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vendredi, 05 juillet 2013

Jean-Pierre PETIT : "Les Z-machines permettent d'envisager une fusion nucléaire pratiquement sans déchets

Jean-Pierre PETIT : "Les Z-machines permettent d'envisager une fusion nucléaire pratiquement sans déchets"

Z machine : conférence de Jean-Pierre Petit à Polytechnique

La fusion nucléaire par laser est elle une fausse piste ?

Jean Pierre Petit - Radio Ici et Maintenant - Armes micro-ondes contre les civils

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Publié le 16 janvier 2013.

Suite à la publication de notre article sur le laser MegaJoule, des lecteurs nous ont réclamé des précisions sur le concept de Z-Machine. Nous avons demandé à Jean-Pierre PETIT, ancien directeur de recherche au CNRS, de nous présenter cette troisième voie en matière de fusion nucléaire…

Jean-Pierre PETIT, bonjour, que reprochez vous à des projets comme ITER ou au laser Mega-Joule ?

Jean Pierre PETITJean-Pierre PETIT – Sensibilisé par la catastrophe de Fukushima, j’ai réalisé, en participant à une manifestation à Aix en Provence en 2011, que j’étais le seul scientifique présent. J’ai pris conscience de l’absence en général de la communauté scientifique sur ce terrain du nucléaire, si on excepte quelques anti-nucléaires traditionnels (déjà âgés maintenant), se limitant au domaine de la fission, militant, à juste titre, contre ce projet dément de surgénérateur à neutrons rapides (Superphénix). Comme d’ailleurs les courageux militants anti-nucléaires de la première heure, qui se montrèrent conscients, à une époque où nous, scientifiques sommeillions dans nos bureaux. Certain laissèrent leur vie dans ce combat, d’où nous étions, nous, scientifiques, absents.

Ce que beaucoup de gens ignorent c’est que le premier geste de François Hollande, quand il prit ses fonctions de Président,  fut de signer l’accord pour la construction du réacteur expérimental Astrid, qui est un surgénérateur à neutrons rapides, refroidi au sodium, fer de lance d’une option rebaptisée « réacteurs de IV° génération ». Or Astrid n’est rien d’autre que Superphénix, « amélioré ». Personne ne réagit. Personne ne proteste. Pas plus qu’on ne proteste contre les idées démentielles appuyées par nos nucléo-députés Bataille et Vido : peupler le pays, d’ici la fin du siècle, de surgénérateurs à neutrons rapides, hyper dangereux, générateurs de déchets, fonctionnant au plutonium 239 pur, de manière à exploiter les 300.000 tonnes d’uranium 238 , issues de 50 années d’enrichissement isotopique, pour extraire du minerai l’uranium 235, fissile. Devenir ainsi « autonomes énergétiquement pour les 5000 ans à venir ».

J’ai aussi réalisé que face au projet ITER, il n’y avait pas de prises de position solidement appuyées sur des considérations réellement scientifiques. Je me suis donc plongé dans ce domaine, pendant deux années, aidé par des gens du milieu (mais tenant à garder un prudent anonymat). J’ai réalisé alors avec stupeur les failles béantes du projet ITER, qui ne découlaient ni du risque sismique, ni de la dangerosité du tritium, mais simplement du fait que ces machines, les tokamaks, étaient foncièrement instables. Pour faire court : ces instabilités appelées disruptions sont l’équivalent, dans ces machines, des … éruptions solaires (ce qui étaient d’ailleurs signalé noir sur blanc dans un rapport produit en 2007 par l’Académie des Sciences de Paris, sous la direction de l’académicien Guy Laval). Depuis que j’ai soulevé ce lièvre, les chantres du projets sont moins enclins à comparer ITER à « un soleil en bouteille ».

J’ai aussi créé une gêne en révélant que Putvinky, (avec qui j’avais dîné), « monsieur disruption » à ITER-Organization, réalisant que le problème était insoluble, avait rendu son tablier en juin 2012, abandonnant non seulement ITER (il avait rejoint l’équipe en 2009, achetant une propriété dans la région) mais la formule tokamak. Il est reparti travailler aux USA.

J’ai aussi découvert que ces questions, ainsi que bien d’autres, avaient été totalement passées sous silence dans le dossier de 7000 pages qu’ITER Organization avait mis en consultation libre durant l’été 2011, à l’occasion de d’Enquête Publique, devant déboucher sur une autorisation ou une non autorisation de l’implantation de « l’installation nucléaire de base ITER » (c’était le nom retenu). Une enquête publique qui avait été gérée comme si cette opération avait concerné l’implantation d’une station d’incinération à proximité d’un village. Je n’ai obtenu, cet été là, qu’un report de quelques mois de la décision, qui étaient déjà prise avant que cette commission fantoche, dirigée par André Grégoire « ne commence ses travaux ». Négligeant mes avertissements, celui-ci a signé le rapport final, se concluant par « avis favorable avec recommandations ». Et il m’a dit en substance « ils auront deux ans pour résoudre le problème des disruptions ». A noter que le mot « disruption » était tout simplement absent des 7000 pages mises en libre consultation !

Là j’ai compris que cette conclusion donnant le feu vert à ITER avait déjà été rédigée avant que cette pseudo enquête publique, complètement truquée,  ne démarre, en plein été 2011. Mais cela n’étonnera personne.

J’ai commencé à écrire des textes sur ces problèmes. L’un ‘eux a été repris et diffusé au sein de la Commission Européenne par la députée Michèle Rivasi, en français et en anglais. En même temps la revue NEXUS a publié la copie de ce texte dans ses colonnes. Ceci a suscité l’ire du CEA, qui a publié une « réfutation » dans son site, en français et en anglais, dont je n’ai pu connaître le ou les auteurs, apprenant seulement qu’il s’agissait d’un groupe de gens qui ne tenaient pas à révéler leur identité (…). Cette « réfutation » se trouve toujours sur le site. Evidemment, ma tentative d’obtenir un légitime droit de réponse pour  démonter ces arguments est restée sans réponse (voir ceci sur mon site http://www.jp-petit.org).

laser mega joulePlus récemment, dans son numéro de janvier-février 2013 la revue Nexus a publié une interview où je pointe le doigts sur le fiasco du NIF américain, en en expliquant les raisons, Mégajoule étant pratiquement la copie conforme du NIF, à quelques dizaines de lasers près (176 contre 192). J’ai donc pronostiqué (comme le font outre Atlantique nombre de scientifiques américains) que le NIF ne permettra pas d’obtenir la fusion, et que par conséquent le projet Mégajoule serait de l’argent (6,6 milliards d’euros), dépensés en pure perte. Le CEA publiera-t-il une seconde réfutation de mes dires dans son site ? Affaire à suivre.

Vous prônez une 3e voie pour la fusion nucléaire : celle des Z-machines. Comment fonctionnent-elles ?

Jean-Pierre PETIT - A l’issue de ce périple de deux années dans les domaines de la fission et de la fusion, en incluant le problème dramatique de la gestion des déchets, ma conclusion est que la façon actuelle de tirer de l’énergie du nucléaire apporte plus de maux que de bienfaits. Et que ces maux, dans les décennies à venir, créeront des drames horribles dont les catastrophes de Tchernobyl, puis de Fukushima ne sont que les pâles prémices. Le redémarrage des réacteurs japonais montre la puissance des lobbies, contre tout souci de la santé publique et des vies humaines.

En 2006 j’ai découvert, dans un article publié par mon vieil ami, le grand spécialiste des plasmas  Malcom Haines (hélas très malade) que les Américains, au laboratoire  Sandia, Nouveau Mexique, avaient obtenu des températures de plus de deux milliards de degrés dans un machine que j’avais vue en 1976, construite par Gerold Yonas. Cette découverte était fortuite (comme nombre de découvertes importantes dans l’histoire des sciences). J’ai immédiatement compris l’importance de ce saut incroyable effectué en 2005, la température maximale atteinte dès cette époque étant de 3,7 milliards de degrés. Ces valeurs ont suscité des réactions de scepticisme chez « les spécialistes français des plasmas chauds ».

Je suis allé à plusieurs congrès scientifiques internationaux, au top niveau. Il a fallu quatre années pour que l’interprétation des expériences, donnée par Haines, finisse par s’imposer, au congrès de Biarritz, 2011, consacré aux Z-machine, où il fit un exposé magistral, en tant que « personnalité invitée », communication appuyée par la publication d’un papier de 196 pages, sur le sujet, dans une revue à comité de lecture, devenu la Bible dans ce domaine.

En peu de mots, les plasmas de fusion  sont sujets à toute une palette d’instabilités. Dans les tokamaks, celles-ci finissent par donner des disruptions, décharges de dizaines de millions d’ampères, venant frapper la paroi (en tous point comparables aux jets de plasma des éruptions solaires). Dans les manips de fusion par laser, elle condamnent la filière (il s’agit alors  » de l’instabilité de Raleigh Taylor »). Dans les Z-machines elles … accroissent la température du plasma !

Ainsi le malheur des uns fait le bonheur des autres.

A Biarritz, j’appris de la bouche de Valentin Smirnov, directeur du département fusion à l’Institut des Hautes Températures de Moscou, qu’il dirigeait la construction d’une Z-machine russe, Baïkal, qui sera plus puissante que le ZR américain ( successeur de la Z-machine ). Après les Américains, les Russes se lancent aussi dans ce domaine, pied au plancher.

Schématiquement, on pourrait dire que la Z-machines (et maintenant ses multiples variantes, comme MAGlif) est à des machines comme ITER,( où on s’efforce de maintenir constante la température du plasma de fusion), ce que sont les moteurs à combustion interne, impulsionnelle, vis à vis des machines à vapeur. L’avantage des moteurs à combustion interne est de pouvoir faire brûler un mélange combustible-oxygène à une température de 1000°, obtenue pendant une fraction de seconde, la température générale du moteur restant inférieure à cette de l’eau bouillante.

Comme le moteur à explosion, des générateurs fondés sur le système des Z-machines seraient dotée d’un système de stockage d’énergie électrique, pendant du volant d’inertie de ce même moteur. Enfin ces générateurs exploiteraient un procédé de conversion directe de l’énergie, par MHD, opérationnel depuis les travaux d’Andréi Sakharov, des années cinquante. Pourquoi cette formule suscite-t-elle un tel rejet, en particulier en France ? Pour deux raisons. Elle rend obsoletes tous les efforts associés au générateurs à fission, au surgénérateurs, aux bancs laser et à ITER. Tout le nucléaire classique est remis en cause, et se trouve dans l’incapacité d’intégrer ce concept outsider dans ses plans.

La France dispose déjà d’une Z-machine : le Sphinx. Qu’est-ce qui la distingue des Z-machines américaines ou russes ?

sphinxJean-Pierre PETIT - La France possède effectivement sa Z-machine : le Sphinx, implantée dans un laboratoire de l’armée, à Gramat. Cette machine est hors course, hors jeu, de par sa conception même. Ca n’est qu’un bête générateur de rayons X, qui ne dépasse pas quelques dizaines de millions de degrés, et ne peut faire plus. Par ailleurs, une des caractéristiques essentielles, si ne qua non,  de ces machines « Z » est de devoir délivrer leur intensité en un temps très bref. Cent milliardièmes de seconde pour la machine américaine, 150 milliardièmes de seconde pour la monstrueuse machine russe, en construction : Baïkal. La machine française ayant un temps de décharge de 800 milliardièmes de seconde, est … trop lente. De part sa conception, on ne peut pas améliorer ses performances. Par ailleurs les gens qui la servent manquent de compétences en la matière, ne serait-ce que sur le plan théorique, qui est très pointu. Un domaine pratiquement neuf, défriché par des gens comme Haines, celui des plasmas hyper chauds, hors d’équilibre.

Le Sphinx est trop lent, ne peut être amélioré. Megajoule et le NIF sont aussi hors jeu. Dans les installations NIF et Mégajoule, il  manque un facteur 50 sur l’énergie focalisée sur cible (voire mon complément d’information dans mon site) . Inversement, les machines américaines et russes visent d’emblée ces 10-15 mégajoules sur cible (l’énergie contenue dans le fond d’une tasse de tisane, voir l’article complémentaire sur mon site, mais délivrée en 100-150 milliardièmes de seconde). Une énergie seuil issue des expériences secrètes Centurion Halite américaines (les Russes ayant mené de leur côté des campagnes similaires et étant parvenus aux mêmes résultats).

Les Z-machines russes et américaines permettent, potentiellement, du fait des températures atteintes, ce auquel jamais les autres filières ne pourront prétendre : envisager ce qui est véritablement le Graal de la physique nucléaire : la fusion Bore Hydrogene, aneutronique. Une fusion qui ne génère pratiquement pas de radioactivité et aucun déchet, sinon … de l’hélium. Cette réaction démarre à un milliard de degrés. Jusqu’en 2005 l’obtention d’une telle température aurait paru relever de la science fiction. Aujourd’hui ZR, avec son intensité portée de 18 à 26 Millions d’ampères, est très probablement passé de 3,7 à 8 milliards de degrés. Mais, comme me l’avait dit Malcom Haines à Biarritz en 2011 : « Je pense qu’ils l’ont fait, mais ils ne te le diront jamais, pour des raisons de secret défense.  »

Car, vous l’imaginez bien, cette percée comporte aussi son volet armement : les « bombes à fusion pure », où un mélange de fusion peut être mis à feu sans utiliser de bombe A, mais l’électricité fournie par un explosif, dérivé des premiers concepts expérimentés par Sakharov dès les années cinquante ( 100 millions d’ampères en 1954 ).

Ceci étant, une nouvelle percée, qui correspond au montage MagLif (une variante du montage « Z » ) montre que cette filière s’est maintenant imposée outre Atlantique, comme une nouvelle façon d’obtenir l’ICF (Inertial Confinement Fusion), la « fusion par confinement inertiel », qui est à la base des systèmes de recherche de fusion auto-entretenue, initiée par lasers.

La fusion par laser est hors course, comme démontré récemment sur le banc américain NIF. Mais, cela aurait-il fonctionné (l’ignition), ces systèmes n’auraient jamais pu donner des générateurs industriels, du fait du rendement des lauser, inférieur à 1,5 % . Ce ne furent jamais que des installations d’essai à visées militaires.

z-machine

Pensez vous que les américains ou les russes pourraient maitriser la fusion nucléaire civile plus rapidement que les Français ? A quel horizon ?

Jean-Pierre PETIT - Bien évidemment ! En s’accrochant à un dinosaure du nucléaire comme ITER, ou à une machine 50 fois trop peu puissante comme Mégajoule, les Français font de mauvais choix, ratent complètement le coche. Quand la fusion deviendra réalité, en Russie et en Amérique, avec cette filière Z, et son astucieuse variante MAGlif, les Français se retrouveront encombrés de véritables fossiles technico-scientifiques.

On pourra objecter que des réactions de fusion on été obtenues sur la machine JET, avec extraction de puissance. Mais, sur ce plan, je citerai ce que m’a écrit tout récemment Glenn Wurden, directeur de la fusion à Los Alamos (…) :   »Je ne pense pas qu’on parviendra un jour à transformer un tokamak en générateur de puissance, car on ne trouvera jamais ce matériau magique capable de résister à l’impact des neutrons de fusion, 7 fois plus énergétiques que les neutrons de fission. Ce matériau magique n’existe simplement pas et n’existera jamais ».

Vos écrits en matière d’ufologie ou sur les attentats du 11/09 vous ont décrédibilisé auprès de nombreuses personnes, en particulier en France. Que répondez-vous à vos détracteurs ?

Jean-Pierre PETIT - Vous me décrivez comme « décrédibilisé auprès de nombreuses personnes », sans citer la moindre d’entre elles. Récemment j’avais été interviewé par un journaliste de la revue Inrockuptible, qui s’était adressé à moi comme à un « complotiste ». J’avais demandé qui formulait cette opinion. Réponse du journaliste : « c’est ce qui émerge quand on consulte les forums ». Ainsi, à notre époque, voici comment émerge une réputation : à travers des propos tenus sur des forums, par des gens intervenant sous des pseudonymes ! A comparer avec l’absence de signature de la réfutation publiée par le CEA.

En vérité, cette situation de « discrédit auprès de certaines personnes » est bien étrange, ne trouvez-vous pas ? Je suis « discrédité par les gens qui, au CEA,  s’occupent de fusion » , mais aucun n’accepte d’être face à moi. Référez vous à la dérobade de Bernard Bigot et de ses adjoints, experts en matière de fusion, lors d’un face à face filmé, qui a donné cette interview où seule figure Michèle Rivasi, qui prend acte du fait que mes détracteurs ont déclaré forfait.

Je suis « discrédité » dans le monde de l’astrophysique et de la cosmologie, par des gens comme Riazuelo, par exemple, de l’Institut d’Astrophysique de Paris. Mais depuis des années lui et le directeur de son labo restent muets face à mes demandes successives d’exercice de droit de réponse en séminaire  où, scientifiquement, Riazuelo ne tiendrait pas dix minutes face à moi, et il le sait. Dans ce genre de face à face scientifiques je ne me suis jamais dérobé et je n’ai jamais perdu un combat.

J’aimerais d’abord connaître les noms de ces détracteurs et pouvoir leur faire face, leur répondre à découvert, ce débat étant filmé et mis aussitôt sur le net. Et cela dans tous les domaines.

Dans le domaine des plasmas, de la fusion et du nucléaire, interrogez à mon sujet Robert Dautray, ancien directeur des projets scientifiques du CEA, ainsi que Paul Henri Rebut, concepteur du tokamak français de Fontenay aux Roses, puis Guy Laval, membre de l’académie des sciences, qui a dirigé la composition du rapport de 2007 sur « l’énergie à partir de la fusion ». Notez leurs réponses à mon sujet et publiez les.

Dans le domaine de l’astrophysique, proposez à Alain Riazuelo, par exemple, d’accepter un face à face filmé, puis diffusé sur le net, où il pourra jouer les détracteurs de mes travaux, à ses risques et périls.

Enfin sur le sujet du 11 septembre, je suggère une rencontre semblable, nous opposant, Alix (qui s’occupe de reopen 9/11) à nos détracteurs. Rencontre également filmé et diffusée.

Je pense ainsi avoir répondu à vos questions  !

Jean-Pierre Petit, ancien directeur de recherche au Cnrs.


Z machine : conférence de Jean-Pierre Petit à... par UFO-Science

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  • LoadedGun

    enfin on donne la parole a JPP ! ( ok il a déliré un peu avec les ovni ( proto us ) ...mais il n as jamais dis que le nuage de Tchernobyl c est arreté à la frontiere ... Je connais 4 cas de gens contaminés en france par le nuage , 3 amies de 40 a 63 ans auxquelles ont as retirer la thyroide , et un enfant né un peu apres ... pb circulatoire , nerveux , qui enchainent les sejours a l hosto . ce sont les medecins qui lui ont dis qu il etait victime de Tchernobyl , la maman n avais pas fait le rapprochement )
    L epr est un gouffre qui ne donnera jamais les resultats , c est un voie de garage pour les ingénieurs .
    pour le 11/09/2001 ...l aluminium ne coupe pas l acier , on ne fait pas fondre de l acier avec un feu de kerosene .

    16.01.2013 - 14h56 • 3 recommandations • RecommanderRépondre

lundi, 02 mai 2011

Rémunérations indécentes des patrons

Région LR 02-05-2011

Objectif-LR : « On a tué la valeur du travail »

Son livre sort aujourd’hui, mais il a déjà fait beaucoup parlé de lui.

Dans « Le patron, le footballeur et le smicard », Philippe Villemus, professeur d’économie à Montpellier, s’attaque aux rémunérations des patrons.

Objectif Languedoc-Roussillon : Le bandeau de votre livre parle de « rémunérations indécentes », n’est-ce pas exagéré ?
Philippe Villemus : Notre système marche sur la tête ! Durant les Trente glorieuses, on a vu les rémunérations augmenter dans toutes les catégories de la population. Aujourd’hui, ce qui est scandaleux, c’est qu’une petite partie de la pyramide, les mannequins, les footballeurs, les patrons touchent des rémunérations incroyablement élevées alors que 30 % de la population vit avec le Smic ou moins. On note une explosion des travailleurs pauvres qui m’amène à dire qu’on a tué la valeur du travail.

Objectif Languedoc-Roussillon : Quelles mesures préconisez-vous ?
Philippe Villemus : Il faudrait revenir à des rémunérations optimales, qui permettent de vivre. Dans certains cas, il faudrait augmenter le Smic, aux alentours de 1 400 à 1 500€. Il faudrait aussi passer les temps partiels imposés en temps complets, c’est essentiel. Faire sortir ces gens de la pauvreté, c’est moins de RSA, d’allocations, et donc moins d’impôts plus tard. La pression fiscale des riches serait moins forte…

Objectif Languedoc-Roussillon : Les grands patrons sont-ils trop payés ?
Philippe Villemus : Oui et je le prouve dans mon enquête très circonstanciée. Leur revenu est totalement irrationnel d’autant qu’ils ont le droit à des parachutes dorés, des retraites chapeaux, des dividendes et autres stocks options injustifiées et injustifiables. Et surtout, ils sont souvent héliportés à leur poste ; ils n’ont pas construit leur empire.

Propos recueillis par Gwenaëlle Guerlavais

« Le patron, le footballeur et le smicard. Des rémunérations indécentes ».
éditions-dialogues.fr. Sortie le 2 mai 2011


Légende : Philippe Villemus
Crédit photo: Edouard Hannoteaux

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France 2 - Jean-Luc Mélenchon à Christophe de Margerie PDG de Total

Bon point à Jean-Luc Mélenchon pour sa sortie sur les patrons qui se goinfrent de revenus indécents.

Mauvais point sur la construction de raffinerie en Arabie Saoudite, où l’histoire d’être hors quota carbone ne tient pas.

Match nul sur la géothermie. Dommage. L’extrait de l’émission après les illustrations du débat.


Jean-Luc Mélenchon sur France 2 dans l'émission... par lepartidegauche

vendredi, 25 septembre 2009

Actu-Environnement 25/09/2009 - Taxe carbone : Michel Rocard s’en prend à l’ETS

ECONOMIE - Article de Agnès SINAI

Reçu par les députés hier, Michel Rocard a prôné l’abandon du marché carbone au profit d’une Contribution climat énergie généralisée. Analyse.

Auditionné hier par les députés de la Commission du développement durable et de la Commission économique à l’Assemblée nationale, Michel Rocard n’a pas mâché ses mots. En ce qui concerne la rétrogradation par le gouvernement du prix de la tonne de CO2 à 17 euros plutôt qu’à 32, il a rappelé que ''cet accord sur les 32 euros par tonne représentait quelque chose car il reprenait les conclusions du rapport Quinet de 2008 qui, lui-même, résultait d’un compromis entre l’Etat, les ONG et les syndicats''. Se déclare-t-il déçu par la décision du gouvernement ? ''Nous n’avons pas voulu considérer que nous étions trahis, néanmoins il est important que le gouvernement indique quel sera le taux d’augmentation annuelle qui permettra d’atteindre les 100 euros la tonne en 2030''.

Quelques heures plus tard hier, les sénateurs de la Commission des finances et de la Commission de l’économie et du développement durable auditionnaient le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo, la ministre de l’économie Christine Lagarde, et Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat chargée de l’écologie.

Le sénateur Philippe Marini (UMP), rapporteur général du budget au Sénat, s’inquiétait de la corrélation entre le montant de la taxe carbone et le prix des quotas de CO2 : ''Le tarif de la taxe se rattache au cours du quota sur le marché européen. Si le marché européen des quotas fluctue, sera-t-on amené à revoir le signal-prix ?''.

Chantal Jouanno a précisé que, sur la progressivité des taux, c’est le Parlement qui se prononcera ainsi qu’une commission verte ad hoc, composée de parlementaires et de représentants de la société civile. La secrétaire d’Etat chargée de l’écologie s’est déclarée plutôt optimiste quant à l’évolution du prix du CO2 sur le marché européen des quotas : d’ici à 2012, a-t-elle affirmé, le prix du CO2 sur le marché européen devrait être compris dans une fourchette de 23 à 30 € la tonne.

Pourtant, cela ne va pas de soi, selon Michel Rocard, qui affirmait hier matin devant les députés : ''Le système des quotas marche mal et c’est ça le problème. Je ne suis pas sûr qu’il puisse y avoir des marchés auxquels quelque technique permette d’échapper à la spéculation. C’est le cas du marché du carbone européen dont la spéculation équivaut à 80 fois le réel économique''.

Au Sénat, un rapport du groupe de travail sur la fiscalité environnementale de la Commission des finances, diffusé en juillet dernier, s’est inquiété de la ''quasi absence de réglementation et d’encadrement des marchés d’échanges de quotas'' et a plaidé en faveur d’une surveillance efficace et globale du marché carbone, d’un fonctionnement équitable et ordonné du marché et de sa transparence.

Sur ce point, Michel Rocard est allé plus loin : ''Je suis favorable à l’abandon de l’ETS qui marche mal pour lui substituer une taxation'', a t-il déclaré hier devant les députés.

La ministre de l’économie Christine Lagarde a confirmé aux sénateurs que la question de la supervision du marché pour éviter les fuites dans le circuit était à coordonner sur le plan international, ''car le risque de fraude et de spéculation est manifeste''.

Fallait-il on non inclure l’électricité dans l’assiette de la taxe ? ''Sur l’électricité, nos experts étaient partagés moitié moitié. Il faut chercher une baisse de toutes les consommations d’énergie, et j’admets que dans peu d’années il faudra mettre l’électricité dans la moulinette'', a déclaré Michel Rocard aux députés.

Au Sénat, Nicole Bricq (groupe socialiste) regrettait que toute la fiscalité n’ait pas été remise à plat à l’occasion de la taxe carbone et s’inquiétait du fait que les périodes de pointe, qui occasionnent le recours en appoint à des centrales thermiques, ne fassent pas l’objet de taxation mais soient réglés par des tarifs répercutés sur les usagers.

Autre sujet de débat, la redistribution du produit de la taxe aux ménages et les exonérations partielles de taxe professionnelle consenties aux entreprises en contrepartie de leur assujettissement à la taxe carbone. La ministre Christine Lagarde a expliqué aux sénateurs le mécanisme de redistribution prévu : un chèque « vert » pour les non imposables dès février 2010, et un crédit d’impôt pour les ménages assujettis à l’impôt sur le revenu. ''Quelles seront les contreparties pour les aides aux entreprises ?'', interrogeait la sénatrice Nicole Bricq. ''Avec le produit de cette taxe, on aurait pu faire des milliers de choses !, regrette le sénateur Bruno Sido (UMP), alors que, quand les Français recevront un chèque de 46 euros, ils ne s’en apercevront pas. Mais Christine Lagarde s’est déclarée convaincue de l’efficacité progressive de la taxe : ''Dès lors qu’une entreprise soumise à la taxe carbone va décider de réorganiser son mécanisme de production, elle va percevoir un super bonus : le système inclut l’incitation au changement de comportement. Sur le système à somme nulle, il existe dans les agrégats mais pas pour les ménages, car le mécanisme contient une incitation à la baisse des consommations d’énergie émettrices de CO2. Il faut mettre le pied dans l’escalier et poursuivre le chemin''.

Mme Lagarde a également confirmé que les agriculteurs et les pêcheurs bénéficieraient d’une taxe diminuée des trois quarts la première année. La taxe prévoit également un traitement spécifique pour les transporteurs routiers, ce sont les chargeurs qui y seront assujettis. Quant à l’exonération du transport aérien, c’est une question à rouvrir, a précisé Mme Lagarde.

Et Jean-Louis Borloo a rappelé que le transport aérien entrerait dans l’ETS en 2012 et qu’il ne faudrait pas lui faire subir de double imposition.

Le président de la Commission des finances du Sénat, Jean Arthuis, a réitéré ses craintes quant à la multiplication des niches fiscales, source de complexité, d’effets d’aubaine et de risques de fraude.

Convaincu qu'a l'avenir, ''les économies sobres en carbone seront les économies de demain'', Jean-Louis Borloo a manifesté une légère irritation à la fin de l’audition : ''Quand j’entends le débat, c’est trop tôt et ce n’est pas la bonne méthode. C’est parce qu’on ne veut pas mentir et poursuivre plusieurs objectifs en même temps qu’on est dans cette situation. Et c’est pour les populations modestes qu’on fait ça''.

Derniers articles sur la taxe carbone

lundi, 08 juin 2009

TGV magazine Mai p 96 - LIBRE ARBITRE : DÉBAT SUR UN SUJET QUI DIVISE.

Interview Claude MANDIL et Jean-Marc Jancovici

Industrie lourde

Faut-il taxer davantage les énergies fossiles?

80 % des énergies consommées dans le monde, aujourd’hui, sont d’origine fossile. Or, les prix du pétrole, du charbon et du gaz ne prennent pas en compte les pollutions qu’ils occasionnent: Faut-il alors taxer davantage les énergies fossiles et organiser délibérément leur rareté?

CLAUDE MANDIL
est ancien directeur de l’institut français du pétrole et
de l’Agence internationale de l’énergie.

"Il ne faut pas protéger le consommateur de la hausse des prix".

Il est l’auteur du rapport «Sécurité énergétique et
Union européenne,
».
Sécurité énergétique et Union européenne. Propositions
pour la présidence française,
rapport au Premier ministre
(21avril 2008), par Claude Mandil (La Documentation
française, 2008).

JEAN-MARC JANCOVICI http://www.manicore.com/
est ingénieur-conseil et enseignant.
Le plein s’il vous plaît, de Jean-Marc Jancovici et
Alain Grandjean (Seuil, 2006).
C’est maintenant! Trois ans pour sauver le monde,
de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean (Seuil, 2009).

Nous nous approchons du pic de la production pétrolière qui marquera le début de la baisse de l’offre. Quelle influence ce pic aura-t-il sur le paysage socio-économique mondial?

Claude Mandil :

Si la pénurie est mise sur le compte de ressources géologiques insuffisantes, je ne partage pas le pessimisme des spécialistes dont vous parlez. En revanche, nous assistons à deux évolutions contradictoires. Les investissements d’exploration et de production pétrolière sont en forte baisse du fait de la crise économique et de la raréfaction du crédit. C’est cela qui va diminuer la production dans les prochaines années. Parallèlement, la consommation de produits pétroliers est aussi en baisse, du fait de la crise, bien sûr, mais aussi parce que les comportements commencent à évoluer dans le monde, en particulier pour lutter contre le changement climatique. Voyez aux États-Unis, par exemple. Un scénario optimiste serait que ces deux évolutions soient symétriques. Ce n’est pas exclu.

Jean-Marc Jancovici :

Revenons aux bases. L’énergie est tout simplement l’unité de compte de la transformation du monde. Au siècle dernier, le prix de l’énergie a été divisé par dix. Ce qui signifie que l’unité de transformation du monde coûte aujourd’hui dix fois moins cher qu’hier. Environ 35 % de cette unité de transformation du monde provient du pétrole, dont le prix détermine celui des autres énergies. Jusqu’à maintenant, le pétrole a été disponible en quantité croissante, à coût décroissant. Aujourd’hui, nous nous approchons du pic. Au moment où la taille du gâteau se réduit pour tout le monde, les négociations qui portent sur la répartition des parts de celui-ci risquent d’être difficiles. Les pays fortement dépendants, comme la France, vont voir leur part du gâteau se réduire, et le prix réel de chaque portion de celui-ci augmenter. Ce prix réel peut augmenter à travers un mécanisme de rationnement.

Une intervention publique visant à organiser volontairement la réduction de la consommation de pétrole n’est elle pas souhaitable afin d’éviter de consommer les réserves disponibles et prévenir l’aggravation de la crise climatique?

Claude Mandil :

Le rôle des États est essentiel. Il ne s’agit pas de rationner ou d’interdire, mais de mettre en place les mécanismes qui permettent aux acteurs économiques de faire les bons choix. Cela passe par des mécanismes de marché (les certificats d’émission), des taxes, de la réglementation (codes de construction, par exemple, ou normes de consommation des véhicules et des appareils domestiques), par la suppression des subventions à la consommation (les tarifs réglementés en France) et un vigoureux effort de recherche publique.

Jean-Marc Jancovici :

Nous allons de toute façon réduire, d’ici peu, notre consommation de pétrole sous le coup de la contrainte géologique de l’approvisionnement. Mais la diminution sera d’autant plus dure qu’elle n’aura pas été souhaitée et organisée. Il y a, de toute façon, trop de combustibles fossiles de manière globale (gaz, pétrole, charbon) pour avoir le droit d’attendre le pic pour toutes ces énergies si nous voulons préserver le climat. Si nous voulons réduire volontairement la consommation de pétrole — l’autre terme de l’alternative étant la réduction involontaire — nous aurons alors le choix entre le rationnement, option retenue pour les industriels, et la taxe.

Dans une démocratie, la taxe est néanmoins plus facile à mettre en œuvre pour les particuliers que les tickets de rationnement. Les « permis de polluer » négociables ont-ils contribué à réduire la consommation d’énergie fossile?

Claude Mandil :

Il ne faut pas confondre les objectifs et les moyens. Ce qui limite la consommation d’énergie fossile, c’est la décision politique de limiter les émissions de C02. C’est, par exemple, la décision prise par les signataires du protocole de Kyoto avec des objectifs pour 2012 (moins 8 % par rapport à 1990) ou le projet de l’Union européenne pour 2020 (moins 20 %). Les certificats d’émission — n’appelons pas cela « permis de polluer », c’est inutilement péjoratif— ne sont qu’un mécanisme pour répartir la charge de la façon la moins coûteuse possible. Dans son principe, ce mécanisme est excellent. La mise en œuvre par l’Union européenne, qui a courageusement essuyé les plâtres, a fait apparaître de graves imperfections trop de certificats, pas de mise aux enchères, pas d’institut d’émission pour acheter ou vendre des permis en fonction des cours.

La seconde phase, après 2012, devra tenir compte de l’expérience acquise, et supprimer ces imperfections.

Jean-Marc Jancovici :

Les industriels ont accompli, depuis 1975, des efforts considérables de réduction de leur consommation d’énergie. Aujourd’hui, les mauvais élèves de la classe sont très clairement les particuliers qui n’entendent pas du tout renoncer à leurs déplacements en voiture et en avion, ni au chauffage central l’hiver. Ce système demande cependant à être complété. Les « permis de polluer » ont, aujourd’hui, deux défauts : ils ont été donnés sur des durées trop courtes - trois à cinq ans —, qui ne correspondent pas au temps long d’investissements industriels qui s’étalent sur vingt à cinquante ans; son second défaut tient au fait que les gens n’ont pas de visibilité sur le prix minimal que leur coûtera leur inaction. Il faut améliorer le système en donnant les autorisations, à l’avance, sur des durées beaucoup plus longues. Et encadrer le marché et la spéculation en garantissant une forme de prix plancher et de prix plafond. Ce qui rapproche le système d’une taxe. Si l’on veut que les acteurs acceptent des quantités d’émissions les plus basses qu’il soit possible, il faut alors donner beaucoup de visibilité à ces prix dès le début de la partie.

PROPOS RECUEILLIS PAR ÉRIC TARIANT

01:01 Publié dans Décroissance, Écologie, Énergie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : décroissance | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

vendredi, 08 mai 2009

AREVA, la non-qualité au rendez-vous de l’EPR !

Chantier du réacteur EPR d’AREVA à OLKILUOTO : 3 ans de retard – 50% de surcoût par rapport au budget initial. Le communiqué de GREENPEACE :

Nouvelles révélations: le fiasco de l’EPR finlandais se confirme.

http://energie-climat.greenpeace.fr/nouvelles-revelations...

Paris, le 07 mai 2009 - Greenpeace vient de demander en Finlande, l’annulation du permis de construire de l’EPR, actuellement en construction sur le site d’OLKILUOTO dans ce pays. Ce recours fait suite à la révélation d’une lettre de l’autorité de Sûreté et de Contrôle, STUK, adressée à AREVA lors d’une émission de la télévision finlandaise. Celle-ci fait état de graves problèmes, ainsi que d’un manque de «réels progrès» dans la conception, notamment des systèmes électroniques de contrôle de sécurité. « Cela signifie que la construction va s’arrêter et qu’il n’est pas possible de commencer les essais », déclare dans cette lettre Jukka Laaksonen Directeur général de STUK.

Les systèmes de contrôle sont pourtant une des composantes les plus essentielles d’une centrale nucléaires, pour assurer la sécurité du réacteur. Or, le respect de la réglementation en matière de conception des systèmes de contrôles électroniques faisait partie des conditions posées par l’autorité de régulation finlandaise, avant l’attribution du permis de construire, accordé en 2005. Aujourd’hui ces conditions ne sont plus remplies.

Greenpeace avait déjà tiré la sonnette d’alarme, dès 2005, car la conception du prototype apparaissait insuffisante et parce qu’AREVA ne garantissait pas un respect de la réglementation sur le nucléaire. Dans la lettre, envoyée à la directrice d’AREVA, Anne Lauvergeon, en Décembre 2008, la STUK déplore un sérieux manque de professionnalisme dans la construction du réacteur OLKILUOTO 3, et fait valoir que « l’attitude ou le manque de connaissances professionnelles » d’AREVA empêche tout progrès dans la résolution des erreurs et malfaçons. Selon la lettre, STUK est toujours dans l’attente qu’AREVA lui fournisse un « modèle qui satisfasse les principes de base de la sécurité nucléaire ».

Ces révélations sur le chantier du réacteur d’AREVA à OLKILUOTO ne sont que les dernières d’une longue série depuis quatre ans. A cause de malfaçons, de problèmes continus et du manque de sérieux d’AREVA, le chantier accuse maintenant 3 ans de retard et une augmentation de plus de 50% de son coût initial.

« L’industrie se targuait de pouvoir construire un réacteur de type EPR rapidement et pour 3 milliards d’euros… Nous sommes loin des promesses de départ ! Et pourtant AREVA et le gouvernement français s’entêtent et continuent de promettre des miracles grâce à ce programme nucléaire » déclare Laura Hameaux, chargée des questions énergie à Greenpeace France.

« C’est un coup dur porté à AREVA, alors que le constructeur a fait de ce prototype une vitrine commerciale à l’international et présente l’EPR comme un projet sûr. Une fois encore, de graves problèmes sont découverts, les principales règles de sécurités ne sont pas respectées mais l’entreprise française reste muette. Cela devrait refroidir les pays qui envisageaient encore de construire des EPR sur leur territoire ! Ainsi, les acheteurs potentiels d’EPR devraient suivre l’exemple des producteurs d’électricités d’Afrique du Sud ou de ceux des USA qui ont décidé d’annuler les constructions d’EPR qu’ils avaient prévus », ajoute Laura Hameaux.

En France, un réacteur de type EPR est actuellement en construction sur le site de FLAMANVILLE , dans la MANCHE et là aussi, le chantier cumule les problèmes.
L’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) a déjà ordonné l’arrêt du chantier à l’été 2008 -ce qui est exceptionnel dans l’histoire du nucléaire français-, pour des malfaçons dans la qualité du béton et du liner, qui nécessitait un fort taux de réparation des soudures. Et le 4 février 2009, elle demandait à EDF de « présenter un plan pour améliorer significativement la qualité de leur réalisation et, dans l’attente de nette amélioration, de les contrôler à 100% ».

Face à ces irrégularités constantes, Greenpeace demande l’arrêt immédiat du programme EPR dans sa globalité, qu’il s’agisse de OLKILUOTO 3, FLAMANVILLE 3 ou du projet de PENLY, annonçait le 30 janvier dernier, par le Président de la République. L’industrie ne peut plus continuer à présenter le nucléaire comme la solution à la crise énergétique et au changement climatique. Elle ne doit plus empêcher le développement des vraies solutions.

00:45 Publié dans Énergie, Techno-Sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : areva, epr, okiluoto, anne lauvergeon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |