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mercredi, 04 mai 2016

TAFTA : ce que révèlent les documents dévoilés par Greenpeace

http://www.telerama.fr/monde/tafta-ce-que-revelent-les-do...

     

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    Salle de lecture mis en place par Greenpeace devant le Bundestag à Berlin, pour faciliter la consultation des documents divulgués.
L’organisation non gouvernementale a mis en ligne, lundi 2 mai, des dizaines de documents confidentiels concernant les négociations autour du traité transatlantique.
    Avec ces “TTIP leaks”, Greenpeace souhaite tirer le signal d’alarme. La mode est décidément aux lanceurs d'alerte et aux documents qui fuitent. Ce lundi 2 mai à 11h précises, Greenpeace a mis en ligne une quinzaine de documents confidentiels et inédits, soit la moitié des chapitres du Trans-Atlantic Free Trade Agreement – le fameux TAFTA, ou TTIP – discuté par les Etats-Unis et l’Union européenne du 25 au 29 avril dernier.

    L’organisation écologiste révèle ainsi la base des discussions finales du TAFTA, ce traité censé faciliter les échanges commerciaux et douaniers entre les deux continents. Les 248 pages brutes, inédites, secrètes et regroupées en 16 documents PDF, couvrent quasiment tous les aspects des négociations : agriculture, télécommunications, mesures sanitaires, etc.

    Les documents, que s’est procuré Greenpeace Pays-Bas sans en révéler la provenance, mettent en lumière quatre points qui « menacent d’avoir des implication dans l’environnement et la vie de plus de 800 millions de citoyens européens et américains ». « Que vous soyez sensibles aux problèmes environnementaux, au bien-être animal, au droit du travail ou à la vie privée sur Internet, vous devriez vous sentir concernés par ce qui figure dans ces documents : le TTIP est un énorme transfert de pouvoir des mains du peuple à celles du “big business”. » Greenpeace met d’ailleurs quatre points saillants dans ces documents fuités.

    • Les mesures de protection de l’environnement au long cours abandonné

    Selon ce que l’on peut lire dans ces documents, il semble que le traité transatlantique abandonne la règle d’exception générale, en vigueur depuis l’accord du GATT de 1947, qui régule le marché afin de « protéger la vie humaine, animale, végétale et la santé » et d’« œuvrer pour la conservation des ressources naturelles épuisables ».

    « L’omission de cette régulation suggère que les deux parties du traité créent un système dans lequel le profit et placé au-dessus de la vie humaine, animale et végétale », dénonce Greenpeace.

    • Fin du principe de précaution

    Autre omission dans les documents, le sacrosaint principe de précaution, qui permet à l’UE de refuser l’introduction sur son sol de certains produits ou pratiques qu’elle jugerait dangereux pour la santé et l’environnement. Pas une seule fois le principe n’est cité dans les douze chapitres. Par contre, note Greenpeace, c’est l’inverse qui semble vouloir être introduit par les Etats-Unis : il faudra apporter les preuves de la dangerosité d’un produit pour le voir interdit.

    • La protection du climat, promesse bien pieuse

    Quelques mois à peine après les accords de Paris, qui statuent sur le 1,5 degré de réchauffement à ne pas dépasser pour éviter une crise climatique majeure, le TTIP ne s’embarrasse guère de l’environnement. « Pis, note Greenpeace, le champ d'application des mesures de régulation se trouverait limitée par des dispositions » mises en lumières par ces documents rendus publics.

    • Le « big business » au milieu des décisions

    Autre cheval de bataille de Greenpeace contre le TAFTA, la mainmise des grandes entreprises sur les décisions. « Le big business obtient ce qu’il veut », ironise l’ONG. « L’opportunité de participer aux décisions est permis aux grandes entreprises. Elle pourront intervenir dans les discussions préliminaires », contrairement « à la société civile, qui n’aura qu’un petit droit d’accès aux négociations ».

    Les documents leakés par Greenpeace révèlent en outre le poids des Etats-Unis par rapport à l’Union européenne : par exemple, plutôt que d’harmoniser les réglementations, les accords TAFTA prévoieraient de reconnaître, à part égale, les réglementations des deux côtés de l’Atlantique. En d’autres termes, on nivelle par le bas : la norme américaine est reconnue comme équivalente à l’européenne, elle est donc acceptable.

    On remarque en outre que c’est l’UE qui se montre plus engagée dans les propositions et dans les négociations que les Etats-Unis. Car elle a théoriquement plus à y gagner : l’Europe peut ainsi s’ouvrir, entre autres, les portes des marchés américains, notamment publics.

    Ces documents, inédits, sont toutefois ceux qui ont servi de base aux discussions de fin avril, qui se sont déroulées à New York. Il se peut alors que certaines lignes aient bougé entre temps. « Chacun campe sur ses positions, et il est évidemment impossible de préjuger du résultat final », note d’ailleurs Le Monde.

        Vos avis 6

       

      Michael Weasel Michael Weasel 03/05/2016 à 16h00

      Bon, aujourd'hui la réaction de notre président ne s'est pas fait attendre -- un bon point pour une fois --, pour minimiser l'impact de ces « pseudo-révélations », car tout le monde se doutait depuis le départ que ce traité devait être en faveur des entreprises américaines. Comme on dit chez Microsoft : "It's the door open to all Windows". FH n'avait pas besoin d'accrocher une casserole supplémentaire à sa fin de règne. On le comprend. Espérons que le successeur ne signera pas n'importe quoi. Ni l'UE bien sûr. Cela dit, j'aimerais bien que Télérama se paie le luxe d'un correcteur, car ses articles font mal aux yeux. « Les documents, que s’est procuré...Greenpeace met d’ailleurs (?) quatre...le profit et placé au-dessus...le champ d'application des mesures de régulation se trouverait limitée...L’opportunité de participer aux décisions est permis ». Et la meilleure dans le contexte : « Les documents leakés par Greenpeace révèlent en outre le poids des Etats-Unis par rapport à l’Union européenne ». N'oubliez pas que la colonisation, ça commence par la langue.

      En outre, les commentaires sont déformés (perte des apostrophes par exemple) par votre logiciel si on fait un copié-collé de votre texte pour citation. La trahison du TAFTA va-t-elle jusque là ? ;-)

      2 internautes sur 3 ont trouvé cet avis intéressant.

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      Naile Naile 03/05/2016 à 15h26

      Sur le fond, L'association ATTAC dénonce ces traités depuis des années, sans grand écho de la part des médias durant tout ce temps. Sur la forme : alors même Télérama fait fi du C.O.D. placé avant le verbe pour écrire : "Les documents, que s’est procuré ......" bravo !!

      3 internautes sur 3 ont trouvé cet avis intéressant.

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      zeliet zeliet 03/05/2016 à 10h00

      Les entreprises ne pourraient pas exister sans les infrastructures construites grâce aux impôts de la société civile. Voies ferrées navigables aéroports etc. Elles ne pourraient exister sans l'éducation les formations des peuples. Écoles, universités permettent aux entreprises de recruter des personnels compétents sans obérer leurs leurs comptes sociaux. Les citoyens sont de facto les actionnaires "bénévoles" des entreprises. Et malgré cela ils sont exclus avec un parfait mépris d'une négociation qui les concerne au premier chef. Dans tous les sens du terme. Quel déni de démocratie. Mais suis je naïve. Le 21eme siècle est celui du fric. Des profits à se distribuer entre pairs. Quelle tristesse.

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      Stefcra Stefcra 03/05/2016 à 09h04

      A un moment, il va falloir arrêter de prendre les gens pour des idiots. A force de continuer a diriger la politique et l’économie selon le bon vouloir des entreprises et des intérêts américains, j'ose espérer que le peuple se lèvera (et pas qu'en France) pour dire ce qu'il pense de toutes ces histoires.

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      la grenouille la grenouille 03/05/2016 à 08h49

      J'ai deux questions naïves : 1 qui (Bruxelles, des représentants d'état - quels ministres -, autres instances) décide et signe ce traité 2 pourquoi ce traité est-il secret et bafoue-t-il donc la démocratie Pourquoi M. Tout le monde n'a pas droit de cité alors que ce traité impacte la vie de tout le monde (même la nature et les animaux) et ne profitera qu'aux poids lourds de l'industrie........... Je suis scandalisée par cette affaire! Que peut faire le citoyen lambda à part signer des pétitions, ce que j'ai d'ailleurs fait!

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      dimanche, 04 novembre 2012

      R2I : la Révolution Industrielle Informatique

      http://nauges.googlepages.com/biofrance
      http://www.revevol.eu

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      01/11/2012 - Cinquième partie : DSI (Direction des Systèmes Services d’Information)

      Rappel des « chapitres » précédents :

      (En anglais, DSI = CIO, Chief Information Officer)

      La R2I, Révolution Industrielle Informatique est en marche et rien ne peut plus l’arrêter : infrastructures et usages industriels sont disponibles, des fournisseurs innovants proposent des solutions industrielles ; il ne reste plus qu’à faire profiter de cette R2I toutes les organisations, privées ou publiques, grandes ou petites !

      Le nouveau rôle, passionnant, d’une DSI, c’est d’en faire bénéficier l’organisation où elle travaille, ses clients et ses collaborateurs en déployant (vous l’aviez deviné)... un Système d’Information Industriel.

      Les nouveaux métiers d’une DSI industrielle

      Infrastructures Cloud, usages en SaaS, ce sont d’excellentes nouvelles pour les entreprises, donc pour les DSI dont le métier principal est de fournir aux clients de l’entreprise et à ses collaborateurs un Système d’Information ergonomique, accessible en permanence, flexible, fiable et à faible coût.

      IT as a Service
      Ce schéma présente le contexte d’une DSI, gestionnaire d’un Système d’Information que je définis comme  : IT as a Service.

      Quelques explications s’imposent :

      - La DSI sert d’intermédiaire entre ses « clients » et les solutions qu’elle propose. Elle s’organise en quatre équipes principales, pour ses activités métiers :

      • Infrastructures
      • Usages transverses
      • Usages métiers
      • Informatique flexible

      Structure DSI Industrielle- Pour les clients, ce sont des « services » et ils vont juger la qualité des services, pas « comment » ils sont fournis. Clouds publics, communautaires ou privés, ils ne se posent même pas la question.

      - L’équipe « infrastructures » a la responsabilité de définir quels seront les serveurs, réseaux et postes de travail qui permettent de fournir et utiliser les services proposés. Les choix d’infrastructures (tous les nouveaux usages par navigateur, HTML5...)s’imposent maintenant aux fournisseurs de services applicatifs.

      - L’équipe « usages transverses » (Participatique et fonctions support) recherche en permanence les meilleures applications disponibles, les options SaaS étant toujours privilégiées. Elle fait son « marché » parmi les éditeurs de solutions, en n’hésitant pas à privilégier les offres « best of breed » au détriment des solutions intégrées.

      - L’équipe « usages métiers » se concentre sur les 3 à 5 processus cœur métiers clefs qui font que Total n’est pas la BNP ou Axa le groupe Bouygues. La construction industrielle, sur mesure, d’applications métiers spécifiques est souvent la meilleure réponse !

      - Toutes les réponses aux spécificités d’une entreprise ne se trouvent pas sur étagère. C’est là qu’intervient « l’équipe informatique flexible », décisionnel et BPM (Business Process Modeling), bien évidemment en mode SaaS, pour construire sur mesure, et vite, les réponses aux très nombreuses demandes des métiers pour des processus simples.

      - Dans ce monde « IT as a Service », l’une des nouvelles fonctions les plus importantes, les plus nobles devient celle d’agrégateur de solutions. Elle peut être réalisée en interne ou par de nouvelles générations de sociétés de services qui remplacent les anciens « intégrateurs ».

      Voilà un beau programme de transformation des modes de fonctionnement et d’organisation d’une DSI industrielle ; le chemin est tout tracé pour les actions à démarrer en 2013 !

      Il reste un volet fondamental, les liens avec... les clients de la DSI.

      Un Système d’Information au service des clients... internes

      Les dimensions marketing et commerciale font trop rarement partie des compétences d’une DSI ; c’est pour cela que je propose la création d’une équipe « relation clients » au sein de la DSI.

      Dans ce monde R2I, où une majorité de solutions sont opérationnelles et prêtes à l’emploi, cette fonction est encore plus essentielle qu’auparavant.

      Si la majorité des responsables informatiques ignorent encore trop souvent la richesse et la variété des solutions Cloud/SaaS existantes, cette non-connaissance est encore plus forte du coté des « clients internes », des directions métiers. La DSI doit donc aller vers eux, vendre ces nouvelles approches, faire le marketing des solutions SaaS existantes...

      Les modes anciens de fonctionnement, cahier des charges, appel d’offres, maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre sont... devenus obsolètes

      Scandale des scandales, ce sont les outils et les solutions existantes qui prennent le pouvoir et non plus les « besoins ».

      Encore une fois, l’exemple de l’industrie l’automobile est utile pour comprendre cette nouvelle démarche R2I. Le salon de l’automobile 2012 de Paris vient de fermer ses portes avec environ 2 millions de visiteurs et des milliers de « solutions voitures » présentées. Rares sont les visiteurs qui sont allés sur les stands de Renault, Mercedes ou Ferrari avec un « cahier des charges » pour demander qu’on leur construise la voiture qui correspond à leurs attentes !

      Une DSI moderne doit, progressivement, suivre une démarche similaire :

      • Organiser périodiquement en interne des « salons solutions ».
      • Faire venir ses « prospects » sur ces salons pour qu’ils puissent choisir les outils qui s’adaptent raisonnablement bien à leurs attentes.
      • Planifier des démonstrations d’usages professionnels avec les nouveaux objets d’accès « autorisés », smartphones, tablettes, PC portables, Chromebooks...
      • Montrer quelques réalisations récentes en SaaS, BI et BPM pour donner envie à d’autres directions métiers d’aller dans la même direction. Ces réalisations peuvent venir de l’interne ou d’autres entreprises.

      Cette démarche s’applique rarement aux applications « cœur métiers ». Dans ce cas, une approche projet, avec des équipes venant des métiers, travaillant avec des professionnels de la DSI qui maîtrisent les outils de construction d’applications sur mesure (en mode Web-HTML5) s’impose.

      Un Système d’Information au service des clients... externes

      Répondre efficacement aux attentes de ses clients internes, c’est bien, mais cela ne doit pas faire oublier que la priorité absolue reste... les clients externes, qui achètent les produits et services de nos entreprises. De plus en plus de clients utilisent le Web et internet pour dialoguer ou commercer avec les entreprises.

      Business as an IT service
      Sur ce schéma :

      - IT as a Service représente l’IT interne, définie précédemment avec ses usages métiers et tous les composants transverses, génériques.

      - Business as IT Services : vu par les clients externes, ce sont toutes les interactions possibles avec l’entreprise, pour commander des produits ou des services, dialoguer avec des collaborateurs, répondre à des enquêtes...

      - Infrastructures as a Service : toutes les interactions numériques entre les clients et l’entreprise se font sur la base des standards Internet. Ce point est fondamental : tout le monde comprend que les clients externes vont se servir d’objets, mobiles à 80 %; pour accéder par navigateur aux services proposés par les entreprises ; il ne viendrait plus à l’idée de personne d’imposer des choix d’OS ou de navigateurs aux clients externes. Le même raisonnement s’applique aussi aux ... clients internes !

      3270 screenIl y a de moins en moins de raison pour que les clients internes de l’entreprise soient« punis » en étant obligés d’accéder au SI par des applications archaïques, moches, non ergonomiques et qui leurs imposent des choix réduits d’outils d’accès.

      Les choix d’infrastructures modernes, navigateurs, HTML5... s’imposent aux entreprises pour répondre aux exigences de leurs clients externes ; autant en profiter pour que ces mêmes choix techniques soient faits pour les applications destinées aux clients internes.

      Les challenges « non techniques » d’une DSI industrielle

      Les challenges que doit affronter une DSI ne sont plus :

      • Techniques : les infrastructures Cloud, les solutions SaaS fonctionnent très bien.
      • Financiers : les infrastructures Cloud, les solutions SaaS réduisent rapidement et fortement les coûts du Système d’information.

      Restent par contre de nombreux challenges majeurs :

      - Gérer la réduction des budgets de la DSI : si le pouvoir d’une DSI se mesure encore au nombre de serveurs, d’informaticiens dans les équipes ou de millions dans les budgets, il ne faudra pas s’étonner que les résistances internes à une migration vers des solutions industrielles soient fortes.

      - Le refus de voir l’importance des changements qui s’annoncent, faire l’autruche, pour ne pas affronter les changements qui s’imposent.

      - Ne pas s’appuyer sur les alibis traditionnels de la « néphophobie », sécurité, confidentialité des données, difficultés de travailler « off-line »... pour bloquer les innovations nécessaires.

      - Ouvrir son Système d’Information au maximum, et ne fermer que ce qui est vraiment indispensable. Toute la politique de sécurité actuelle doit souvent être mise à plat, en abandonnant les utopies dangereuses d’une sécurité parfaite ou de la même sécurité pour tous les usages.

      - Ne plus considérer les utilisateurs internes comme des dangers, des fraudeurs en puissance ou des pirates dangereux, leur faire confiance et s’appuyer sur leur intelligence pour déployer des applications plus simples et plus performantes.

      - Se libérer, dès que possible, du joug de la Direction Financière dont dépend encore trop souvent la DSI. Une vision exclusivement « financière » d’un SI n’a plus beaucoup de sens aujourd’hui.

      - Préparer immédiatement tous les collaborateurs de la DSI aux nouveaux métiers d’une DSI industrielle. C’est la priorité numéro un, car il n’y aura pas un seul métier historique de l’informatique qui ne sera pas impacté par cette R2I.

      Résumé : DSI = Direction des Services d’Information

      Dans DSI, je propose de remplacer le S, Systèmes, par le S, Services.

      Une DSI industrielle se transforme en prestataire de « services », en majorité achetés, certains construits sur mesure.

      DSI en 2015 : ce sera, plus que jamais, un métier passionnant, porteur d’innovation pour les entreprises et... plein d’avenir pour tous ceux et celles qui sauront s’adapter à ce monde informatique industriel.

      Reste un point clef pour réussir : faire partager aux dirigeants de l’entreprise une même compréhension les potentiels de cette Révolution Industrielle Informatique.
      Ce sera le thème du sixième et dernier texte de cette série.

      Rédigé à 23:35 | Lien permanent

      samedi, 14 juillet 2012

      Slate.fr Economie de la connaissance: les défaillances du génie français

      http://www.slate.fr/story/59135/economie-connaissance-def...

      Créativité, recherche, aide aux PME innovantes, voilà les pistes tracées par François Hollande pour la croissance européenne qu’il appelle de ses vœux. Qui ne saluerait pas ce programme? On peut se demander toutefois s’il ne s’agit pas d’un plaidoyer pro domo, visant à réparer les défaillances du génie français face à la mondialisation.

      En effet, en matière d’investissement dans l’innovation, d’autres pays européens ont négocié ce virage de manière plus efficace que la France, en particulier l’Allemagne.  

      L’économie de la connaissance comme nouvelle frontière. Sous le soleil de France, ce mot d’ordre est une ritournelle: le lancement de Sophia Antipolis date du début des années 1970, et la politique des pôles de compétitivité, de  2002.

      L’appel à l’investissement technologique est une antienne du discours de nos gouvernants, et l’on pourrait imaginer que le pays de Descartes et de Lavoisier emporte le trophée dans ce domaine. Et bien, pas si sûr. Un rapport sur l’indice d’innovation dans les 27 pays européens (Innovation Union Scoreboard, 2011) détruit quelques illusions sur l’excellence de la France, puisque celle-ci occupe seulement le 11e rang du classement.

      Fondée sur trois groupes d’indicateurs, les ressources humaines, l’investissement financier et les effets économiques, l’ensemble englobant 25 paramètres, l’analyse de la Commission européenne est impitoyable pour la France. Elle la range non dans le groupe des pays leaders de l’innovation (dans l’ordre: le Danemark, la Finlande, l’Allemagne et la Suède), mais dans le second groupe, celui des suiveurs de l’innovation (dans l’ordre: la Belgique, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l’Autriche, le Luxembourg, l’Irlande et enfin la France). La comparaison entre l’Allemagne (3e du classement) et la France (11e) est éclairante.

      L’Allemagne souffre seulement de deux faiblesses: la proportion de personnes de 30 ans/40 ans dotées d’un diplôme d’études supérieures (d’autres sources montrent que les universités allemandes ne forment pas assez de diplômés, il en manquerait 1 million) et son capital risque.

      Mais ses performances sont particulièrement bien équilibrées selon les trois groupes d’indicateurs et on note: un nombre très important de doctorants et de publications scientifiques, l’investissement dans les firmes tant en recherche développement que hors la R&D, les dépôts de brevets, les activités de marché, en particulier dans le cadre communautaire, et les exportations de services de la connaissance.

      Les scores de la France se situent dans la moyenne européenne: elle prouve des atouts en ressources humaines (nombre de diplômés du supérieur, d’étudiants non européens et publications), ses investissements dans la recherche développement sont conséquents, mais bien plus modestes que l’Allemagne, elle dispose d’une recherche publique dotée d’un système attractif de financement; mais parallèlement, elle est faible dans les investissement hors R&D ainsi que dans les actifs «en matière grise» (les brevets), et dans l’exportation de services de la connaissance.

      Cette étude suggère que l’énorme effort hexagonal dans l’éducation et la recherche se traduit imparfaitement dans de la production d’«actifs intellectuels» et engendre de moindres retombées commerciales qu’au-delà du Rhin. Ainsi, l’Allemagne devance largement la France pour le dépôt de brevets: en 2010, elle a déposé 17.558 brevets tandis que la France en déposait 7.288 (source OMPI). 90% des nouveaux brevets allemands émanent de PME.

      Cette ardente obligation en faveur de l’économie de l’intelligence implique la création d’entreprises innovantes:«Par-dessus tout, les chefs d'Etat devront apporter des garanties pour soutenir les jeunes entrepreneurs car ce sont eux qui peuvent générer les nouveaux emplois que toute la jeune génération attend désespérément», affirmait à Challenges John Kirton, directeur du groupe de recherches sur le G8 et le G20, quelques jours avant le sommet du 18-19 juin. Plus encore, la création et la dynamisation des PME constituent un enjeu stratégique puisque l’essentiel des nouveaux emplois en Europe en dépendent (85% pour la période 2002-2010).

      L'Allemagne crée moins d'entreprises, mais mieux

      Qu’en est-il de la création d’entreprises en France? Le nombre d’entités créées est élevé –549.000 créations en 2011. Mais 94% de ces nouvelles entreprises débutent sans salariés, et souvent elles en restent là: beaucoup d’entre elles, de fait, naissent sous le statut des auto-entreprises.

      Si l’on écarte ces dernières, l’état réel de la création d’entreprises en France est plus modeste. La France compte aujourd’hui 2,9 millions de PME qui accueillent 55% de la population active. L’immense majorité de ces PME sont des micro-entreprises. Restent donc 5,7%  de PME non micro-entreprises (une trentaine de salariés en moyenne),  et 0,1% d’ entreprises de taille moyenne (650 employés en moyenne). 16% du chiffre d’affaires de ces PME va vers l’exportation.

      Tout autre est la situation outre-Rhin. En effet, si l’Allemagne voit naître un nombre plus faible d’entreprises (410.000 en 2009), celles-ci démarrent avec plus de salariés, un meilleur soutien capitalistique grâce des fonds qui leur sont dédiés, et grâce à l’aide au recrutement de post-doctorants.

      Parallèlement, elles ont une potentialité de développement bien supérieure en raison d’une démarche entrepreneuriale pragmatique qui consiste à exploiter un savoir-faire, à se focaliser sur des produits de niche, et à tirer parti du contexte de la mondialisation.

      Au final, l’économie allemande compte 3,6 millions de PME dans lesquelles travaillent actuellement 70% de la population active. Fourmillant de mini-unités comme en France (90% d’entre elles ont moins de 9 salariés), elle comporte néanmoins une plus forte part de grosses PME. Beaucoup de ces grosses entités performantes ont été créées dans les années 1970-80, et reposent sur du capital familial. En ce qui concerne les start-up récentes, il est difficile d’avoir du recul, mais on peut imaginer qu’elles sont conformes au modèle déjà installé. 33% du chiffre d’affaires de ces PME se dirige vers l’exportation, comme l'explique voir Isabelle Bourgeois dans PME allemandes: les clefs de la performance.

      Les études se sont multipliées ces dernières années pour saisir les clefs du succès du Mittelstand allemand (tissu d’entreprises petites et moyennes). Un rapport publié en 2011 assène ce diagnostic:

      «De nombreux points s’expriment pour “expliquer” l’écart de compétitivité entre la France et l’Allemagne: la qualité des relations clients-fournisseurs, l’image de l’industrie dans l’opinion, les effets de seuils qui dissuadent les entreprises française de grandir, la manie française d’en ajouter sur les réglementations européennes, les difficultés des PME françaises à trouver des financements, l’insuffisance de nombres d’entreprises de taille intermédiaires en France, la meilleure spécialisation industrielle, les charges fiscales et sociales “excessives” en France, l’insuffisance des crédits de recherche et l’innovation de produits…» (Michel Didier et Gilles Koléda,Compétitivité France Allemagne, Le grand écart, Economica, 2011).

      Autrement dit, ces joyaux de l’économie allemande se greffent sur une tradition entrepreneuriale et sur une culture locale d’entreprise, mais ils ont été soigneusement accompagnés par des réformes structurelles menées par les pouvoirs publics. Le miracle allemand repose aussi sur la création d’un environnement favorable.

      A l’aune de ces données comparatives, on peut se poser une question: en prenant la tête d’une croisade pour la croissance ancrée sur l’économie de la connaissance, un secteur qui va du numérique aux énergies renouvelables, en entendant stimuler les PME et la ré-industrialisation, François Hollande ne se fait-il pas, sans le dire et peut-être sans le savoir, le chantre du modèle allemand? Tout simplement. Car le paradoxe du débat sur la croissance est bien là: qui, en Europe, est le mieux placé pour donner des leçons sur la façon de dynamiser les territoires? 

      Monique Dagnaud

      00:59 Publié dans Compétition, Économie, Industries du futur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

      mardi, 06 mars 2012

      France Culture La rumeur du Monde : Comment réindustrialiser la France

      Avec ce billet, un petit retour dans l’orthodoxie libérale…

      Les mesures allant dans le sens de réduire les injustices, imposer des règles à la finance pour qu’elle reste au service de l’économie, diminuer les gaspillages de toute nature, sont évidemment nécessaires, mais largement insuffisantes pour permettre de récréer les emplois dont notre pays à besoin.

      A travers ce “Comment réindustrialiser la France” la rumeur du monde de ce 3 mars, aborde – soi-disant - des questions que les hommes politiques n’auraient point le courage de traiter en profondeur avec leurs électeurs.

      Mais pas de miracle à attendre, de politique point.  La discussion reste ciblée sur des questions de cours pour étudiants en administration des entreprises ou le credo des animateurs de cours de Management.

      En particulier avec un tel périmètre, difficile d’aborder d’autres non-dits du monde politique, par exemple l’avenir de nos industries agricoles, et puisqu’il était beaucoup question de numérisation, les questions de brevabilité du vivant, des OGM, et plus généralement les excès des protection par le droit d’auteur et des brevets ?

      Comment réindustrialiser la France?

      (42 minutes)

      Appareils de mesure de la ligne de lumière DIFFABS (Synchrotron Soleil) J-P. Dalbéra©Wikimedia

      Tous les candidats à la fonction présidentielle ou presque parlent de la nécessité absolue de relancer l’emploi industriel face notamment à la situation ultra déficitaire des exportations françaises et au chômage.

      Ils répètent qu’il faut « acheter et produire Français » mais ils n’indiquent pas les moyens pour y arriver, la nécessité d’une banque d’investissements, etc…

      La question est large. Jean-Marie Colombani et Jean-Claude Casanova proposent de la traiter pour partie, cette semaine, grâce à deux points de vue :

      • celui d’un industriel, Didier Lombard, président du conseil de surveillance de STMicroelectronics, qui vient de publier L'irrésistible ascension du numérique : quand l'Europe s'éveillera (Odile Jacob), où il aborde ce qui est déjà l’industrie d’aujourd’hui, à savoir le « numérique »
      • et le point de vue de Charles-Henri Filippi, ancien inspecteur des finances, président pour la France de Citi France, qui vient de publier Les 7 péchés du capital : Racines et portée de la crise (Descartes & Cie), ouvrage qui est une critique du libéralisme et un éloge du modèle mercantile, modèle aujourd’hui de l’Allemagne et de la Chine, deux pays exportateurs avec des industries florissantes. Au-delà de la recherche des moyens pour rendre à la France sa compétitivité, se pose aussi la question des défaillances des différents modèles européens.

      Invité(s) :
      Didier Lombard sur Google http://www.google.com/search?hl=en&q=Didier+Lombard
      Charles-Henri Filippi sur Google http://www.google.com/search?hl=en&q=Charles-Henri+Fi...

      Thème(s) : Idées| Industrie| Travail| architecture numérique| compétitivité| crise| emploi| industrie| investissement| libéralisme| mercantilisme

      Tableau récapitulatif des idées échangées

      Annonce du périmètre de la discussion

      Didier Lombard
      industriel pro industries du numérique

      Charles-Henri Filippi
      banquier pro modèle,mercantile

      Infrastructure haut-débits et Services Une crise profonde qui met en cause le modèle libéral qui a fondé la modernité (“libéralisme” canal historique)

      de 3mn15 à 7mm

      de 7mmn45 à 12mn 

      Les débits sur réseaux numériques se sont mis à croître il y a 2 ans de façon exponentielle. Une révolution numérique qui touche tous les secteurs en même temps et très vite contrairement au passé, car monsieur et madame tout le monde s’est mis à pianoter sur leur portable. Les concepts socles de l’économie de marché sont remis en cause. Entre la chute du mur de Berlin et celle de Lehmann Brother, tout a sauté :

      Le concept de base : le marche et la démocratie sont inséparables. Même si après le concept il y a la conquête…
      On doit connecter tout le monde dans toutes les situations avec le débit le plus haut possible 100 méga bits par seconde (4G). Donc il y a des investissements majeurs à faire qui changent complètement la donne des relations et des échanges. Le marché qui doit créer de la valeur et du profit en même temps ne fonctionne plus. On peut créer du profit sans valeur.
      A partir de quel seuil, le profit ne représente plus la valeur produite, ne profite plus à la collectivité ?
      Comment faire pour que les services se déploient sur les réseaux le plus vite possible et que la valeur liée à ces activités reste sur notre sol, c’est à dire finalement, soit créatrice d’emplois.

      Sur ce présent là, les pays d’Asie sont en plein développements exponentiels et dominant, les Etats-Unis jouent un rôle majeur dans la course, l’Europe est en retard et entortillée dans ses dogmes.
      Au delà de la question de l’industrialisation posé par D. Lombard, il y a celle du travail.

      Ce qui est rare c’est le temps. ce qui est rare c’est le travail. La travail est au cœur des choses.

      Il y a la concurrence de la main d’œuvre bon marché dans l’économie globalisée, il y a aussi la montée de l’immatériel et la capacité à créer de la valeur avec peu de travail, puis il y a la montée des rentes non liées aux matières premières. Une matière première valait le travail qu’il fallait pour l’extraire. Aujourd’hui, son prix inclus une part de rente importante.
      Il est tant de changer d’attitude et de passer en mode projet  et de voir comment on fait pour rester dans la lance. Les questions de dépréciation du travail est donc fondamentale.
         

      Reformulation de Jean-Claude CASANOVA :



      Comment fait-on, pour accroitre la valeur du travail et être compétitif ?
      Quelles qualités supérieures pour nos produits ? Quelles politiques ?

      Didier Lombard

      Charles-Henri Filippi

      de 16mn30 à 19mm30

      de 20mmn15 à  24mn15

      La question de la création de valeur économique et sociale devient fondamentale. A chaque décision, doit se demander : Fabrique-ton de l’emploi, en détruit-on ? Où va la richesse produite ? Nous avons perdus 2 millions d’emplois industriels en 30 ans. Nous en avons crée en net 4,5 millions d’emplois. Hors industrie, 6 millions d’emplois nets ont été créés.
      Prendre en compte le facteur temps, pour juger si une rentabilité est excessive. D’un point de vue moral cet excès tombe si ces profits sont réinvestis. Les délocalisations ont joué un rôle mineur..
      En revanche, la productivité a joué un rôle très important. Le déplacement des externalisations aussi.
      Pour avoir des investissements massif il ne faut plus se tourner vers les gouvernements mais vers des investisseurs déjà en place en leur demandant quels capitaux ils sont prêt à sortir pour sortir de leurs routines… D’autre part à mesure que les revenus augmentent, la consommation se déplace des produits de l’industrie vers les produits des services.
      Derrière les serveurs à valeur ajouté, souvent à Shanghai mais aussi des emplois plus modestes Il faut faire de la réindustrialisassions mais surtout protéger les emplois dans les services
      Le mode recette c’est considérer qu’on régule  aujourd’hui, mais aussi sur un horizon de 5 ans en se demandant qu’est-ce que cette règle va donner va donner ? Il faut capitaliser nos forces sur certains secteurs, comme le faisaient les grandes politiques du passé. Les secteurs solides en emploi industriels sont l’aéronautiques, l’agroalimentaire, et le luxe
        La densité et la qualité des PME est trop faible, il y a une conception de l’entrepreneuriat à repenser avec une Qualité du travail et Productivité à améliorer fortement pour pouvoir créer de l’industrie exportatrice..
        Il ne faut pas que l’industrie du numérique et les services qu’elle déploie, ne détruise pas de l’emploi dans la sphère classique, c’est à dire permette à certains de gagner beaucoup d’argent sur le dos de la collectivité en détruisant des emplois.
        En outre, on n’est plus dans le monde de l’objet mais celui des flux (d’argent). Il faut apprendre à capter localement la valeur, la richesse produite, les flux d’argent de profit…

      Reformulation de Jean-Claude CASANOVA : donne une vision très classique de l’investissement et des traditions que l’Allemagne a su garder (tradition de l’apprentissage, main d’ouvre de qualité et capacités d’adaptation des dirigeants). Recherche développement est une politique de longue haleine. Donc l’opinion ne voit pas comment ne pas un peu se protéger sans renoncer au libre échange.

      Reformulation de Colombani : 2 axes : 1) L’existant marque par la désindustrialisation elle même   matérialisée par un déficit extérieur record. 2) Le futur. Comment peut-on être un acteur majeur du numérique ?

      Didier Lombard

      Charles-Henri Filippi

      de 28mn30 à 31mm30

      de 32mmn30 à 36mn15

      Le choix des secteurs où l’on veut aller, n’est pas particulièrement facile à faire. Il nous faut une vrai discipline interne et une capacité de choix que nous n’avons pas eu.
      On peut faire un copier/coller des 40 pages du plan stratégique sur 7 secteurs du gouvernement chinois… Périmètre européen mal utilisé, même en dehors de la politique monétaire.
      Un secteur est éligible si et seulement si on est fort d’un point de vue R&D et capacité humaine; si on a un marché intérieure européen suffisant; et un accès à des marchés étrangers de taille suffisante.  
      Il manque seulement une volonté politique de se mettre en ordre de bataille pour rentrer dans le détail de ce genre de politique. Pas de projet valable, citoyen et démocratique, si ce n’est au niveau européen
         

      de 36mn15 à xxmm30

      de xxmmn30 à xxmn15

      (J’arrête là, ça manque terriblement de pertinence )…

      En conclusion :

      Il y a une certaine convergence d’idées avec les réflexions de Jean-Michel BILLAUT, qui constate que les jeunes entrepreneurs 2.0 sont mieux placés que les énarques et vieux politiciens, pour (re)lancer nos activités à forte valeur ajoutée.

      A l’opposé de cette émission, le show de Jean-Luc Mélenchon du 6/3/2012 sur TF1, nous montre ce que c’est que faire de la politique. Avec “L’humain d’abord” pour instrument de pilotage et  ‘Le rapport de force” comme moyen de gouverner, on aurait pu craindre finalement qu’il soit assez loin de ces idées. Eh bien en définitive, il semble que non; sa conception de l’économique est assez clairement axée sur ceux qui savent et qui veulent et non le dirigisme. On pourra en juger en consultant sa vidéo.

      jeudi, 19 janvier 2012

      ATLANTICO et CFE/CGC UNSA : le capitalisme franchouillard à la française

      Billets d'anthologie l’un sur ATLANTICO, l’autre sur CFE/CGC-UNSA que je m'empresse de mettre au chaud sur ce blog, qui résume une conviction que j’ai acquise depuis la première "guerre du Golfe" : 
      Le capitalisme à la française n'est pas à la hauteur des investissements que nécessitent, l'évolution de nos connaissances et les mutations mondiales engagées. Il pleurniche pour obtenir des aides ou des mesures qui lui permettent d’améliorer sa rentabilité à court-terme. Il finit par les obtenir mais se montre incapable d’imaginer un avenir porteur d’innovations et de création de valeurs nouvelles, et donc recommence à pleurnicher… en égorgeant au passage quelques PME, qui, si on était outre-Rhin, seraient considérées comme le fer de lance de l’industrie nationale !

      Toutefois, même si ATLANTICO vante le capitalisme à la FREE, la réalité est moins réjouissante, puisque CFE/CGC-UNSA nous explique comment FREE exploite la règlementation au détriment de ses compétiteurs ! On n’est là peut-être plus tellement sur du comportement franchouillard… En revanche, il semble bien qu’on soit dans un des schémas “croquignolesques” de compétition non faussée imaginée par l’Europe comme joué avec EDF qui doit aussi favoriser ses concurrents !


      Free Mobile montre la faillite morale du capitalisme à la française

      Nouveau rendez-vous Atlantico. Chaque semaine Pascal-Emmanuel Gobry fait voler en éclat une idée reçue économique. http://www.atlantico.fr/decryptage/free-mobile-faillite-m...

      A lire aussi :
      Ces autres secteurs de l’économie française qui attendent leur Xavier Niel pour baisser les prix

      S'il y a eu un tremblement de terre économique en France cette semaine, c'est bien l'arrivée de Free Mobile, qui a divisé les prix par 2, 3 ou même 5. Ce séisme met bien en lumière les maladies de l'économie française, et ce capitalisme “à la française” si particulier, qui semble parfois réunir le pire du capitalisme et le pire du socialisme.
      La plupart des nouveaux clients de Free Mobile achèteront le forfait illimité à 19.90 euros,mais le plus frappant était le forfait à deux euros, qui répond au forfait “RSA” créé par les opérateurs à la demande de l'Etat, à dix euros. En annonçant ce forfait, le fondateur de Free, Xavier Niel, avait la voix qui tremblait : plus vous êtes pauvres, plus on vous arnaque. Il a déclaré que Free n'avait pas prévu de faire un forfait premier prix, mais que son équipe avait été tellement choquée par un forfait RSA à dix euros qu'ils avaient décidé de le faire. Un proche de Niel me confirme la réalité de cette version publique. Dans une interview le lendemain sur BFM Business, Xavier Niel a dit que la marge de Free sur ce forfait serait de l'ordre de 50%, montrant à quel point le forfait “RSA” est un forfait “Racket Super Arnaque” comme Niel l'a surnommé.
      Voilà comment le capitalisme à la française fonctionne : capitalisme de privilégiés et de castes. Les grandes entreprises gagnent de l'argent pour leurs actionnaires, non pas en jouant le jeu de la concurrence et de l'innovation, mais en obtenant des monopoles et des avantages de l'Etat. Et ce sont les plus pauvres qui en payent le plus souvent le coût.
      Nous sommes restés à la société de privilèges de l'Ancien régime : chacun a sa niche qui lui permet d'exploiter une rente économique, accordée par le Souverain et donc nantie du droit divin. La vraie division est là, pas entre les riches et les pauvres, mais entre les privilégiés et les autres. Et comme ces privilèges existent à tous les étages de la société française, le système continue de fonctionner. Un chauffeur de taxi n'est évidemment pas aussi privilégié que Martin Bouygues, mais son privilège fonctionne de la même manière : par un cartel créé par l’État, qui appauvrit la plupart des gens au profit d'une minorité qui en retire une rente économique.
      Il n'est pas étonnant, ensuite, que les Français aient une si piètre opinion du capitalisme, puisqu'on ne leur montre pas un capitalisme de marché, mais un capitalisme de mandarins. C'est un capitalisme qui ne profite pas tant que ça aux “super-riches” - l'économie française crée moins de millionaires et de milliardaires en France qu'en Grande-Bretagne et aux États-Unis - mais qui protège la France d'en haut et accable celle d'en bas.
      Chaque CDI sur-protégé est un emploi non-qualifié en moins, ou précarisé. Chaque nouvelle niche fiscale immobilière, qui protège le patrimoine des propriétaires fonciers en maintenant les prix sur-élevés, est une famille qui ne peut pas se loger convenablement. Chaque protection des pharmaciens est des médicaments plus chers pour les Français. Chaque protection du “petit commerce” est des biens plus chers, et donc du pouvoir d'achat en moins.
      Sur un marché au moins, Free Mobile a mis en évidence la faillite morale de ce système politico-économique. Espérons que beaucoup d'entrepreneurs, sur beaucoup de marchés, pourront faire de même dans les années à venir. Cette semaine nous a montré qu'il y a plus à attendre d'eux que des politiques.

      Mots clés

      Capitalisme | Free | Free mobile | morale | socialisme | Xavier Niel

      Economie | Finance | High-tech | France


      CFE/CGC UNSA - FREE Mobile : Xavier Niel prend-il tous les Français pour des c… ?

      http://www.cfecgc-unsa-ft-orange.org/images/stories/docum...

      Selon une étude du cabinet GFK, et sur la base de l’offre décrite par Xavier Niel devant les médias, 8 Français sur 10 ont l’intention, à court ou moyen terme, de souscrire à l’offre de téléphonie mobile de Free. 

      Mais comment s’y prend Free pour monter son offre illimitée à 19,99 € / mois (15,99 € pour les abonnés ADSL Free) et son forfait 60 minutes / 60 SMS pour 2 € / mois (0 pour les abonnés ADSL Free) ?

      Quelles seront les incidences cette nouvelle offre sur le marché des télécommunications en France ? Et que se passera-t-il si les Français interrogés confirment par des actes leurs intentions de basculer chez Free mobile ? 

      Free mobile est financé par ses concurrents via la terminaison d’appel

      Free mobile compte d’abord sur le prix de la terminaison d’appel dont il va bénéficier pendant sa période de lancement. Qu’est-ce que la terminaison d’appel ? Lorsque l’abonné d’un opérateur A appelle un abonné chez un opérateur B, l’opérateur B facture à l’opérateur A des frais d’interconnexion, ou terminaison d’appel. Or, jusqu’au 31 décembre 2013, Free mobile pourra facturer la terminaison d’appel plus cher que ses concurrents, selon une décision de l’Arcep mise en consultation jusqu’au 27 janvier.

      Pendant les 6 premiers mois, Free mobile pourra facturer 2,4 centimes d’euro par minute pour la terminaison d’appel, soit 0,9 centimes de plus que ses concurrents (Free comptait sur un tarif plus généreux en sa faveur, de 3,4 centimes d’euros / mn).

      Pour une 1 heure de conversation mobile par jour, répartie à 50/50 entre les appels entrants (provenant d’un autre opérateur que Free mobile) et les appels sortants, un abonné Free mobile permettra ainsi à son opérateur de gagner 4,32 € HT par mois (8 heures, soit 480 minutes x 0,9 centimes d’euros), financés par les autres opérateurs, sur décision du régulateur.

      La prétendue « concurrence libre et non faussée » impose en effet aux opérateurs en place de financer l’installation de leurs concurrents. Cette faveur n’est cependant pas définitive, et la terminaison d’appel progressivement ramenée au tarif commun pourra obliger Free mobile à revoir ses tarifs dans le futur. Mais si tous les clients passent à Free mobile, le système ne marche plus, et c’est bien pourquoi l’offre Free mobile est limitée à 3 millions de clients. Officiellement Free mobile couvre à ce jour 27 % de la population avec son propre réseau, le reste de son trafic étant assuré par le réseau d’Orange, avec lequel il a signé un accord d’itinérance. Ses investissements dans le réseau sont donc moindres que ceux des autres opérateurs.

      Le réseau Free mobile est-il réellement activé ?

      La polémique gronde depuis deux jours, et les équipes techniques d’Orange s’interrogent : le réseau de Free mobile, supposé écouler 27 % des communications, ne serait pas activé, au moins pas dans son intégralité.

      L’essentiel du trafic est donc écoulé par le réseau d’Orange, mais pas dans des proportions conformes à celles prévues par l’Arcep lors de l’attribution de la licence 3G. Free a-t-il abusé l’Arcep lors des tests de couverture ? Il est vrai qu’il existe des techniques pour ouvrir un réseau en couverture, mais sans avoir la capacité à écouler le trafic…

      Et quelle est alors la justification du différentiel de terminaison d’appel en faveur de Free mobile ? Le nouvel entrant pourrait facturer à ses concurrents, y compris Orange, 0,9 centimes par minute de plus au titre de la terminaison d’appel… rendue par le réseau d’Orange ?

      La décision mise en consultation par l’Arcep, qui offre le même avantage à deux « full MVNO », Lycamobile (sur le réseau Bouygues Télécom) et Oméa Télécom (sur le réseau de SFR), semble faire fi des investissements dans le réseau pour accorder des avantages tarifaires. Pourtant, les investissements nécessaires sont conséquents.

      Le profit moyen net après impôts des 3 opérateurs mobiles en place est de 8% du chiffre d’affaires. Sur une facture moyenne mensuelle mobile de 24 € 1 , il reste donc à l’opérateur 1,92 € par mois et par abonné pour financer les investissements futurs et rémunérer les actionnaires.

      En parallèle, le niveau de CAPEX (investissements corporels, hors licences ) pour le développement et le renouvèlement des réseaux mobiles en France s’élève, pour France Télécom Orange, à 11% du chiffre d’affaires en 2010. C’est ce que Xavier Niel appelle « presser le citron » ! Mais en l’occurrence, on peut se demander qui le presse ?

      Le texte étant assez long, nous passons, ci-dessous, directement à la conclusion (aller sur le lien donné ci-dessus pour prendre connaissance des autres points).
      Free mobile, la stratégie du coucou ?

      C’est la conclusion que l’analyse impose, quand on regarde de plus près comment l’offre a été mise en place. C’est donc doublement inacceptable d’insulter tout le marché comme il l’a fait lorsqu’on utilise, à plein régime, tout ce que les autres ont déjà construit, pour s’installer dans la place. En ce sens, Free mobile constitue une parfaite illustration de l’exploitation maximale du dogme néolibéral de la concurrence exacerbée.

      Surtout beaucoup de valeur(s) détruite(s) !

      Malheureusement, l’expérience montre qu’un tel système conduit surtout à une destruction de valeur préjudiciable à l’ensemble de la société. Comme nous l’avons vu, les opérateurs mobiles, contraints de baisser leurs tarifs s’ils ne veulent pas voir tous leurs clients claquer la porte, seront également contraints de s’aligner sur les autres paramètres : moins de service aux clients, plus de vente directe sur le web, délocalisation des emplois d’assistance par téléphone.

      Rappelons qu’en dépit des promesses faites lors de l’ouverture du marché des télécommunications, ce secteur en forte croissance a perdu 32 000 emplois en 12 ans. De nouveaux plans de suppression sont d’ores et déjà dans les cartons, simplement, ils ne sortiront qu’après les élections présidentielles.

      Alors, oui, les tarifs de la téléphonie mobile baisseront plus rapidement que les seuls gains de productivité technologiques ne l’auraient offert. Mais à quel prix ?

      Le consommateur y gagne aujourd’hui.
      Les salariés ont perdu. Demain les citoyens paieront
      .

      Car ce n’est pas Xavier Niel qui financera les allocations chômage, ses nouveaux salariés seront au Maroc. Sans parler des insultes qui ont volé bas, dans les médias et dans les boutiques, créant de la tension entre les personnels de vente et les clients.

      Est-ce le modèle de société que veulent les Français ?
      Nous ne le croyons pas.

      Références utilisées pour nos calculs

      Selon le dernier Observatoire des communications électroniques diffusé par l’Arcep, à la fin du 3 ème trimestre 2011 :

       Il y a 67 millions de clients à un service mobile en France (67,047 millions exactement)

       Le prix moyen mensuel payé par un client mobile (prix payé sur le marché de détail, à l’exclusion des recettes d’interconnexion) est de 24 €, pour environ 2 h de communication sortante (127mn) et 177 SMS

      Tarifs des terminaisons d’appel régulées par l’Arcep, en centimes d’euros par minute :

      17:15 Publié dans Compétition, Économie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |