dimanche, 13 avril 2014

L’argent n’est qu’une reconnaissance de dette...

Source »» http://www.theguardian.com/commentisfree/2014/mar/18/trut...

THE GUARDIAN : The truth is out: money is just an IOU, and the banks are rolling in it - The Bank of England's dose of honesty throws the theoretical basis for austerity out the window

URL de cet article :
http://www.legrandsoir.info/la-verite-eclate-un-acces-de-...

11 avril 2014

10

L’argent n’est qu’une reconnaissance de dette...

La vérité éclate : un accès de franchise de la Banque d’Angleterre démolit les bases théoriques de l’austérité. (The Guardian)

David Graeber

On dit que dans les années 1930, Henry Ford aurait fait remarquer que c’était une bonne chose que la plupart des Américains ne savent pas comment fonctionne réellement le système bancaire, parce que s’ils le savaient, « il y aurait une révolution avant demain matin ».

La semaine dernière, il s’est passé quelque chose de remarquable. La Banque d’Angleterre a vendu la mèche.

Dans un document intitulé « La création de l’argent dans l’économie moderne », co-écrit par trois économistes de la Direction de l’Analyse Monétaire de la banque, ces derniers ont déclaré catégoriquement que les hypothèses les plus courantes sur le fonctionnement du système bancaire sont tout simplement fausses, et que les positions plus populistes, plus hétérodoxes qui sont généralement associées à des groupes comme Occupy Wall Street, sont correctes. Ce faisant, ils ont jeté aux orties les bases théoriques de l’austérité.

Pour avoir une idée de la radicalité de cette nouvelle position de la Banque, il faut repartir du point de vue conventionnel, qui continue d’être la base de tout débat respectable sur la politique économique. Les gens placent leur argent dans des banques. Les banques prêtent ensuite cet argent avec un intérêt - soit aux consommateurs, soit aux entrepreneurs désireux d’investir dans une entreprise rentable. Certes, le système de réserve fractionnaire ne permet pas aux banques de prêter beaucoup plus que ce qu’elles détiennent en réserve, et il est vrai aussi que si les placements ne suffisent pas, les banques privées peuvent emprunter plus auprès de la banque centrale.

La banque centrale peut imprimer autant d’argent qu’elle le souhaite. Mais elle prend aussi garde à ne pas en imprimer trop. En fait, on nous dit souvent que c’est même la raison d’être des banques centrales indépendantes. Si les gouvernements pouvaient imprimer l’argent eux-mêmes, ils en imprimeraient sûrement beaucoup trop et l’inflation qui en résulterait sèmerait le chaos. Des institutions telles que la Banque d’Angleterre ou la Réserve Fédérale des États-Unis ont été créées pour réguler soigneusement la masse monétaire pour éviter l’inflation. C’est pourquoi il leur est interdit de financer directement un gouvernement, par exemple, en achetant des bons du Trésor, mais au lieu financent l’activité économique privée que le gouvernement se contente de taxer.

C’est cette vision qui nous fait parler de l’argent comme s’il s’agissait d’une ressource limitée comme la bauxite ou le pétrole, et de dire des choses comme « il n’y a tout simplement pas assez d’argent » pour financer des programmes sociaux, et de parler de l’immoralité de la dette publique ou des dépenses publiques « au détriment » du secteur privé. Ce que la Banque d’Angleterre a admis cette semaine est que rien de tout ça n’est vrai. Pour citer son propre rapport : « Plutôt que de recevoir des dépôts lorsque les ménages épargnent pour ensuite prêter, le crédit bancaire crée des dépôts » ... « En temps normal, la banque centrale ne fixe pas la quantité d’argent en circulation, pas plus que l’argent de la banque centrale n’est « démultiplié » sous forme de prêts et dépôts. »

En d’autres termes, tout ce que nous croyions savoir est non seulement faux – mais c’est exactement le contraire. Lorsque les banques font des prêts, elles créent de l’argent. C’est parce que l’argent n’est qu’une simple reconnaissance de dette. Le rôle de la banque centrale est de superviser une décision juridique qui accorde aux banques le droit exclusif de créer des reconnaissances de dette d’un certain genre, celles que le gouvernement reconnait comme monnaie légale en les acceptant en paiement des impôts. Il n’y a vraiment pas de limite à la quantité que les banques pourraient créer, à condition de trouver quelqu’un disposé à emprunter. Elles ne seront jamais prises de court pour la simple raison que les emprunteurs, en général, ne prennent pas l’argent pour le cacher sous leur matelas ; en fin de compte, tout argent prêté par une banque finira par retourner vers une banque. Donc, pour le système bancaire dans son ensemble, tout prêt devient simplement un autre dépôt. De plus, lorsque les banques ont besoin d’acquérir des fonds auprès de la banque centrale, elles peuvent emprunter autant qu’elles le souhaitent ; la seule chose que fait la banque centrale est de fixer le taux d’intérêt, c’est-à-dire le coût de l’argent, pas la quantité en circulation. Depuis le début de la récession, les banques centrales américaines et britanniques ont réduit ce coût à presque rien. En fait, avec « l’assouplissement quantitatif » [« quantitative easing » ou planche à billets - NdT] elles ont injecté autant d’argent que possible dans les banques, sans produire d’effets inflationnistes.

Ce qui signifie que la limite réelle de la quantité d’argent en circulation n’est pas combien la banque centrale est disposée à prêter, mais combien le gouvernement, les entreprises et les citoyens ordinaires sont prêts à emprunter. Les dépenses du gouvernement constituent le principal moteur à l’ensemble (et le document admet, si vous le lisez attentivement, que la banque centrale finance bien le gouvernement, au final). Il n’est donc pas question de dépenses publiques « au détriment » d’investissements privés. C’est exactement le contraire.

Pourquoi la Banque d’Angleterre a-t-elle soudainement admis cela ? Eh bien, une des raisons, c’est parce que c’est évidemment vrai. Le travail de la Banque est en fait de faire fonctionner le système, et ces derniers temps le système n’a pas très bien fonctionné. Il est possible qu’elle a décidé que maintenir la version conte-de-fées de l’économie, un version qui s’est avérée très pratique pour les riches, est tout simplement devenu un luxe qu’elle ne peut plus se permettre.

Mais politiquement, elle prend un risque énorme. Il suffit de considérer ce qui pourrait arriver si les détenteurs d’hypothèques réalisaient que l’argent que la banque leur a prêté ne vient pas en réalité des économies de toute une vie de quelques retraités économes, mais que c’est quelque chose que la banque a tout simplement créée avec une baguette magique que nous, le public, lui avons donnée.

Historiquement, la Banque d’Angleterre a eu tendance à jouer un rôle de précurseur, en présentant une position apparemment radicale qui finissait par devenir la nouvelle orthodoxie. Si tel est le cas ici, nous pourrions peut-être bientôt savoir si Henry Ford avait raison.

David Graeber

Traduction "ça donne envie de solder quelques comptes" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

02:14 Publié dans Crédit, Finance, Gouvernance, Régulation | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

mardi, 21 janvier 2014

Trading Haute Fréquence limité à partir de 2016 par directive MiFID II

L’accroissement en volume et vitesse d’ordres de négociations financières, passés sur des plateformes actuellement non règlementées, engendrant opacité et risque systémique : “la directive MiFID II, qui devrait être appliquée d'ici la fin 2016, impose aux sociétés qui ont recours au HTF de mettre en place des «coupe-circuit» pour éviter que l'emballement des transactions ne risque de provoquer des baisses brutales, voire des krachs, sur les marchés financiers. En outre, les algorithmes utilisées seront soumis à une batterie de test et devront être autorisées par les autorités compétentes. Enfin, les ordres et leurs annulations devront être enregistrés pour pouvoir être examinés le cas échéant par les autorités.

http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-trading...

http://ec.europa.eu/internal_market/securities/isd/mifid/...

12:55 Publié dans Finance, Régulation | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

mercredi, 17 octobre 2012

BCE, Système européen TARGET et dettes souveraines

Portrait of Hans-Werner Sinnhttp://www.project-syndicate.org/commentary/the-ecb-s-sec...

Hans-Werner Sinn

Hans-Werner Sinn is Professor of Economics at the University of Munich and President of the Ifo Institute for Economic Research. He also serves on the German economy ministry’s Advisory Council. Hi…

Full profile

[…] les marchés internationaux n’ont financé aucun de ces pays (Irlande, Grèce, Portugal, Espagne, Italie) de manière importante ces trois dernières années. Ils ont été financés par la Banque centrale européenne (BCE). Le système de règlement bancaire TARGET, jusqu’à présent ignoré par les médias, montre que la BCE a été beaucoup plus impliquée dans les plans de sauvetage qu’on ne le pense généralement.

Mais la BCE ne souhaite plus aujourd’hui poursuivre dans cette voie et voudrait que les membres de la zone euro prennent le relais.

[…]

A la fin de l’année dernière, la masse monétaire de la zone euro s’élevait à 1070 milliards d’euro, dont 380 milliards étaient absorbés par les prêts accordés aux GIPS. Continuer à financer les déficits des comptes courants de ces pays, à hauteur de 100 milliards d’euro environ par an, signifie que la totalité de la base monétaire de la zone euro serait consommée dans un délai de 6 à 7 ans.

Pour sortir de cette impasse, la BCE souhaite que la Facilité Européenne de Stabilisation Financière (FESF) prenne le relais, et certains pays demandent même la création d’euro-obligations. Mais cette option ne ferait que prolonger le financement communautaire des déficits de la balance des comptes courants des GIPS, en cours depuis quatre ans, pour deux ans de plus. En finale, soit l’euro s’écroulera, soit une Union de transfert sera établie dans l’Union européenne, par laquelle les déficits des comptes courants seront financés par des donations entre pays membres.

01:22 Publié dans Finance, Gouvernance, Régulation | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

lundi, 10 septembre 2012

Démystifuer la finance : Les périls du nouveau rôle de la Banque centrale européenne

http://finance.blog.lemonde.fr/2012/09/09/les-perils-du-n...

Il y a quelque chose de paradoxal dans la soudaine mise en exergue des interventions des banques centrales, plus habituées à la discrétion qu’aux feux de la rampe. La Banque centrale européenne n’a pas cherché ce rôle périlleux de sauveteur de l’Eurozone, qui n’est pas dans ses statuts et pour lequel elle n’est ni préparée ni équipée. A cela s'ajoute le projet d’union bancaire qui va faire de la BCE le superviseur suprême des quelque 6 000 banques européennes. Elle y sera probablement obligée, alors qu’elle ne l’a pas demandé, et a même souhaité ne pas avoir cette charge.

Une dangereuse concentration de pouvoirs

Quel que soit le talent des dirigeants de la BCE, les décideurs politiques de l'Union européenne se sont littéralement lavé les mains de leurs responsabilités et ont mis la BCE dans une position fondamentalement intenable.

Une banque centrale n’est pas l’autorité responsable de la politique d’un pays en matière de devises. C’est aux ministres des finances qu’appartient cette autorité. Ils ont démissionné.

Une banque centrale n’a rien à faire dans une fonction de soutien de l’endettement abusif des Etats. C’est le rôle des Etats dans les traités européens.

Une banque centrale est responsable de la prévention de l’inflation et des taux d’intérêt monétaires, à savoir le court terme. Elle n’a ni les moyens financiers ni la structure nécessaire pour assurer le niveau des taux à long terme, que chaque pays doit assumer en fonction de sa situation de crédit. C’est aux gouvernements qu’appartient la politique de taux d’emprunt des pays.

Une banque centrale est le prêteur en dernier ressort des banques, mais pas à moyen terme. C’est un rôle stabilisateur des fluctuations à court terme des trésoreries des banques. Dans le cas de la BCE, le financement bancaire à moyen terme LTRO avait trois caractéristiques qui allaient au-delà de son rôle : la concentration de deux tranches de 500 milliards d’euros à quelques mois de distance, la prise de risque à trois ans pour laquelle elle n'a pas de financement adéquat et un taux d’intérêt en dessous du marché, qui la fait subventionner les Etats les plus impécunieux.

A cette fonction de préteur de dernier ressort, la BCE va maintenant ajouter une fonction de régulateur de l’union bancaire européenne. Ce n’est pas, en soi, nouveau, et les banques centrales jouent ce rôle dans de nombreux pays. Mais c’est l’ajout de ce rôle à tous les autres qui inquiète.

Il est sidérant de voir que personne ne pose le problème démocratique et politique de cette concentration dans une institution qui doit rester indépendante dans ses décisions. Nulle part une telle concentration n’a été mise entre les mains de la banque centrale de manière structurelle.

Une cible fragilisée

Le rôle de la BCE fragilise cette institution essentielle à l’équilibre financier de l’Europe. C’est la raison de l’opposition farouche et légitime de l’Allemagne à cette extension de ses interventions.

En effet, une attaque sur la devise, sur les taux d’intérêt, sur les banques, sur les Etats fait maintenant de la BCE une cible unique et multipolaire. La manière dont les Etats se sont débarrassé de leurs responsabilités sur la BCE risque de la mettre au premier plan de toute perturbation de l’un ou l'autre de ces aspects. Elle ne peut que décevoir.

Encore faudrait-il qu’on lui en donne les moyens. En cas de crise, elle devra inévitablement se retourner vers ses 29 actionnaires : les Etats de l’Eurozone. Faut-il préciser que cet engagement ne figure nulle part dans les dettes des pays concernés ?

Dès la prochaine crise, nous découvrirons qu’il n’y a plus de pare-feu et que les taux d’intérêt, l’Euro, les banques et les Etats flamberont simultanément et affecteront la BCE et, avec elle, l’Europe entière.

Définir un statut à long terme

Il ne s’agit pas de blâmer en période de crise. Mais il est important que les autorités politiques européennes réfléchissent à ce que sera le statut de la BCE sur le long terme.

L’Europe ne peut pas s’installer dans une structure qui met une seule de ses institutions sur des fronts aussi divers et interconnectés. Elle joue avec le feu. En agissant de cette manière, elle a concentré toutes les attentes sur un homme fort, et une institution qui n’a pas les moyens de ses attributions. Elle a donc concentré tous les risques.

Pour la BCE, c’est plus un piège qu’un privilège. Mario Draghi doit se souvenir de cet adage romain qui rappelait la fragilité des sénateurs de l’Empire. La roche tarpéienne est proche du Capitole.

14:33 Publié dans Finance, Gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

mercredi, 25 juillet 2012

Risque systémique - Dernière lettre de Graham Summers & assortie interview Olivier Demarche 10 juillet sur la récession

Technorati Mots clés : , ,
Wikio Mots clés :

http://reflets.info/le-lapin-le-lapin-le-lapin/

it’s clear now that the world is entering a period of wealth destruction. Europe is in the midst of a sovereign debt crisis. History tells us that this will entail more than one sovereign nation going belly-up. Indeed, I believe that we’ll see ALL of the PIIGS as well as France stage sovereign defaults in the coming months.

After that will come Japan, then finally the US. By the time the smoke clears, we will have seen systemic collapse.

This will mean:

1) Many major banks disappearing, as well as numerous potentially lengthy bank holidays (think Argentina in 2001)

2) Multiple sovereign defaults as well as broad economic contractions and their commensurate unemployment/ civil unrest/ erasure of retirement accounts/ pensions (this process has already begun in some US municipals, e.g. San Bernandino and Stockton California as well as Harrisburg Pennsylvania).

3) Possibly new currencies being introduced or new denominations of currencies (say one new unit being worth 1,000 of the old one)

4) Massive wealth destruction to the tune of tens of trillions of Dollars (think MF Global i.e. the money is gone… only systemically… in fact we just had another such instance with PF)

5) A global contraction that will result in new political/ power structures being implemented as well as the breakup of various countries/ unions.

6) Very serious trade wars to begin (see Obama’s recent attack on China) and very possibly a real war.

If the above make you frightened, you’re not alone. As I’ve dug deeper and deeper into the inner workings of the global financial system over the past months, the information I’ve come across has only gotten worse. I’ve been holding off writing all of this because up until roughly April/May it seemed possible that the world might veer towards another outcome.

I no longer view this to be the case. I am almost certain that what I’ve written above will come to pass. I know that much of what I’ve written to you in the past could be labeled as “gloom and doom.” However, I want you to know that I do not use the words “systemic collapse” lightly. Indeed, I wish I wasn’t mentioning them now, but I’d be doing you a disservice not to bring them up because we’re well on our way towards it.

 

Interview de Olivier Delamarche

04:18 Publié dans Économie, Finance, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |