritairement des ingénieurs. Ils n’ont pas fait l’ENA.

Jean-Pierre Chevènement

Nul n’est parfait ! Le problème serait de savoir à quel moment la France a vraiment poussé en avant les ingénieurs. Peut-être au début du XIXème siècle ?

Michel Volle

Laurent Faibis rappelait tout à l’heure que les entreprises fortes se sont créées dans les années 1950, lorsque cette population spéciale, formée au droit administratif et à la connaissance du système politique, qui fleurit dans les cabinets ministériels, n’avait pas encore pris le pouvoir sur l’économie française.

Jean-Pierre Chevènement

C’est une piste de recherche. J’observe que certaines grandes écoles d’ingénieurs ne forment plus depuis longtemps de cadres pour l’industrie.

Nous allons maintenant passer à un troisième volet, une troisième intervention de Jean-Luc Gréau : « Pour un actionnariat stratégique au niveau des entreprises ».

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1/ An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations, Adam Smith 1776
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Le cahier imprimé du colloque "Radiographie des entreprises françaises" est disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation.

Fondation Res Publica I Vendredi 29 Juillet 2011 I | Lu 137 fois

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Pour un actionnariat stratégique au niveau des entreprises

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Intervention de Jean-Luc Gréau, économiste, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica, au colloque "Radiographie des entreprises françaises" du 4 avril 2011

Pour un actionnariat stratégique au niveau des entreprises

Jean-Luc Gréau

Après les propos hautement économiques et patriotiques de Laurent Faibis, après les propos hautement pédagogiques et éthiques de Michel Volle, je vais tenir des propos trivialement capitalistiques. Je vais être d’ailleurs assez bref puisque, en substance, ce que je vais vous dire est formulé dans le livre qui vous a été proposé tout à l’heure (1), livre qui, effectivement, éclaire beaucoup de choses.

Une grande énigme domine l’expérience récente du néolibéralisme. Cette expérience devait remettre au premier plan le capital en lieu et place du crédit. C’est l’un des grands fondements de la révolution économique qu’on a voulu faire à partir de 75-80 (un moment charnière). Au contraire, nous avons vécu le triomphe du système de crédit à l’anglo-américaine, que certains pays ont recopié, en même temps qu’un désintérêt vis-à-vis de la question capitalistique proprement dite. Car cet aspect n’est absolument pas illustré par le phénomène de la shareholder value, création de valeur pour l’actionnaire, qui est au contraire un phénomène de décapitalisation des entreprises. C’est, pour moi, peut-être la plus grande énigme de cette période (je renvoie au chapitre intitulé « Renaissance du capital ou triomphe du crédit ? » (2), dans mon dernier livre). On a assisté au triomphe du crédit à la consommation, c’est-à-dire à la simulation désordonnée de l’économie en aval par opposition à l’économie en amont qu’est la production.

Laurent Faibis m’a pavé le chemin en distinguant deux zones euro, la zone euro du nord, qui est compétitive et la zone euro du sud qui ne l’est pas.
La zone euro du nord est capitalistique. Elle comprend l’Allemagne, les Pays-Bas, la Scandinavie et l’Italie du nord (on pourrait ajouter la Suisse, dans le continuum) : ce sont des pays d’entreprises et de capital. Il faudra bien sûr s’entendre sur le mot de « capital ».
La zone euro du sud est beaucoup moins entrepreneuriale et beaucoup moins capitalistique – je parle surtout de la France -.
Avant d’aborder le fond du sujet, je rebondis encore une fois sur le propos initial de Laurent Faibis : Les entreprises et les pouvoirs publics français ont actuellement un double défi à relever.

Premier défi : Comment sortir de la crise ?

Les chiffres sont révélateurs. Même l’Allemagne, qui a le mieux rebondi dans l’espace occidental, se trouve aujourd’hui tout juste à son échelon de production de la veille de la crise. Nous-mêmes subissons un handicap relativement important dans le secteur industriel.
Comment faire pour retrouver un niveau d’activité, et surtout un niveau d’investissement et d’embauche, dignes de ce nom ? Entre 2009 et 2010, l’investissement productif des entreprises françaises a baissé de 24%, à partir d’un niveau relativement moyen (22% en 2009, 2% en 2010). L’investissement productif des entreprises représente l’une des trois composantes de ce qu’on appelle la formation brute de capital fixe, le reste étant représenté par les investissements publics dans les infrastructures et par la construction résidentielle de logements pour le compte des particuliers. Comment allons-nous faire pour retrouver une certaine stabilité et sortir de l’état de « vrille » où nous sommes tombés ?

Deuxième défi : comment affronter la volonté de domination allemande ?

L’Allemagne a pratiqué délibérément depuis des années une politique tendant à tout jouer sur sa compétitivité, non seulement en Europe mais vis-à-vis du reste du monde. Elle a réduit ses coûts salariaux, aujourd’hui inférieurs à sa productivité et à la qualité de son travail. L’Allemand est sous-payé. La conséquence en est que la consommation allemande est, en termes relatifs, l’une des plus faibles du monde occidental : dans la dernière décennie, si on met à part les dépenses de santé, la consommation allemande a baissé. Mais, en même temps, l’Allemagne s’est arrogé une compétitivité qui lui permet aujourd’hui de faire la leçon au reste de l’Europe … si bien que notre Président de la République a cru devoir emboîter le pas de la chancelière allemande  quand celle-ci a proposé un pacte dit de compétitivité! Une question toute simple se pose à nous : la France doit-elle devenir - ce que certains Allemands espèrent in petto - une économie accompagnatrice, une économie sous-traitante de l’économie allemande ? Notre devoir est aussi d’empêcher cette occurrence.

La France pâtit de sa faiblesse capitalistique.

Je donnerai trois contre-exemples pour illustrer cette proposition.
La résurgence de l’Allemagne est d’abord celle d’une économie capitalistique, centrée sur le Mittelstand, mais aussi appuyée sur tous ces capitaux qui s’orientent vers les entreprises pour soutenir leur développement et enfin l’autofinancement des entreprises à partir de leurs profits.
La réussite de la high tech américaine n’est pas un simple effet de la propagande des médias. Elle a été initiée par les business angels (très anciens aux États-Unis) qui, non seulement prennent part au capital d’une start up (dans la high tech ou ailleurs), mais conseillent le créateur d’entreprise pour l’aider à recruter les hommes et les femmes de qualité qui vont mettre en place le modèle d’expansion de l’entreprise.
Enfin la Chine - dont on ne dit pas assez qu’elle a inventé une forme de colbertisme propre - est de loin le grand concurrent mondial qui s’appuie sur le potentiel capitalistique de l’Etat. On évalue à près de 130% du PIB le montant des participations détenues par l’État dans les banques et dans les entreprises. À titre de comparaison, on évalue les participations directes et indirectes de la très étatiste France, qui vient en deuxième position, à 28% du PIB. Il y a donc une énorme implication de l’État sous une forme financière et capitalistique au sein des entreprises. La société créée pour lancer un concurrent de l’Airbus A320 et du Boeing 737 est entièrement à capitaux d’État. Ni l’Europe, ni les États-Unis, ni l’OMC n’y ont vu une atteinte quelconque à la libre concurrence alors qu’un différend indescriptible oppose Boeing et Airbus au sujet des aides attribuées à ces deux constructeurs. Autre exemple : alors que l’accident de Fukushima retient l’attention, la Chine vient de prendre la décision de lancer un programme de cinquante réacteurs nucléaires. Non seulement l’État finance l’essentiel de l’effort mais les Chinois sont en train de bâtir une nouvelle filière nucléaire - dite « graphite-gaz » par opposition à la filière à eau pressurisée - que ni les Allemands, ni les Américains, ni les Français n’ont réussi à mettre au point. Il semblerait, aux dernières nouvelles, que les Chinois ne soient pas très loin d’aboutir. Si c’était le cas, ce type de réacteur, plus sûr que le réacteur à eau pressurisée, leur donnerait un avantage comparatif considérable. Mais l’État est complètement impliqué dans ce projet !

Quel est le rôle du capital au sens propre, au sens restreint du terme ?

Selon Adam Smith, Ricardo ou Marx (Marx reprend la conception de Ricardo en inversant l’ordre des facteurs), la notion est extensive : pour les deux derniers nommés, tout ce qui est engagé directement dans la production ou indirectement, comme ce qui est nécessaire à la subsistance des travailleurs et de leurs familles, constitue du capital. La notion de capital telle que je la retiens et l’applique consiste en la détention des actions ou des parts d’une entreprise, d’une société créée en vue d’un objectif économique déterminé.

Ce capital n’a pas seulement un but « prédateur » (pour prendre un terme cher à Michel Volle), il est là comme le tuteur sur lequel une plante s’appuie pour s’élever dans les airs et se développer. Il apporte des ressources en quantité nécessaire mais, dans la durée, le financement d’une entreprise doit surtout s’appuyer sur sa capacité de profit. Néanmoins, lorsqu’elle se lance, lorsqu’elle doit accélérer son rythme de développement ou éponger des pertes, l’entreprise a besoin d’un apport d’argent frais, d’un apport de capital de l’extérieur.

J’insiste sur le rôle de partenaire stratégique. Les pays les plus résistants, les plus solides dans le concert de la concurrence mondiale sont actuellement ceux où le capital est accroché, attaché à l’entreprise, au lieu d’intervenir dans un but opportuniste. L’Allemagne en est, à quelques exceptions près, un exemple : le Mittelstand, capitalisme principalement familial, est extrêmement développé et les détenteurs de fonds locaux travaillent dans le même esprit que le capital familial. Ils sont évidemment inscrits dans la très longue durée : 30, 50, 100 ans.

 

Le capital, partenaire stratégique de l’entreprise, doit exercer deux pouvoirs.


1°) Un pouvoir interne sur les dirigeants.
Les actionnaires de marché exercent leur pouvoir de très loin. Leur surveillance s’exerce avec une longue-vue, ce qui leur permet de ressasser leurs exigences de rentabilité, de réduction des coûts, d’accroissement de la productivité et d’ouverture vers de nouveaux marchés. Mais ces antiennes ne s’appuient pas sur une vision du fonctionnement de l’entreprise, dont Michel Volle a souligné avec juste raison qu’il était essentiel.
2°) Un pouvoir externe de protection.
Le capital doit protéger l’entreprise contre les prédateurs, les raiders qui font des razzias sur les entreprises. Nous avons tous en tête l'OPA d'Alcan sur Péchiney et le raid de Mittal sur Arcelor mais nombreuses sont, à travers le monde, les entreprises qui ont été accaparées par des raiders venus de l’extérieur. La doctrine de la concurrence telle que nous la connaissons inclut la possibilité pour les raiders d’opérer par l’intermédiaire du marché des actions. Sur ce marché, un raider venu de l’extérieur propose aux actionnaires de racheter leur participation à un prix bien plus élevé que le prix du marché, auquel cas le contrôle du capital et le pouvoir dans l’entreprise lui sont transférés par les vendeurs bénéficiaires de l’opération. C’est ce qui s’est passé avec Péchiney et avec Arcelor. L’entreprise la plus compétitive, Arcelor, a été contrôlée pat Mittal. Péchiney a été contrôlée par Alcan, pourtant en déficit au moment du raid et subventionné par le gouvernement canadien. Monsieur Mario Monti n’y a pas vu d’obstacle ! Ce pouvoir externe de protection contre les prédateurs est essentiel, surtout dans le monde où nous vivons. Il aurait été bien moindre il y a un siècle ou deux, au moment où ce qu’on appelle le capitalisme s’est lancé. Aujourd’hui, les mœurs financières sont telles qu’on peut lancer des raids massifs sur des entreprises qui tiennent le haut du pavé sur leur marché de référence.

Le leurre de la démocratie actionnariale.

Un leurre juridique empêche de comprendre la question du capital dans l’entreprise. Les codes du commerce posent le principe axiomatique d’une égalité des actionnaires. Une action, une voix, un droit de vote. Par conséquent on traite exactement de la même manière l’actionnaire qui vient prendre des parts ou des actions pour des raisons purement financières et celui qui, au contraire, entre dans l’entreprise pour l’accompagner dans sa stratégie et dans sa politique. Il n’y a donc pas de démocratie actionnariale. Il y a deux catégories d’actionnaires qu’il faut bien distinguer : l’actionnaire opportuniste (sans connotation péjorative) et l’actionnaire qui, au contraire, a décidé de jouer le jeu de la pérennité et du développement de l’entreprise. Or nos codes du commerce, en particulier en France, imposent un traitement égalitaire des actionnaires qui empêche de faire apparaître cet actionnariat stratégique.
C’est pourquoi je propose, contre l’avis majoritaire et depuis de longues années déjà, de distinguer juridiquement les deux catégories d’actionnaires pour leur appliquer un traitement différencié.
Premièrement, l’actionnaire qui serait là uniquement pour participer au capital et aux fruits de l’exploitation de l’entreprise, avec le droit de sortir du capital de l’entreprise à tout instant, n’aurait pas de droit de vote (ou des droits de vote simples).
Deuxièmement, le véritable actionnaire capitalistique, attaché à l’entreprise dont il accepte la stratégie, exercerait des droits de vote décisifs pour désigner, contrôler les dirigeants et décider de leur remplacement éventuel. Il est des moments dans la vie d’une entreprise où le remplacement des dirigeants est vital. Or, dans le système d’actionnariat de marché, les dirigeants en place tendent à se renouveler par relations personnelles : on va chercher un ami, un favori pour succéder au président en place.
Ce distinguo des actionnaires, qu’il est absolument nécessaire d’introduire dans la loi, pourrait être complété par ce que j’appelle la généralisation du régime dual.

Nous avons deux régimes de conseil de direction des entreprises : le conseil d’administration, autour du PDG, qui est le plus répandu et le régime dual qui prévoit un conseil de surveillance, où sont représentés les actionnaires et un directoire où sont installés les membres du noyau dirigeant de l’entreprise (le management). C’est le cas, en France, chez PSA et chez Schneider.
Il y a plus de trente ans de cela (j’étais, à cette époque, un suppôt du petit, du moyen et du grand capital) le législateur français a toiletté la fameuse loi du 24 juillet 1966 sur les sociétés commerciales incluse dans le code de commerce. Son intention était de pousser les entreprises françaises importantes à adopter le régime dual qui distingue formellement les actionnaires des managers. Un certain nombre d’entreprises l’ont fait mais la plupart d’entre elles ont rebroussé chemin. En effet, les dirigeants se sont aperçus que ce régime instaurait une vraie gouvernance, un véritable contrôle par les actionnaires.
Ce régime dual devrait être généralisé à toutes les entreprises importantes dépassant un certain effectif de personnel, cotées ou non.

 

Revenir à la règle du non-rachat des actions par l’entreprise.

Une décision particulièrement malencontreuse a été prise en 1998 par le ministre de l’économie et des finances : la possibilité de racheter les actions de l’entreprise par l’entreprise elle-même. Cette décision a été introduite dans notre code de commerce. Outre que la plupart des codes de commerce européens ne connaissaient pas ce régime, c’est une anomalie dans ce sens que les actions rachetées par l’entreprise ne servent plus à rien, elles sont inscrites sur une ligne et neutralisées une fois pour toutes. Ce rachat coûte le plus souvent cher à l’entreprise. Il décapitalise l’entreprise et engraisse ces actionnaires qui refusent précisément d’assumer à long terme les vrais risques de l’entreprise.

Une entreprise américaine, le plus grand laboratoire pharmaceutique du monde, a illustré récemment les effets de ce régime. Pfizer a vu tomber dans le domaine public l’un de ses médicaments à grand succès. Elle a donc perdu les profits correspondants. Le bénéfice par action en a été réduit d’environ 10%. Ian Read, le nouveau patron de l’entreprise, a pris la décision lourde de fermer le centre de recherche de Sandwich, en Angleterre. Ce centre, qui a tout de même inventé cinq des vingt médicaments les plus vendus dans le monde par le groupe, dont le fameux Viagra, employait 2400 salariés. Il a fait une économie sur l’exercice de 1,5 milliard de dollars et a procédé, dans la foulée, à un rachat d’actions à hauteur de 5 milliards de dollars ! Nous voyons là s’exprimer cette prédation des actionnaires sur les entreprises qui est surtout anglo-américaine mais qui nous a assez largement contaminés. Certains de nos grands groupes la pratiquent.

La troisième mesure que je propose est donc de revenir à la bonne règle, prudentielle du double point de vue comptable et financier, de non-rachat des actions émises par l’entreprise.
Ça, c’est le problème capitalistique proprement dit. Il faut agir de façon tout à fait décisive sur les règles du code du commerce.

Je pense même que si la France, transgressant les règles de la concurrence et la libre circulation des capitaux, inventait un modèle, une esquisse d’un « capitalisme à la française », selon les règles que j’indique, elle pourrait faire école.

Dégager de nouvelles ressources financières

Cette nécessité passe par la création d’une banque nationale d’investissement, nous dit Martine Aubry, candidate à la candidature au Parti socialiste … ignorant que nous l’avons ! Le Président de la République en exercice a en effet décidé de réactiver les moyens de la Caisse des dépôts et consignations et du Fonds stratégique d’investissement qui est aujourd’hui partie prenante dans de nombreuses entreprises françaises (Eiffage, l’entreprise de BTP, ACCOR, l’hôtelier, Nexans, deuxième producteur de câbles électriques dans le monde, Yoplait, La Banque postale…). À ce jour, 3000 entreprises ont le FSI pour « actionnaire de référence » (partenaire stratégique). Et le patron de la Caisse des dépôts et consignations a indiqué récemment que ce chiffre serait porté à 4200 d’ici à 2013.
Nous disposons donc d’une banque nationale d’investissement. Il suffit de la développer en lui procurant les moyens correspondants. Les moyens du FSI augmentent de 40% à 50% par an. Continuons ! De ce point de vue, de ce seul point de vue, hélas, on peut dire que Nicolas Sarkozy a rompu avec les stéréotypes du néolibéralisme en réactivant un actionnariat public auprès des entreprises privées.
Ne faudrait-il pas, parallèlement à cette banque nationale d’investissement, une banque d’affaires privée ?

Nos banques d’affaires privées ont disparu. Paribas n’est plus une banque d’affaires, Rothschild est devenu un cabinet de conseil. Il n’y a plus de banques d’affaires en France !
Je ne vois pas pourquoi, à côté de la banque nationale d’investissement, nous n’aurions pas au moins une banque d’affaires privée susceptible d’intervenir dans le capital des entreprises.

 

Je propose enfin une évolution du système de crédit.

L’immense crise bancaire qui a frappé le monde occidental n’était pas due, dans la plupart des cas, à une hypertrophie du crédit aux entreprises mais à une hypertrophie du crédit à la consommation. On peut même dire que les prêteurs habituels ont renâclé à prêter aux entreprises et tout particulièrement en France. Par exemple, les banques qui finançaient habituellement le crédit à l’import-export se sont retirées brutalement au cœur de la crise financière. Si la récession a été aussi brutale, c’est d’abord en raison d’un déséquilibre entre la production et la demande à l’échelon du monde occidental mais aussi parce que les ressources du crédit import-export ont brutalement fait défaut à l’automne 2008. Les Etat sont venus se substituer aux banques défaillantes et même le FMI, à compter de la première réunion du G 20 à Londres, le 1er avril 2009. Mais cela signifie que les banques, telles qu’elles fonctionnent aujourd’hui dans leur grande majorité, refusent les risques au moment où ils se présentent à l’horizon. On a donc un problème de financement des entreprises lorsque celles-ci ont un besoin criant de crédit pour passer le moment le plus difficile.

Une initiative particulièrement originale, passée complètement inaperçue, a été prise durant cette période troublée. Trois anciens cadres bancaires (3) ont essayé de créer un nouvel organisme, la CFA (Corporate Funding Association). Ces trois cadres sont allés démarcher vingt grands groupes du CAC 40 : Veolia, GDF, Danone, Michelin, Lafarge, France Telecom et bien d’autres. Ils ont obtenu un accord de principe pour que ces groupes deviennent les actionnaires d’une nouvelle société de crédit (qui fait du crédit mais ne collecte pas de dépôt, à la différence d’une banque au sens classique du terme). Le succès initial de cette initiative venait du fait qu’elle rencontrait la volonté des entreprises françaises, même des grandes, de commencer à être moins dépendantes de leurs banquiers traditionnels.

Cette Corporate Funding Association, société de crédit tout à fait nouvelle, aurait pu être étendue et dupliquée non seulement aux grandes entreprises mais aux entreprises moyennes, voire aux petites entreprises. Cet organisme n’a pas vu le jour. Un désaccord est survenu entre les actionnaires potentiels, entre les entreprises qui étaient d’accord au départ pour financer cette CFA. Et les agences de notation ont refusé de noter les emprunts que cette société de crédit aurait dû émettre pour procurer du crédit à ses clients, bloquant ainsi cette initiative extrêmement originale et intéressante et qui aurait pu être l’embryon, l’esquisse de l’esquisse d’un système de crédit aux entreprises digne de ce nom.
Il existe cependant, si l’on veut être juste, un organisme public qui joue un rôle déterminant dans le domaine du crédit. C’est Oséo, nouveau nom de l’ancienne BDPME (Banque des PME) qui a, parallèlement à l’action du FSI, énormément élargi son action au cours de la période de crise. Les sommes garanties par Oséo ont considérablement augmenté. En l’occurrence, des ministres libéraux ont agi dans le bons sens sous la pression des circonstances, on ne saurait leur en faire reproche.

Nous avons donc un double effort à faire pour essayer de créer un capitalisme à la française, avec un cadre juridique approprié, et de susciter un système de crédit approprié pour que nos entreprises qui ont de l’avenir, dont les perspectives de développement sont importantes, puissent bénéficier des concours de crédit dont elles ont besoin.
Ce sont ces tâches essentielles, voire cruciales auxquelles les candidats sérieux à la présidentielle de 2012 devront s’attacher
Merci de votre attention.

 

Jean-Pierre Chevènement

Merci, Jean-Luc, après Laurent Faibis et Michel Volle, vous nous avez ouvert les pistes d’un redressement, d’une politique nouvelle qui redonnerait un avenir à notre pays et à sa jeunesse. C’est le rôle de la Fondation Res Publica.

Jean-Michel Quatrepoint a écrit un article intitulé : « Lutter contre la tentation de Venise » (1), tentation qui avait saisi une personnalité tout à fait éminente (2) envahie par un vague à l’âme tout à fait compréhensible.

Lutter contre la « tentation de Venise », c’est-à-dire lutter contre le renoncement. Comment faire pour aller de l’avant ? Je pense que l’intervention de Jean-Michel Quatrepoint s’inscrira dans la continuité parfaite des précédents exposés.

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1/ La France et ses multinationales. Stratégie globale et intérêt national, sous la direction de Laurent Faibis, avec la collaboration de Jean-Michel Quatrepoint. Éd. Xerfi, janvier 2011
2/ In « La trahison des économistes », Jean-Luc Gréau, éd. Gallimard, coll. Le débat, septembre 2008. Chapitre 5 p. 135
3/ Arnaud Chambriard, Philippe Roca, deux anciens de Natixis, et Hugues Delafon, un ancien de Dresdner Kleinwort ont imaginé la CFA (pour Corporate Funding association) qui fonctionne comme une coopérative de financement.
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VOIR AUSSI : ENTREPRISES

 

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Un capitalisme à la française

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Intervention de Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, au colloque "Radiographie des entreprises françaises" du 4 avril 2011

Un capitalisme à la française

Jean-Michel Quatrepoint

Le capitalisme à la française existe,

le choix a été fait il y a vingt ans. C’est un choix basé sur nos multinationales, basé sur la consommation, la distribution, je pourrais même ajouter sur la restauration. Il suffit de regarder où se sont faites les fortunes ces trente dernières années : la grande distribution, la restauration et le luxe.
Ces choix ont été faits, implicitement, par la collectivité qui, par exemple, il y a une quinzaine d’années, a choisi les emplois de services, souvent subventionnés, les emplois dans les collectivités territoriales.

Nous avons collectivement fait ce choix parce que nos multinationales ont sous-investi. On s’est glorifié il y a quelques jours de notre troisième rang pour les IDE (investissements directs étrangers). Effectivement, notre pays a accueilli l’année dernière 56 milliards de dollars d’investissements directs de l’étranger. Mais on dit moins que nous sommes au deuxième rang pour les investissements directs des Français à l’étranger : 147 milliards, derrière les États-Unis et loin devant l’Allemagne.

En effet, les sociétés multinationales (notre choix économique) investissent essentiellement à l’étranger, pas seulement pour des questions de main d’œuvre mais d’abord parce que les marchés sont à l’étranger, notamment dans les pays émergents. Nous avons donc un déficit d’investissement d’une centaine de milliards, partis pour l’étranger. On peut me rétorquer que ces investissements reviennent sous forme de dividendes Certes ! Mais ils reviennent sur le CAC40 dont plus de 50% des actionnaires sont des personnes étrangères. C’est un cercle vicieux.

Dans la logique de ce « capitalisme à la française », les PMI et les PME se sont fait laminer, tant par les multinationales, qui ne sont pas toujours sympathiques avec leurs sous-traitants, que par un système - dont nous sommes collectivement responsables - qui fait que l’entrepreneur n’a pas forcément bonne presse.

On ne le dit pas assez : la vie d’un chef d’entreprise moyenne ou même petite est aujourd’hui particulièrement difficile.

  • Il est confronté à la règle des « seuils » : le seuil délégué du personnel (à partir de dix salariés), le seuil comité d’entreprise (à partir de cinquante salariés). Ce n’est pas neutre. Basculer de 49 à 51 salariés coûte très cher à l’entreprise.
  • Il est soumis à la législation concernant la formation professionnelle, excellente idée il y a trente-cinq ans, appliquée de manière aberrante aujourd’hui.
  • Il subit l’absentéisme, la règlementation, les contrôles (l’URSSAF, les impôts etc.)
L’excès de règlementation décourage les entrepreneurs…

… qui réalisent qu’il y a plus de risques que d’avantages à développer leur entreprise. Ils craignent aussi d’être lâchés par leur banque en cas de difficulté

Au départ on trouve du capital, le capitalisme à risques existe. Mais par la suite, il devient plus compliqué de financer la trésorerie régulièrement.

J’ajoute que la rémunération d’un patron de PME n’a rien à voir avec ce que gagnent les managers du CAC40 qui, eux, ne sont pas responsables sur leurs biens propres.

Voilà pourquoi les entrepreneurs ont peu à peu disparu. De même qu’on a fait disparaître les petits commerçants au profit de la grande distribution. On peut parler d’une collusion entre Bercy, la haute fonction publique et les partis politiques : Les petits commerçants mettent l’argent directement dans leurs poches ! Ce sont des affameurs ! Vive la grande distribution ! Vive les grandes chaines de restauration ! On a vu le résultat.

Le système fait que la PME est progressivement liquidée, d’autant que les syndicats se plaignent de ne pas être bien représentés dans les PME. Il est vrai qu’ils sont mieux traités dans les grandes entreprises où ils peuvent prospérer grâce au comité d’entreprise (EDF, SNCF etc.).

Cette situation est aggravée par l’insécurité fiscale.

Les règles changent continuellement. Que va-t-il se passer en matière d’ISF ? Que sera le projet de loi de finances pour 2012, à la fin 2011 ? Que se passera-t-il ensuite si la majorité bascule à gauche ? Comment faire pour externaliser les plus-values ? Est-il judicieux de verser des dividendes plus tôt, avant un éventuel changement ? Ces questions deviennent obsessionnelles. Il est urgent de dérèglementer là où c’est nécessaire, dépoussiérer le système, le remettre à plat. L’absence de stabilité fiscale et juridique est paralysante.

L’ISF porte une responsabilité dans la disparition des PME. Certes, l’outil de travail n’est pas soumis à l’ISF mais le produit de la revente d’une PME est, lui, imposable ! C’est pourquoi les patrons de PME externalisent quand c’est possible, essayant de vendre à un étranger et à l’étranger, afin de s’exonérer de plus values et de ne pas payer un ISF dont la vente de leur entreprise les rendrait redevables. Ce sont les effets pervers de l’ISF. Son taux n’est pas en cause. On ne compte plus à Bruxelles, à Genève ou ailleurs, les Français qui, dans les quinze ou vingt dernières années, se sont externalisés au moment de la vente leur entreprise, souvent des moyennes-grandes entreprises.
Dans bien des cas, l’acquéreur (étranger ou fonds étranger) a exploité l’entreprise, lui extorquant des dividendes pour rembourser des dettes par deux ou trois LBO successifs, avant de la vendre à la casse (sans parler de la casse précédente et des dégâts sociaux). C’est ainsi que s’exerce la prédation des financiers.

Il faut savoir aussi qu’il y a une fiscalité à deux vitesses.

  • La fiscalité des particuliers et la fiscalité des entreprises,
  • la fiscalité du CAC40 et la fiscalité des PME,
  • la fiscalité des entreprises industrielles ou de services et celle du système financier, ce denier étant particulièrement avantagé.
  • De même, des banques centrales font de l’open bar pour les banques qui viennent s’alimenter à 0,5% ou 1% d’intérêts tandis que certains États doivent se financer à 10% ou 12% de taux d’intérêts. Là aussi il y a deux vitesses.

Quand on parle de réforme fiscale, il faut expliquer qu’il ne suffit pas de taper sur les classes moyennes supérieures ou sur l’épargnant. Il faut examiner ce qui se passe dans les entreprises, dans le système financier et essayer de rétablir les équilibres.
En maintenant l’exonération des foncières sur leurs plus values immobilières, on fait peser tout l’effort fiscal sur les particuliers qui, vendant leur appartement ou leur résidence secondaire, paient la CSG et la plus-value plein pot tandis que les foncières continuent de faire tourner leurs actifs immobiliers sans payer d’impôt sur les plus-values. Ce sont les dirigeants de ces foncières, payés au pourcentage, avec des systèmes de bonus, qui en profitent.

C’est donc un système financier qui est fait pour les sociétés financières !

Le Herald Tribune  a publié il y a quelques jours un article de Neil Barofsky, inspecteur général du TARP (Troubled Asset Relief program )(3), plan de sauvetage de l'industrie financière de 700 Mds$. Au moment où il quitte ses fonctions, celui-ci explique que les objectifs préalables du TARP ont été complètement détournés au profit des banques et des établissements financiers. De la même façon, la lecture des minutes de la FED, tenue de lister tous les prêts accordés et tout l’argent donné aux banques, est hallucinante ! Là est le vrai sujet. Aucun programme ne pourra se dispenser d’expliquer comment remettre les financiers au pas. L’Islande l’a fait, des banquiers y sont actuellement emprisonnés. L’exemple islandais doit être médité.

La nécessaire reconstitution d’un tissu entrepreneurial ne se fera pas sans une remise à plat de la règlementation, sans réformes fiscales. Je pense notamment que ce n’est pas aux entreprises de financer les allocations familiales mais à l’État. C’est d’ailleurs une des différences entre la compétitivité de la France et celle de l’Allemagne. Je pense aussi qu’il faut dépoussiérer toute la règlementation du droit du travail, devenue incompréhensible. Il ne s’agit pas de fragiliser les travailleurs mais de remettre à plat et de repenser un système qui doit être efficace pour chacun et pour la collectivité. Sans doute faudra-t-il des programmes mobilisateurs.

Certains secteurs sont essentiels pour la France dont ils sont naturellement les points forts.
  • Comme Laurent Faibis, je suis consterné de voir s’effondrer la filière agro-alimentaire et agricole. La France est un grand pays agricole. Sa productivité est excellente. Nous avons la chance d’avoir des terres fertiles et un climat relativement favorable. Nous sommes relativement épargnés par les catastrophes naturelles. Nous devons absolument miser sur ces atouts et redévelopper des industries agro-alimentaires à partir de nos productions.
  • La construction et toutes les activités liées à l’habitat offrent un marché énorme où les PME peuvent se développer. Pourquoi les Italiens ont-ils aujourd’hui le quasi-monopole du design, des mobiliers, des carrelages etc. ? En développant ces activités nous créerions de l’emploi et de la valeur ajoutée.
  • Les industries de défense irriguent l’informatique, l’électronique, l’aéronautique etc.. Nous avons dans ces domaines un savoir-faire. Les Allemands essayent progressivement de s’infiltrer, de prendre un peu plus de pouvoir dans EADS … mais leur politique est explicitement hostile à toute défense, allemande comme européenne (ce qui, à terme, risque de coûter cher à l’Europe). Nous sommes les seuls capables de faire un outil de défense. Toutefois, l’état des forces françaises aujourd’hui peut inquiéter, d’autant que nous sommes engagés au feu pour la première fois depuis bien longtemps sur trois théâtres en même temps : Afghanistan, Libye et Côte d’Ivoire…

Jean-Pierre Chevènement

… Et même davantage : Nous sommes aussi engagés au Liban (FINUL), au Tchad (EFT), au large de la Somalie (opération Atalante contre la piraterie), en RCA (Micropax), au Kosovo (désengagement en cours), dans l’opération BALTIC 2011 (police du ciel au profit des pays baltes) ; sans parler des forces prépositionnées (Émirats arabes unis, Gabon, Djibouti, Libreville, Sénégal…), des forces stationnées en Guyane, à La Réunion, à Mayotte, en Nouvelle Calédonie, en Polynésie française… et des opérations ponctuelles.

Jean-Michel Quatrepoint

Et je crains que nos matériels ne soient plus aussi performants qu’autrefois et que, à force de serrer les boulons, de faire du postponing budgétaire (fait de remettre des dépenses à plus tard), notre outil de défense ne soit plus aussi adapté. Et j’imagine mal le Parti socialiste faire des industries de défense l’un des piliers de son programme de remobilisation industrielle … mais on peut rêver.
Merci.
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1/ La France et ses multinationales. Stratégie globale et intérêt national, sous la direction de Laurent Faibis, avec la collaboration de Jean-Michel Quatrepoint. Éd. Xerfi, janvier 201, « Lutter contre la tentation de Venise », conclusion de J.M. Quatrepoint, p. 215
2/ La tentation de Venise, titre d’un essai politique d’Alain Juppé Ed. Grasset, 1993
3/ « Le Trésor a recapitalisé les banques sans politique effective ou effort en vue de leur imposer une extension du crédit », a déploré Neil Barofsky dans un violent réquisitoire publié par le « New York Times » du 30 mars, le jour même où il quittait ses fonctions. Pour ce démocrate nommé à son poste par l'administration Bush en novembre 2008, le Trésor aurait trahi la promesse d'aider les propriétaires de logements en favorisant la transformation du TARP en « un programme généralement perçu comme un cadeau pour les dirigeants de Wall Street ». (Les Echos 01/04/11, P. de Gasquet)
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Le cahier imprimé du colloque "Radiographie des entreprises françaises" est disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation.

Fondation Res Publica I Vendredi 29 Juillet 2011 I | Lu 202 fois

samedi, 09 avril 2011

La capitalisme à l’agonie de Paul JORION

Le capitalisme n'est pas vraiment à l'agonie, mais il a une fièvre de cheval”  soulignait Alain Faujas dans l’article de présentation qu’il a consacrée à ce livre.

Paul JORION reprend les analyses du système financier qu’il mène depuis son expérience américaine et qu’il avait commencé comme anthropologue avec ses premiers travaux sur la formation des prix. Il en tire, selon Alain Faujas, quatre principes, pour remettre notre société globale sur ses pattes  :

  1. "ne pas imposer le travail qui constitue sans conteste l'activité humaine la plus utile et la plus digne d'être encouragée" ;
  2. "imposer substantiellement les revenus du capital" (dont les stock- options) ;
  3. "imposer de manière dissuasive les gains du jeu" (y compris les opérations financières) ;
  4. "éliminer les rentes de situation".

A défaut de révolution, il faut au moins "remettre les compteurs à zéro", de gré ou de force.

Mais dans cette hypothèse qu’adviendrait-il de cette capacité d’allocation rapide des actifs qu’on prête à ce système ? Quand je dis rapide, naturellement, je n’entend pas efficiente !

Qu’est-ce qu’on peut dire aussi des masses de capitaux et de leur emploi dans le monde ? Non pas d’un point de vue des méfaits de leur circulation ou du manque de contrôle de la spéculation, mais d’un point de vue plus structurel et utilitaire, comme : la rencontre du travail, le contrôle des ressources naturelles, l’épargne  ?

http://www.pauljorion.com/

“[…] la valeur ajoutée de l'expert d'un autre domaine n'est pas d'apporter la pièce manquante, empruntée à son propre savoir, mais de désigner les aveuglements nés de la cooptation incestueuse qui affecte toutes les disciplines.”  Paul JORION

Mots clés Technorati : ,,

mardi, 29 mars 2011

Dix industries condamnées

Rien de très nouveau. mais la synthèse est parfaite de simplicité.

En anglais ça sonne mieux : Top 10 Dying Industries

http://blogs.wsj.com/economics/2011/03/28/top-10-dyin...

The full list is below:

Sector Revenue 2010 (in millions) Decline 2000-2010 Forecast Decline 2010-2016 Establish- ments 2010 Decline 2000-2010 Forecast Decline 2010-2016
Wired Telecommunications Carriers $154,096 -54.9% -37.1% 23,474 -10.5% -15.9%
Mills $54,645 -50.2% -10.0% 9,553 -23.6% -12.8%
Newspaper Publishing $40,726 -35.9% -18.8% 6,128 -28.6% -17.6%
Apparel Manufacturing $12,800 -77.1% -8.5% 2,265 -60.5% -11.3%
DVD, Game & Video Rental $7,839 -35.7% -19.3% 17,369 -34.8% -11.2%
Manufactured Home Dealers $4,538 -73.7% -62.0% 3,968 -56.7% -58.7%
Video Postproduction Services $4,276 -24.9% -10.7% 1,789 -43.2% -37.8%
Record Stores $1,804 -76.3% -39.7% 2,916 -77.4% -11.6%
Photofinishing $1,603 -69.1% -39.1% 7,083 -59.3% -33.3%
Formal Wear & Costume Rental $736 -35.0% -14.6% 2,310 -28.5% -17.0%

Commentaire de Slate.fr

http://www.slate.fr/lien/36263/dix-industries-condamnees

L'économie américaine commence à se remettre de la sévère crise qu'elle a traversé au cours des trois dernières années, mais rien ne sera plus tout à fait comme avant. Comme souvent, la récession a accéléré le déclin des industries et des activités déjà en perte de vitesse. C'est ce que souligne un article du Wall Street Journal.

Il s'appuie sur une analyse menée par le cabinet de recherche économique Ibis World qui identifie les dix industries dont l'avenir est plus qu'incertain. Il n'y a pas vraiment de surprise dans cette liste, elle représente un mélange de secteurs touchés de plein fouet par les bouleversements technologiques ou par les délocalisations et la concurrence de pays où la main d'œuvre est bon marché.

La caractéristique commune de ces dix industries en voie de disparition est d'avoir toutes enregistré une baisse sensible de leurs chiffres d'affaires (entre 35% et 77%) entre 2000 et 2010.

Et selon les prévisions d'Ibis World, leur activité va continuer à décliner au cours des prochaines années.

1. Les télécoms

La plus importante industrie menacée est celle des télécommunications par fil supplantée par les téléphones mobiles et l'internet. Si, aux Etats-Unis, les plus grands groupes de télécommunication comme AT&T et Verizon restent puissants, leur rentabilité ne cesse de baisser. Leur survie n'est pas menacée, mais leur déclin semble inéluctable.

2. Les victimes du numérique

Dans la même logique, la domination grandissante du web et des médias numériques condamne pêle-mêle les éditeurs de journaux, l'industrie du disques et les sociétés qui vivent de la vente et de la location de vidéos.

Victime d'un choc technologique encore plus brutal avec l'explosion de la photographie numérique, l'industrie photographique traditionnelle a quasiment disparu. Kodak ou Fuji, qui dominaient le marché mondial il y a une décennie, sont aujourd'hui devenus des acteurs mineurs de leur industrie.

3. Les victimes des délocalisations

Pour des raisons différentes, les importations à bas prix et les délocalisations, la sidérurgie et l'industrie du textile et del'habillement américaine sont aujourd'hui presques détruites. Le nombre de sociétés du secteur de l'habillement a diminué de 60% entre 2000 et 2010.

4. Le logement

Toutes ses activités étaient déjà en déclin avant la récession.

La seule victime directe de la récession américaine est le secteur du logement. Il a bénéficié de la bulle immobilière aux Etats-Unis et de l'explosion de la construction de nouveaux logements. Depuis trois ans, les stocks de logement invendus sont à des niveaux historiques et les mises en chantier et les prix ne cessent de baisser.

lundi, 14 février 2011

Affaire ClearStream : Denis Robert a remporté tous ses procès en Cassation

Saluons à nouveau, l'exploit de Denis ROBERT, pour son courage à avoir mis au grand jour les pratiques opaques et frauduleuses de nos banques et de Clearstream, et soyons fiers de cette lutte réussie du pot de terre contre le pot de fer et des quelques personnes qui l’ont soutenu pendant ces années de galère.

« Après dix ans de procédure, la société luxembourgeoise Clearstream a finalement été déboutée par la Cour de cassation, de ses poursuites contre le journaliste Denis Robert.

Ce dernier critiquait le fonctionnement opaque de la chambre de compensation luxembourgeoise et l'accusait de permettre à ses clients de blanchir de l'argent.

Rue89 publie le texte des trois arrêts, qui soulignent que le journaliste a travaillé "dans les limites de la liberté d'expression".

Trois condamnations annulées d'un coup, et le journaliste Denis Robert est totalement blanchi. Il était poursuivi pour diffamation par Clearstream pour un film et deux livres : le documentaire Les Dissimulateurs, diffusé en 2001 sur Canal+ et les deux livres Révélations et La Boîte noire, publiés en 2001 et 2002 aux éditions Les Arènes.»

A lire sur http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=10281

Entretien Télérama avec Denis Robert :
“En me rendant justice contre Clearstream, on rend justice au journalisme”

Le 12 février 2011 à 12h01
Tags :
Denis Robert
justice

LE FIL Idées - Enfin ! La semaine dernière, la Cour de cassation a définitivement donné raison à Denis Robert après les multiples procès intentés par Clearstream. Le journaliste nous explique en quoi cette décision, qui représente pour lui un immense soulagement, est aussi historique pour la liberté de la presse.

Denis Robert le 5 octobre 2008, pendant le procès Clearstream.
Photo : Christophe Morin / IP3 / MaxPPP

Dix ans de procès. Près de soixante procédures intentées par la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream contre le journaliste Denis Robert. Et au final, la victoire. Dans trois arrêts rendus le 3 février 2011, la Cour de cassation vient de blanchir le journaliste. Cette décision inverse les condamnations pour diffamation qu’il avait subies en appel en 2008 pour ses deux livres Révélation$ et La Boîte noire, ainsi que pour un documentaire diffusé sur Canal+.

La suite à lire sur cette page http://www.telerama.fr/idees/denis-robert-vs-clearstream-...

Rappels :

Clearstream est un organisme international de conservation de valeur mobilières, d’origine Luxembourgeoise, concurrent d’Euroclear son homologue d’origine française .

  • Avant sa reprise par Deutsche Börse, Clearstream tirait partie de la situation de paradis fiscal du Luxembourg et d’un système informatique échappant aux autorités de contrôle.

  • Cet organisme permettait donc à nos grandes banques de pouvoir passer des opérations opaques et non traçables comme ça aurait été le cas avec le système informatique de Euroclear qui trace toutes les transactions.

  • Ce système informatique a été lancé dans les années 80 à l’occasion de la modernisation de la bourse de Paris et de la SICOVAM, équivalent alors de la Banque de France pour les Titres. 

    Ses premières briques ont été le système RELIT (Règlement/Livraison de Titres) lancé sous l’impulsion de Pierre Bérégovoy, qui a évolué ensuite en RGV (RELIT grande Vitesse), et qui supervisait les transferts de titres entre - Sociétés de Bourse (résultant des négociations de Bourse de leurs clients : Banques ou autres personnes morales ou physiques) ou autres Intermédiaires financiers (autorisés à négocier de gré à gré entre eux) - et la SICOVAM (le dépositaire garant de tous les stocks de valeurs mobilières, qui rappelons le sont dématérialisées)

    Sous l’effet de la mondialisation et de l’accélération de l’intégration de nouveaux concepts d’instruments financiers, MATIF, MONEP et Clearing de Contrats et produits dérivés, la SICOVAM a fusionné avec ses homologues Belges et Hollandais, pour finalement aboutir à Euroclear.

Autre société d’origine française, EURONEXT qui, outre le CAC système d’appariement des ordres de Bourse collectés par les Société de Bourses et les Brokers, utilise aussi RELIT/RGV dans sont système informatique pour le suivi de ces négociations jusqu’à l’accord des parties pour ensuite les déverser dans le système RELIT de dénouement d’Euroclear.

Il en résulte qu’en France, le système de suivi des opérations de valeur mobilières, ne permet en théorie aucune tricherie, et protège les banques des défaillances d’un de leur confère - pour ce type de transactions - le dénouement assure le règlement contre la livraison et en amont les négociations doivent elle-même être couvertes par des liquidités ou de valeurs mobilisables.

L’affaire KERVIEL, montre cependant  qu’un système aussi parfait soit-il ne prémunit en rien contre les défaillances des gens qui sont censé le surveiller.

mercredi, 09 février 2011

Budget IT de la Chine 1/5 de celui des USA

"Maitriser l'Informatisation" défend Michel VOLLE dans cet article http://michelvolle.blogspot.com/2011/01/maitriser-linform...
Barack Obama lui-même” – déclare-t-il – “dit que c'est l'informatisation qui a changé le monde, et non la finance ni la politique. Mais comme son propos manque de précision les conséquences pratiques qu'il convient d'en tirer n'apparaissent pas clairement (voir « L'ordre économique mondial a changé, selon Obama », Challenges, 27 janvier 2011).
Or c'est de précision que nous avons besoin pour agir de façon judicieuse dans un monde que l'informatisation a bouleversé. Pour voir la présentation en vidéo, cliquer sur Maîtriser l'informatisation - vidéo (dix minutes). Pour voir toutes les vidéos relatives à cet ouvrage, cliquer sur La France et ses multinationales - vidéos.”

L’article suivant du Monde du Cloud, montre toute l’importance que la Chine apporte à cette maîtrise de l’Informatisation à l’aurore de la “révolution 2.0 du Cloud”, et le dernier rappelle que la guerre technologique se fait avec l'outil informatique!

Le Monde du Cloud : « Cloud City » : La Chine construit une ville pour le cloud computing

Edition du 08/02/2011 - par Jean Elyan avec IDG NS

« Cloud City » : La Chine construit une ville pour le cloud computing

Avec le concours d'IBM, la Chine a mis en chantier dans la province de Hebei, une ville dédiée au cloud computing, laquelle comprendra des immeubles de bureau et un méga datacenter.

Ces investissements dans le domaine des technologies de l'information reflètent typiquement le genre de projets qui contribuent à la croissance à deux chiffres de ce pays. L'ensemble du complexe  de Hebei couvrira environ 2 millions de mètres carrés, le centre de calcul occupant à lui seul 200 000 mètres carrés, selon IBM, qui collabore avec une compagnie chinoise pour le construire.

Une croissance rapide, mais des investissements en deçà du niveau américain

 

L'ampleur de ce projet, annoncé le mois dernier, est à peu près équivalent à la taille du Pentagone, sauf que, dans le cas chinois, il est réparti sur plusieurs bâtiments regroupés dans un parc de bureaux et, d'après les plans, pourrait inclure certaines zones résidentielles. Il se peut aussi que l'approche très spécifique et unique vise à réunir sur un même lieu des datacenters et des développeurs. Ces grands projets, que ce soit la construction de superordinateurs ou des zones de bureaux tentaculaires destinées au développement de logiciels, suscitent à coup sûr beaucoup d'attention. Néanmoins, le niveau global de dépenses IT en Chine, bien qu'en croissance rapide, est seulement le cinquième de celui des États-Unis. Selon IDC, les dépenses de la Chine, qui comprennent le matériel, les logiciels et les services, devraient s'élever à environ 112 milliards de dollars cette année, en hausse de 15,6% par rapport en 2010 où elles étaient de 97 milliards de dollars. Comparativement, les dépenses des États-Unis devraient atteindre pour leur part 564 milliards de dollars cette année, en augmentation de 5,9% par rapport à 2010.

Efficacité énergétique : la normalisation reste à faire

 

Selon Dale Sartor, ingénieur au Département Américain de l'Énergie du Lawrence Berkeley National Laboratory, qui a visité environ huit datacenters en Chine l'année dernière, l'industrie technologique chinoise n'est pas aussi importante que cela, et « dépend à plus d'un titre des vendeurs » pour la conception des centres de calcul. L'ingénieur évalue, avec son équipe d'experts spécialisés dans le domaine de l'efficacité énergétique des salles informatiques, la possibilité d'aider les Chinois sur cette question, une entreprise que le Département de l'énergie a déjà effectuée en Inde pendant plusieurs années. Dale Sartor travaille notamment à l'élaboration de normes pour les datacenters, en collaboration  avec l'Institut de normalisation électronique de Chine. Car, s'il existe une importante réglementation en matière de conception de centres de calcul en Chine, elle est beaucoup plus diluée pour ce qui concerne l'efficacité énergétique. L'ingénieur s'attend à une accélération du développement des datacenters en Chine, en particulier de très grands centres destinés à offrir d'importants services de cloud computing, et qui risquent bien de devenir la norme. « J'ai le sentiment que le cloud va prendre une place énorme en Chine, à la fois pour des raisons d'efficacité, mais aussi pour la capacité de contrôle qu'il apporte, » a déclaré Dale Sartor. « Si tout est dans le cloud et si le cloud appartient au gouvernement, alors il est beaucoup plus facile de garder un oeil sur l'Internet et d'autres choses qu'avec un modèle distribué. » La Chine utilisera, entre autres,  les services d'IBM pour la conception du complexe en construction dans la province du Hebei, en collaboration avec Range Technology Development.

IBM : une activité en croissance de 25% en Chine

La rapide croissance de la Chine en matière d'IT a été un atout pour IBM, qui a déclaré que son activité avait augmenté de 25% dans ce pays en 2010 par rapport à l'année précédente. La première phase du chantier concerne la construction de sept datacenters surbaissés. Mais l'espace occupé par le centre de calcul de Hebei pourrait facilement s'étendre à plus de 300 000 mètres carrés. Le projet prévoit en effet, si nécessaire, une autre tranche de six datacenters, qui viendront s'ajouter au complexe initial. Selon IBM, Cloud City devrait être achevé en 2016. En terme de taille, ces centres de calcul seront parmi les plus grands du monde. Selon le classement des datacenters établi par Data Center Knowledge, les centres de calcul chinois dépasseront la taille du plus grand complexe connu situé à Chicago : une installation de 330 000 mètres carrés détenue par Digital Realty Trust.

Illustration principale : Plan de la « Cloud City » en cours de construction en Chine, crédit photo IBM

Des groupes pétroliers piratés par des hackers de Chine

http://www.lefigaro.fr/hightech/2011/02/10/01007-20110210...
Mots clés : cyberattaque, McAfee
Par Benjamin Ferran
10/02/2011 | Mise à jour : 13:30 Réactions (4)

Les réseaux informatiques de cinq multinationales du gaz et du pétrole ont été infiltrés par des pirates agissant depuis la Chine, révèle le groupe de sécurité informatique McAfee. Le FBI a ouvert une enquête.

[...] Plusieurs gigaoctets de documents confidentiels sur des appels d'offres pour des contrats de forages et des équipements industriels ont été dérobés. [...]

Selon les travaux de McAfee, qui n'a pas précisé les noms des entreprises visées, ces attaques durent depuis au moins deux ans et sont toujours en cours. En combinant plusieurs techniques d'intrusion, les hackers sont parvenus à pénétrer dans le système informatique de leurs cibles, puis à remonter jusqu'aux postes des dirigeants afin d'y télécharger des archives de courrier électronique et d'autres données sensibles.

«Des abeilles ouvrières»

Les assaillants n'ont pas cherché à supprimer leurs traces, remarque McAfee. L'un d'entre eux, qui a fourni des outils pour contrôler à distance les serveurs piratés, a agi depuis la ville de Heze, dans la province de Shandong, tandis que les téléchargements de données ont été lancés depuis des adresses IP de Pékin, à des heures de bureau. «Ces gens ressemblent plus à des abeilles ouvrières qu'à des hackers épris de liberté», affirme Dmitri Alperovicth, vice-président de McAfee chargé des recherches sur les menaces informatiques.

De l'aveu de McAfee, ce type d'attaque est «relativement peu sophistiqué». Il n'est pas au niveau de l'offensive lancée contre Google et d'autres entreprises américaines en décembre 2009, où des pirates chinois étaient déjà incriminés. Il n'a pas non plus le degré de sophistication du virus informatique Stuxnet, qui a ciblé les infrastructures nucléaires de l'Iran. Il s'agissait d'espionner, plutôt que de saboter. Rien n'indique que ce piratage a été orchestré par un État.

Cette nouvelle offensive, baptisée «Night Dragon» («Dragon de nuit») par McAfee, illustre l'évolution récente du piratage informatique. Les spécialistes de la sécurité, habitués à alerter sur les risques des virus, du spam et du phishing, se disputent maintenant des révélations sur des intrusions spectaculaires et ciblées. Ces attaques ne touchent plus directement le commun des internautes, mais des gouvernements et des entreprises, qui sont aussi leurs clients.

Par Benjamin Ferran
Journaliste, Le Figaro.fr